19 décembre 2012

Range Rover (1970-1984)

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(Dieppe, Seine-Maritime, mars 2011)

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(Chatou, Yvelines, juin 2006)

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(Freyming-Merlebach, Moselle, 1983, celui de mon enfance)

Depuis la naissance du célébrissime Land Rover, l'idée de transformer un véhicule tout-terrain en voiture confortable fait son chemin. De premiers essais ont lieu sur les premières générations de Land, sans suite. Ce n'est qu'au cours des années 50 que le projet de Road Rover est concrètement lancé. D'abord développé sur la base de la Rover P4 à deux roues motrices, il aboutit à une sorte de mastodonte sans personnalité, plus proche du break américain que du 4x4. En définitive, le projet est à nouveau abandonné en 1958. En 1966, le besoin s'en fait à nouveau ressortir, le succès du Land faisant regretter à bien des clients sa rusticité et ses suspensions bien trop dures. Le concept se peaufine d'autant que le Jeep Wagoneer montre la voie.

Un nouveau protoype est lancé en 1967 sur un empattement de 100 pouces (254 cm). Il pose de manière définitive le profil de la voiture. Reste à affiner la calandre et à retravailler l'arrière. Pour les moteurs, deux choix sont arrêtés : le 4 cylindres Rover pour l'entrée de gamme et le V8 d'origine Buick en haut de gamme, principalement aux USA. Les prototypes se succèdent et à partir du 6è exemplaire, les lignes définitives du Range Rover sont trouvées. Deux exemplaires sont fabriqués (100/6 et 100/7) et appelés VELAR, du nom d'une filiale de Rover afin de ne pas dévoiler le futur nom commercial. Ces deux voitures sont équipées du V8, l'idée du 4 cylindres ayant été abandonnées à raison du poids du 4X4. Elles sont envoyées dans des pays chaud tester la résistance du modèle, avec succès.

C'est la 17 juin 1970 qu'est officiellement lancé le Range Rover. Il réussit le tour de force d'être à la fois tout-terrain et confortable, de montrer une certaine noblesse avec son V8 au bruit feutré. Haut perché, il offre le confort d'une berline, et une transmission intégrale permanente. Entre les deux sièges, l'énorme boite de vitesse et la boite de transfert, l'overdrive en option et le petit bouton de blocage de différentiel créent une forêt de leviers séparant les deux passagers de près de 60 cm. La planche de bord est simple : deux ronds, l'un pour le tachymètre, l'autre pour les principaux voyants, la jauge et la température de l'eau. Sur la console centrale, le manomètre de pression d'huile, le voltmètre, la température d'huile et l'allume-cigare. Les sièges sont d'un seul tenant, au dossier non réglable, et conçus d'un étrange plastique au toucher désagréable. Etant donné la structure de la voiture dont les portes viennent se fermer loin derrière les sièges avant, les ceintures sont intégrées aux sièges. Une seconde poignée à l'arrière permet aux passagers de la banquette arrière d'ouvrir la porte sans devoir faire une acribatie pour actionner celle des passagers avant.

A l'extérieur, le Range déroute par sa ligne élégante. La calandre fort simple propose une belle harmonie avec deux phares ronds et une grille aux dents très écartées. Aussi haut que large, posé sur ses grandes et larges roues, il est à la fois citadin et campagnard. L'arrière est dessiné de façon à harmoniser les proportions tout en fournissant un long porte-à-faux. L'ouvrant est scindé en deux, un hayon limité à la vitre (avec essuie-glace installé de façon inversée, du haut vers le bas) et un tablier qui s'ouvre vers le bas, qui peut servir de table ou d'établi, permet d'allonger la surface utile du coffre. La carrosserie est en aluminium, donc insensible à la corrosion, à l'exception du capot qui n'aurait pas supporté les contraintes dues au vent, et au tablier arrière qui ne pourrait pas supporter le poids d'un homme qui viendra inévitablement grimper dessus ne serait-ce que pour charger les bagages. Les premières versions ont les pare-chocs gris/blanc.

