Ferrari 275 GTB (1964-1966)
(Rétromobile, Parc des Expos de la Porte de Versailles, février 2018)
Ferrari 275 GTB :
Le grand tourisme selon Maranello
🏁 Une nouvelle génération de Ferrari
Au début des années 1960, Ferrari a déjà acquis une solide réputation, aussi bien sur les circuits que sur les routes. La famille des 250 GT a largement contribué à cette réussite, mais le temps passe et la concurrence progresse. À Maranello, il est donc temps de préparer la relève.
Présentée au Salon de Paris en octobre 1964, la Ferrari 275 GTB prend la suite des berlinettes de la série 250. Son nom fait référence à la cylindrée unitaire de son moteur, soit environ 275 cm³ par cylindre. La recette reste fidèle à la tradition de la maison : un V12 à l'avant, deux places et une carrosserie dessinée par Pininfarina, puis réalisée par Scaglietti à Modène.
La ligne est particulièrement réussie. Le long capot, la cabine reculée et les ailes arrière sculptées donnent à la voiture une silhouette ramassée, malgré ses dimensions de véritable grand tourisme. Les phares carénés, la large calandre et les prises d'air contribuent à son allure agressive, sans tomber dans l'exubérance. La 275 GTB ne cherche pas à dissimuler sa mécanique sous une carrosserie anonyme : elle annonce clairement la couleur.
Parallèlement, Ferrari dévoile aussi la 275 GTS, un spider aux traits plus élancés.
🔧 Une mécanique qui évolue
Sous le capot prend place un V12 appelé "Colombo" de 3 286 cm³, ouvert à 60 degrés. Ce moteur tout en alliage léger, doté de deux arbres à cames en tête, développe environ 280 ch dans sa configuration initiale. L'alimentation est confiée à trois carburateurs Weber double corps, même si une installation à six carburateurs figure également parmi les possibilités proposées.
La puissance ne fait pas tout. La 275 GTB marque une évolution importante dans la conception des Ferrari de route : elle reçoit une suspension indépendante sur les quatre roues et une boîte de vitesses à cinq rapports associée montée dans le pont arrière. Cet ensemble, appelé transaxle, permet de mieux répartir les masses entre les deux essieux. La suspension arrière indépendante doit également améliorer le comportement sur des chaussées qui ne ressemblent pas toujours aux billards des circuits.
Ferrari ne renonce pas pour autant au tempérament du modèle. La 275 GTB demeure une propulsion puissante, dotée d'un V12 qui aime prendre des tours. Elle réclame de son conducteur davantage que de simples mouvements de volant, mais elle offre en échange des performances de premier ordre pour une voiture destinée à parcourir de longues distances.
🐎 Short nose, long nose : deux visages
La carrière de la 275 GTB ne se déroule pas sans retouches. Les premiers exemplaires, produits de 1964 à 1965, sont aujourd'hui désignés sous le nom de short nose, en raison de leur avant relativement court.
En 1965 apparaît une évolution reconnaissable à son capot allongé et abaissé : la long nose. Cette modification n'est pas seulement esthétique. Elle vise notamment à améliorer la stabilité à haute vitesse, un point important pour une voiture capable de dépasser les 240 km/h. La face avant est remaniée, tandis que plusieurs évolutions mécaniques accompagnent progressivement cette nouvelle série. La transmission reçoit notamment un tube de poussée, destiné à limiter les vibrations et les contraintes dans la ligne d'arbre.
La transition s'effectue au cours de 1965 et les long nose restent au catalogue jusqu'en 1966. Les appellations short nose et long nose, devenues familières aux collectionneurs, permettent ainsi de distinguer les deux silhouettes sans changer le nom fondamental du modèle.
La carrosserie est normalement réalisée en acier, mais Ferrari propose également des exemplaires à caisse en aluminium, plus légers. Cette possibilité, tout comme les différentes configurations d'alimentation, rappelle que les voitures de Maranello sont encore produites à une échelle relativement artisanale. Deux 275 GTB ne sont donc pas nécessairement identiques dans tous leurs détails.
⚙️ La GTB/4 : le V12 passe à quatre arbres à cames
En octobre 1966, au Salon de Paris, Ferrari présente la 275 GTB/4. La berlinette conserve l'essentiel de la silhouette de la long nose, mais son moteur évolue sensiblement. Comme son nom l'indique, le V12 reçoit désormais quatre arbres à cames en tête, soit deux par rangée de cylindres.
La modification ne se limite pas à un changement de distribution. Le moteur adopte une lubrification par carter sec, une solution qui assure une alimentation en huile plus adaptée aux sollicitations importantes et permet de mieux maîtriser son niveau dans le bloc. Six carburateurs Weber double corps sont montés de série. La puissance atteint environ 300 ch à 8 000 tr/min, selon les données d'usine.
La GTB/4 gagne ainsi en souffle à haut régime et en capacité à soutenir des performances élevées. Sa vitesse maximale approche les 265 à 270 km/h suivant les mesures retenues. La boîte à cinq rapports et la suspension indépendante sont conservées : la nouvelle venue ne remet pas en cause les choix techniques fondamentaux de la 275 GTB, elle les pousse plus loin.
Produite de 1966 à 1968, la GTB/4 représente l'aboutissement de cette famille de berlinettes. Elle annonce aussi, à sa manière, la suite de l'histoire : la Ferrari 365 GTB/4, bientôt surnommée Daytona, prendra le relai avec un V12 de plus grande cylindrée.
Fiche technique :
🔥 MOTEUR
- Type : 12 cylindres en V à 60°, essence
- Bloc : alliage léger
- Culasse : alliage léger
- Emplacement : longitudinal avant
- Puissance fiscale : 19 CV
- Cylindrée : 3 286 cm³
- Alésage x course : 77 x 58,8 mm
- Taux de compression : 9,2:1
- Vilebrequin : 7 paliers
- Puissance maximale : 280 ch à 7 500 tr/min
- Couple maximal : 30 mkg à 5 000 tr/min
- Distribution : deux arbre à cames en tête
- Nombre de soupapes : 24
- Alimentation : 3 carburateurs Weber double corps
⚙️ TRANSMISSION
- Type : propulsion
- Boîte de vitesses : mécanique à 5 rapports, boîte-pont arrière
- Direction : à vis et galet
🛠️ CHÂSSIS & SUSPENSIONS
- Châssis : tubulaire en acier
- Suspension avant : roues indépendantes, triangles superposés, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques
- Suspension arrière : roues indépendantes, triangles superposés, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques
📏 DIMENSIONS
- Longueur : 4 325 mm (short nose) ; 4 410 mm (long nose)
- Largeur : 1 725 mm
- Hauteur : 1 245 mm
- Empattement : 2 400 mm
- Voie avant : 1 377 mm
- Voie arrière : 1 392 mm
🛞 ROUES & FREINS
- Pneus : 205 HR 14
- Freins avant : disques (228 mm)
- Freins arrière : disques (297 mm)
🏁 PERFORMANCES
- Vitesse maximale : 250 km/h
- 0 à 100 km/h : 6,5 s
- 400 mètres départ arrêté : 14 s
- 1 000 mètres départ arrêté : 25,2 s
⛽ CONSOMMATION & AUTONOMIE
- Capacité du réservoir : 93 litres
- Consommation moyenne : environ 18 l/100 km
- Consommation sportive : 25 l/100km
🎁 DIVERS
-
Poids : 1098 kg











