Citroën C6 (1928-1932)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Citroën C6 (1928–1932)
Présentée au Salon de l’Automobile d’octobre 1928 aux côtés de la C4, la Citroën C6 marque une étape importante dans l’histoire de Citroën : c’est la première six-cylindres de série du constructeur.
Depuis le début des années 1920, Citroën a imposé en France une production rationalisée inspirée des méthodes américaines. Mais pour asseoir définitivement sa crédibilité, il lui faut une voiture capable de séduire une clientèle plus aisée — professions libérales, industriels, notables — en quête de raffinement et de distinction.
La C6 naît de cette ambition.
Techniquement, la C6 reste classique. Châssis séparé, essieux rigides, suspension par ressorts à lames : Citroën ne cherche pas la rupture. L’objectif est d’offrir une mécanique plus noble, plus souple et plus silencieuse que les quatre-cylindres de la gamme, sans déstabiliser une clientèle attachée à des solutions éprouvées.
Esthétiquement très proche de la C4, la C6 s’en distingue par des détails significatifs : capot légèrement allongé pour loger le six-cylindres, voies élargies au fil des évolutions, présentations plus soignées, notamment en peinture deux tons. La distinction se joue dans la nuance plus que dans l’ostentation.
Elle occupe ainsi une position intermédiaire : une grande voiture sérieuse et moderne dans sa fabrication, mais encore traditionnelle dans sa conception.
Comme il est d’usage à la fin des années vingt, la C6 est proposée dans une large variété de silhouettes : berlines, torpédos, cabriolets, coupés, châssis destinés aux carrossiers indépendants, et jusqu’au coupé dit « faux-cabriolet ». On compte jusqu’à onze carrosseries différentes selon les millésimes.
À son lancement, la C6 est équipée d’un six-cylindres de 2 442 cm³ développant 45 ch à 3 000 tr/min. Elle atteint environ 105 km/h, des performances honorables pour une voiture de représentation.
Dès mai 1929 apparaît la C6 E, qui reçoit notamment une malle arrière sur les versions fermées et un élargissement des voies améliorant stabilité et présence visuelle. Elle est suivie par la C6 F, dont les voies sont encore légèrement augmentées.
En 1931, la C6 G introduit un nouveau six-cylindres porté à 2 650 cm³ développant 50 ch, permettant d’atteindre environ 110 km/h. Cette version bénéficie d’améliorations notables : glaces de sécurité, pare-chocs généralisés et surtout montage du moteur sur silent-blocs selon le principe du moteur flottant sous licence Chrysler, réduisant sensiblement vibrations et bruits. Une finition C6 GL (Grand Luxe) vient compléter l’offre.
Ces évolutions successives traduisent la méthode Citroën : affiner sans bouleverser.
Entre octobre 1928 et mai 1929, environ 11 000 exemplaires sont produits, signe d’un réel intérêt du marché. Au total, de 1928 à 1932, 55 330 C6 seront fabriquées.
Mais la crise économique déclenchée en 1929 fragilise rapidement le segment des six-cylindres. Les dernières versions, notamment la C6 G, ne seront produites qu’à environ 1 600 exemplaires entre 1931 et 1932.
La C6 disparaît finalement au profit de la Citroën Rosalie 15 CV, qui poursuivra l’offensive de Citroën sur le terrain des six-cylindres avant que la révolution technique ne prenne un autre visage avec la Traction Avant.
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2016)