Confortable sur la route, il s'avère redoutable en tout-terrain grâce au couple majestueux de son V8 qui l'autorise à passer en souplesse presque partout. La gamme réduite permet de se sortir de presque toutes les situations, aidé par l'immense débattement que lui offrent les ressorts hélicoïdaux et qui lui permet de presque toujours garder les quatre roues au sol tout en conservant une assiette stable. Sur route, il a une forte tendance au roulis, sa commande de boite demande de la patience et du doigté. Inutile d'envisager descendre des rapports à la volée, il faut compter doucement jusqu'à deux pour sortir la vitesse, et encore autant pour engager la suivante. La pédale d'embrayage est très dure bien que très large et les embouteillages deviennent vite un calvaire. Le freinage assisté à double circuit à l'avant, les quatre freins à disques permettent des arrêts francs, mais le poids de l'engin est à considérer en toute circonstance.

Déjà plongé dans des difficultés financières, Rover n'exploite pas le potentiel du Range. Son succès se fait par bouche à oreille, petit à petit. La commercialisation aux USA n'est plus à l'ordre du jour et aucun développement du Range n'est entrepris jusqu'en 1978 !! Les sièges en velours avec appuie-tête font leur entrée ainsi que la moquette. La montre prend la place de l'allume-cigare qui descend d'un cran sur la console. Les montants arrière sont recouverts de vinyl noir et les pare-chocs en fonte sont peints en noir. La direction assistée fait son entrée, mais toujours pas de compte-tour ! En 1981, il reçoit des blocs optiques plus complets à l'arrière (voir modèle blanc). Le lettrage (à l'avant comme à l'arrière) est confectionné avec des auto-collants gris à liserai blanc en lieu place des lettres en relief en plastique noir.

En 1981, pour le millésime 1982, tous les montants sont peints en noir mat et des sabots prennent place aux extrêmités du pare-choc (modèle beige). En 1983, le fameux V8 Buick est retravaillé pour faire baisser sa consommation, le plus gros reproche adressé au Range Rover. Avec 1725 kg sur la balance, il est difficile de descendre sous les 15 litres au cent, et une conduite souple en ville se solde par un bon 18 à 20 litres ! Les deux carburateurs SU sont assez difficiles à régler et engendrent rapidement une surconsommation. Même en conduite stabilisée sur route, à 90 km/h, ne consommer que 13 litres au cent relève de l'exploit ! Aussi le taux de compression du V8 est-il abaissé et les rapports de la boite à 4 rapports rallongés, surtout en troisième et quatrième, emportant la suppression de l'option overdrive. La puissance baisse de 132 à 128 ch, mais en compensation le couple progresse un peu. Pour autant les effets sur la consommation auront l'effet d'un pansement sur une jambe de bois. Le succès ne se dément pas grâce à la victoire du Range au Rallye Paris-Dakar et l'on comprend chez Rover que le V8 est un frein au développement du Range, ainsi que ses deux portes.

Dès 1982, la boite automatique à 3 rapports est également disponible en attendant mieux. Dans la presse spécialisée on parle d'un mécanicien, Bernard Fourest, qui transforme le Range en lui adaptant un moteur 6 cylindres en ligne Diesel. Le résultat est bluffant, le Diesel se montrant meilleur que le V8 sur presque tous les terrains, sauf celui du bruit. Au point qu'il a déjà modifié une cinquantaine d'unités et qu'il a reçu une lettre d'homologation de Land Rover, ce qui lui évite pour chaque véhicule de passer par la périlleuse procédure de la réception à titre isolé. Ce Diesel de 3,6 litres ouvrira la porte à des versions rallye-raid !

