Audi 100 Coupé S (1970-1976)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Audi 100 Coupé S
En 1969, au Salon de Francfort, Audi, encore fraîchement ressuscitée par Volkswagen, présente son premier véritable coupé. L’Audi 100 Coupé S : fastback élégant, moteur musclé, vocation grand tourisme. Elle incarne une ambition nouvelle — pas seulement faire comme les autres, mais se faire aimer pour ce qu’on attendait peu de la marque aux quatre anneaux.
En 1964, Volkswagen rachète Auto Union à Daimler-Benz et décide de ressusciter le nom Audi, disparu depuis la guerre. L’objectif est de doter VW d’une gamme moyenne-supérieure, plus ambitieuse que la Coccinelle et moins exotique que la 411 même si elle n'est pas encore sortie.
En 1968, la berline Audi 100 fait sensation et rencontre un succès immédiat. Pour capitaliser sur cet élan, Audi lance une version coupé : une carrosserie séduisante, et une mécanique plus ambitieuse destinées à incarner l’image naissante de la marque.
Construite sur un châssis d’Audi 100 dont l’empattement est raccourci de 11,5 cm, l’Audi 100 Coupé S est le premier coupé de la marque aux quatre anneaux. Présentée en 1969 au Salon de Francfort, elle séduit immédiatement avec son faux air de Fiat Dino.
Son style mêle élégance et modernité : arrière fastback, panneau arrière biseauté, ouïes sur les panneaux de custode. Elle reprend la calandre à quatre phares du haut de gamme de la 100. Du museau jusqu’aux portes, le lien de parenté avec la berline est évident, mais au-delà, l’inspiration italienne saute aux yeux.
À sa commercialisation en 1970, la 100 Coupé S reprend le moteur 4 cylindres de l’Audi Super 90, réalésé à 1,9 litre. Grâce à l’adjonction d’un second carburateur, la puissance atteint 115 ch, faisant du coupé le modèle le plus puissant de la marque – et ce jusqu’à l’arrivée du 5-cylindres en 1976 !
La transmission reste aux roues avant, une originalité dans la catégorie. Le châssis encaisse bien ce surplus de puissance et semble même pouvoir en accepter davantage. Des solutions originales ont été choisies. Des doubles triangles à l'avant assurent un équilibre et une motricité sans défaut, d'autant que des freins inboard allègent les roues. A l'arrière, c'est un plus classique - mais néanmoins efficace - essieu rigide avec des barres de torsion qui viennent assurer la stabilité. Le comportement est sûr et efficace, mais sans sportivité exacerbée : c’est un grand tourisme plus qu’un coupé radical.
La 100 Coupé S joue la carte du confort et de la polyvalence. Contrairement à nombre de concurrentes, elle offre quatre vraies places, rendant crédibles les longs trajets.
L’équipement, sans excès, reste complet pour l’époque : instrumentation riche, volant réglable en hauteur, finitions soignées. Le bois est imité mais les matériaux choisis vieillissent bien.
Le confort est globalement bon, même si l’amortissement se révèle ferme sur route dégradée, la faute à l'essieu rigide arrière. L’esprit est clairement “GT raisonnable”, plus à l'aise sur l'autoroute sans être ridicule sur les petites routes.
En 1972, pour satisfaire aux normes américaines, l’auto perd un carburateur, remplacé par un double corps. La puissance baisse légèrement à 112 ch, sans impact majeur (–2 km/h en pointe).
En 1973, la calandre et les ailes sont retouchées. Le capot désormais rectiligne (modèle marron ci-dessous)
En 1974, de nouvelles jantes font leur apparition et les freins avant in-board ont disparu.
Entre 1970 et 1976, 30 687 exemplaires du coupé sont produits. Un volume modeste, mais significatif pour une marque en pleine renaissance.
La 100 Coupé S arrive à un moment où les coupés connaissent un vrai boom : Mustang aux États-Unis, Ford Capri en Europe, Renault 15/17, Opel Manta, Peugeot 504 coupé ou Alfa Giulia Sprint. Tous les constructeurs ont leur coupé. L’Audi se distingue par son habitabilité et son confort de grande routière, avec des performances rivalisant honorablement avec ses contemporaines (185 km/h, 0 à 100 en 11,5 s).
Avec la commercialisation de l'Audi 100 C2 en 1976, Il n’y aura pas immédiatement de coupé dans la gamme. Il faudra attendre 1980 pour voir réapparaître un coupé chez Audi avec l’Audi GT, puis la quattro. Mais la 100 Coupé S marque clairement la volonté de Volkswagen de positionner Audi sur un terrain premium, en concurrence avec Mercedes et BMW.
📊 Fiche technique
- Type : 4 cylindres en ligne, essence
- Emplacement : longitudinal, avant
- Puissance fiscale : 9 CV
- Cylindrée : 1 871 cm³
- Alésage x course : 84 x 84,4 mm
- Taux de compression : 10,2:1
- Puissance maximale : 115 ch à 5 500 tr/min
- Couple maximal : 16,3 mkg (160 Nm) à 4 000 tr/min
- Vilebrequin : 5 paliers
- Distribution : arbre à cames latéral, soupapes en tête, culbuteurs
- Nombre de soupapes : 8
- Alimentation : 2 carburateurs Solex
- Type de transmission : traction avant
- Boîte de vitesses : manuelle à 4 rapports
- Direction : à crémaillère
- Châssis : monocoque
- Suspension avant : roues indépendantes, doubles triangles, ressorts hélicoïdaux
- Suspension arrière : essieu rigide, barre Panhard, bras longitudinaux, barres de torsion
- Longueur : 439,8 cm
- Largeur : 175 cm
- Hauteur : 137 cm
- Empattement : 256 cm
- Voie avant : 144 cm
- Voie arrière : 144 cm
- Garde au sol : 13,3 cm
- Pneus avant : 185/70 HR 14
- Pneus arrière : 185/70 HR 14
- Freins avant : disques (291 mm)
- Freins arrière : tambours (200 mm)
- Vitesse maximale : 185 km/h
- 0 à 100 km/h : 11,5 s
- 1 000 m départ arrêté : 32,3 s
- Capacité du réservoir : 58 litres
- Poids : 1 100 kg







