Renault 5 TL (1972-1979)
(Caudebec-en-Caux, Seine-Maritime, juillet 2017)
Renault 5 : la citadine qui a changé la donne
En 1972, Renault lance une petite révolution sur roues : la Renault 5. Dans une France marquée par la crise énergétique et l’urbanisation croissante, cette citadine polyvalente s’impose très vite comme un phénomène. Face à la Fiat 127 et la Peugeot 104, la R5 ne se contente pas de rivaliser : elle redéfinit les codes de la voiture compacte. Retour sur une "success story" made in France.
Au tournant des années 70, le monde entre dans une nouvelle ère : les villes se densifient, les femmes prennent davantage le volant, et le choc pétrolier de 1973 pousse à repenser la mobilité. Renault comprend vite qu’il faut une voiture pratique, économique, moderne et abordable. La R5 est cette réponse.
Pour contenir les coûts, la Régie pioche dans sa banque d’organes. La plateforme est reprise de la Renault 4, tout comme les trains roulants, les roues, et même le moteur 782 cm³ avec boîte en porte-à-faux avant et tringlerie au tableau de bord. Mais ce qui change tout, c’est le dessin. Michel Boué, styliste chez Renault, trace les lignes de la R5 en secret. Sa silhouette fluide, sans angles vifs, séduit immédiatement.
Autre atout : le hayon arrière, encore rare à l’époque. Grâce à lui, la Renault 5 devient modulable à souhait, avec un coffre passant de 270 à plus de 900 litres banquette rabattue. Ni la Fiat 127 ni la Peugeot 104 n’en disposent alors. Dix ans plus tard, elles auront toutes adopté cette solution devenue incontournable.
La R5 est aussi pionnière dans l’usage de matériaux. C’est la première voiture de grande série à adopter des boucliers en polyester souple, bien plus résistants aux petits chocs que les traditionnels pare-chocs chromés. Fini le métal brillant, place au plastique teinté dans la masse. Une idée visionnaire, imitée bien plus tard.
Les poignées de porte sont elles aussi inédites : remplacées par un simple bouton encastré, elles donnent à la voiture une ligne lisse et moderne.
Dès le départ, Renault décline sa R5 en deux versions : la L (entrée de gamme) et la TL (notre modèle), mieux équipée (lunette dégivrante, sièges inclinables, accoudoirs...). Le moteur 956 cm³ de la TL offre 47 ch, contre 34 pour la version L. Très rudimentaire, la L est peu puissante et n'est à l'aise qu'en ville. Jusqu'en 1975, elle se distinguera par un levier de vitesses de type "trombone à coulisse", comme la Renault 5.
Puis vient la LS (1974) avec le moteur 1.3L de la Renault 12 TS (64 ch), et plus tard la GTL (1976), plus économique, avec son moteur adouci et ses protections latérales élargies. La TS prend le relais de la LS, la 5 Alpine apporte une touche sportive, tandis que la version 5 Automatic et la carrosserie 5 portes arrivent en 1978 et 1979.
La phase 2 de 1979 modernise l’intérieur : planche de bord plus fonctionnelle, sièges “pétale” confortables, moteur Cléon plus efficace. En 1981, la 5 Alpine Turbo ajoute un surcroît de puissance, et en 1984, la luxueuse 5 TX ferme la marche avant l’arrivée de la Supercinq.
La R5 ne se limite pas aux trajets urbains. Avec la 5 Alpine, Renault entre dans l’ère des petites sportives. Puis, en 1980, la R5 Turbo change de dimension : moteur central arrière, architecture repensée, 160 chevaux... conçue pour briller en rallye, notamment en Groupe B, elle deviendra une légende à part entière. La Maxi Turbo enfoncera le clou.
La R5 s’exporte : produite en France mais aussi en Espagne (où elle devient la Renault Siete en version 4 portes), en Iran, en Amérique du Sud, et même aux États-Unis sous le nom Le Car, elle devient une véritable ambassadrice de l’automobile française.
Avec plus de 9 millions d’exemplaires produits entre 1972 et 1996 (en incluant la Supercinq), la Renault 5 est l’un des plus grands succès de l’industrie automobile européenne avec 5 276 630 unités pour la première génération. Elle a défini les standards de la citadine moderne : compacte, pratique, stylée, abordable. Un modèle de polyvalence qui inspire encore aujourd’hui. La Supercinq rajoutera 3 436 650 unités supplémentaires, et la Renault Clio continue de raconter l'histoire.
Renault le sait : la R5 reste dans le cœur des automobilistes. La preuve ? En 2025, la marque a fait renaître le mythe sous une forme 100 % électrique, clin d’œil futuriste à une icône du passé.
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne
🔹 Bloc : Fonte
🔹 Culasse : Aluminium
🔹 Emplacement : Avant, en position longitudinale
🔹 Puissance fiscale : 5 CV
🔹 Cylindrée : 956 cm³
🔹 Alésage x course : 65 x 72 mm
🔹 Taux de compression : 8,5:1
🔹 Vilebrequin : 3 paliers
🔹 Puissance maximale : 47 ch DIN à 6000 tr/min
🔹 Couple maximal : 7,2 mkg (70,6 Nm) à 3500 tr/min
🔹 Distribution : Arbre à cames latéral, soupapes en tête
🔹 Nombre de soupapes : 8 (2 par cylindre)
🔹 Alimentation : Carburateur Solex simple corps
⚙️ TRANSMISSION
🔹 Type de transmission : Traction avant
🔹 Boîte de vitesses : Manuelle à 4 rapports
🔹 Direction : Mécanique à crémaillère
🔹 Diamètre de braquage : ~9,6 m
🔹 Suspension avant : Indépendante à barres de torsion longitudinales, amortisseurs télescopiques
🔹 Suspension arrière : Indépendante à barres de torsion transversales décalées, amortisseurs télescopiques
🔹 Longueur : 3 525 mm
🔹 Largeur : 1 525 mm
🔹 Hauteur : 1 385 mm
🔹 Empattement : 2 423 mm
🔹 Voie avant : 1 295 mm
🔹 Voie arrière : 1 280 mm
🔹 Garde au sol : ~150 mm
🔹 Pneus avant : 135 SR 13
🔹 Pneus arrière : 135 SR 13
🔹 Freins avant : Disques
🔹 Freins arrière : Tambours
🔹 Vitesse maximale : ~135 km/h
🔹 0 à 100 km/h : ~21 s
🔹 400 m D.A. : ~20 s
🔹 1000 m D.A. : ~43 s
🔹 Capacité du réservoir : 38 litres
🔹 Consommation à 90 km/h : ~5,5 L/100 km
🔹 Consommation à 120 km/h : ~8,5 L/100 km
🔹 Consommation en cycle urbain : ~9,5 L/100 km
🔹 Volume du coffre : 270 litres (900 l banquette rabattue)
🔹 Cx : ~0,39
🔹 Poids à vide : 770 kg