En 1983, la version à 4 portes est enfin disponible et la boite 5 rapports est généralisé. Le premier Range Turbo D est disponible en 1985, adoptant une nouvelle planche de bord qui comporte enfin un compte-tour. Les barres de la calandre deviennent alors horizontales en remplacement de la grille verticale. Ce 2,4 Turbo D d'origine VM va permettre à la carrière du Range d'exploser en même temps que les premiers soucis de fiabilité vont apparaître. Il perd la plaque d'immatriculation amovible à l'arrière qui permettait de rouler avec la partie basse du hayon ouverte (cf modèle blanc, dont le tablier ne correspond pas à l'année modèle). Plus tard, le levier d'ouverture du tablier sera supprimé, remplacé par une commande à l'intérieur.

Parallèlement, le V8 est d'abord dôté d'une injection qui porte progressivement sa puissance à plus de 160 ch (V8 EFI). Il devient alors Range Rover Vogue. Sa puissance progresse à 183 ch avec l'augmentation de la cylindrée à 3,9 litres. En 1991, le Turbo D est abandonné pour un moteur maison partagé avec le Discovery et le Land Rover. Le Range TDi (moteur 200 TDi) permet alors de renouer avec la fiabilité et les performances. En 1994, il recoit le 300 TDi, très peu différent du précédent. Entre temps, le Range LSE est intervenu, rallongé de plus de 20 cm, il reçoit une suspension pneumatique et un V8 4,2 litres de 200 ch. Ses ventes seront très limitées.

En 1994, le Range Rover est remplacé par la nouvelle version dite Range Rover P38. Cependant, la production de la version à 4 portes est poursuivie jusqu'en 1996 sous le nom Range Rover Classic. En définitive, le Range Rover aura été produit à 317 615 exemplaires entre 1970 et 1996, soit plus de 25 ans de carrière. Esthétiquement, il a fort peu changé et a tout de même conservé son charme. Quarante ans après sa sortie, ses lignes restent encore d'actualité et on se rend compte de son charme intemporel.

Fiche Technique:

Moteur : V8, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 20 CV
Cylindrée : 3528 cm³
Alésage x course : 88,9 x 71,1 mm
Taux de compression : 9,4:1
Puissance maximale : 132 ch à 5000 tr/min
Couple maximale : 25,7 mkg à 2500 tr/min
Distribution : arbre à cames central
Nombre de soupapes : 16
Alimentation : 2 carburateurs SU
Refroidissement : eau
Type de transmission : intégrale
Boîte de vitesses manuelle à 4 vitesses, overdrive en option, boite de transfert
Châssis : longerons
Direction à recirculation de billes, assistée
Suspension av : essieu rigide, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : essieu rigide, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 447 cm
Largeur : 178 cm
Hauteur : 178 cm
Empattement : 254 cm
Voie av : 149 cm
Voie ar : 149 cm
Pneus av : 205 R 16
Pneus ar : 205 R 16
Freins av : disques , assistés, double circuit
Freins ar : disques, assistés
Vitesse maximale : 155 km/h
Capacité du réservoir : 86 litres
Consommation moyenne : 17 l/100km
Poids : 1724 kg

Posté par Zorglub34 à 15:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur Range Rover (1970-1984)

    C'est un vrai régal des yeux, cette merveille, mais côté consommation, ça doit être difficile moralement surtout avec la hausse du prix de l'essence ! C'est un véhicule robuste !

    Posté par Romain_des_Bois, 16 décembre 2007 à 22:07
  • Robuste, mais comme toute anglaise qui se respecte, ça fuit de partout, joints de ponts, de boite de vitesse.
    Question de consommation, 17 litres sur route, autour de 20 en ville, 15 à 18 litres à 110 km/h stabilisée sur autoroute, et facilement plus de 25l au dessus de 130.

    Posté par Z, 17 décembre 2007 à 11:51
  • RANGE ROVER V8 VOGUE

    Pas de fuite sur le mien un vogue V8 que j'avais fait équiper au GPL aucun souci sauf la consomation qui frole les 20 litres en ville helas !

    Posté par VISUNET34, 11 avril 2008 à 09:54
  • Conso

    Je confirme 20 litres en ville... 23 si tu aime le bruit et que tu pousse un peu... Le mien... 30 litres sur autoroute légèrement au dessus de 130

    Posté par Tomrange, 11 avril 2015 à 09:35
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