MG B-GT V8 Costello (1969-1974)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
MG B GT V8 Costello : l'autre MG
Au milieu des années 60, Ken Costello, un passionné de génie, ingénieur, mécanicien hors-pair et pilote émérite, se met en tête de modifier la MG B pour lui implanter un moteur digne de son châssis : un V8 ! On a beau lui dire qu'il ne parviendrait jamais à loger 8-cylindres dans le compartiment moteur de la MG, il n'écoute pas. Il a déjà fait ses preuves en mettant au point des Mini, des Ford Anglia et même des Formule 3. Il a exercé dans une concession Jaguar où il dirigeait le département compétition.
Habile connaisseur, il avait remarqué dans un garage ami un petit bloc construit par Buick. Conçu en aluminium, il est léger (144 kg), relativement compact et devrait rentrer dans le compartiment. Il souffre de problèmes de fiabilité qui sont dus à une incompatibilité entre les liquides de refroidissement utilisés par Buick et l'aluminium. En conséquence il fuit, mais il est très fiable. Régler ces problèmes ne devrait pas être un souci majeur.
A force de réglages et de modifications, d'adaptation des suspensions (notamment à l'avant), la voiture circule enfin. Avec plus de 150 ch pour un peu plus de 800 kg, Costello se vante que sa MG bat les Type E de Jaguar et la Porsche 911 au sprint !
La voiture se distinguait par son capot en fibre de verre, sa calandre modifiée et la bosse sur le capot pour accueillir les deux carburateurs SU. Par la suite, le capot perdra la bosse par modification de l'admission. La voiture est alors identique à la MG B GT, et seuls les logos sur le capot, le spoiler sous la calandre, la boite à gants et l'arrière différencient une Costello d'une MG B.
L'ironie du sort arrive après plus de deux ans de production par Costello. Depuis son usine dans le Kent Costello est officiellement invité par le directeur de l'ingénierie de MG en 1971.
Un article de presse a vanté les mérites de la MG version Costello, article qui a beaucoup intéressé la direction. Certes, la MG C GT bénéficie depuis 1966 du moteur de l'Austin-Healey 3000, mais elle est loin de l'agilité de la Costello. Le 6-en-ligne est bien trop lourd et donne un affreux comportement sous-vireur à la voiture.
MG commande alors une Costello pour vérifier la faisabilité, considérant que maintenant qu'elle est entrée dans le groupe British Leyland elle a, elle aussi, accès au V8 Buick qui équipe la Rover P6. Et en 1973, MG lance la MG B GT V8 avec des performances inférieures.
A ce moment-là, il n'est plus question de promouvoir les Costello qui pourraient faire de l'ombre aux MG. La Costello "achetée" par MG n'aurait même pas été payée, dit la rumeur.
Finalement, alors qu'il ne cessait de répéter que d'autres avaient copié sa voiture et en moins bien, Costello a dû renoncer en 1974. Les chiffres de production ne sont pas certains, mais environ 225 voitures auraient été fabriquées, dont une seule en conduite à gauche. Il y aurait eu 190 MG B GT, 25 MG B roadster et une MG C.
Si une MG B GT V8 est déjà rare et côte actuellement plus de 20 000 €, trouver une Costello sur le marché est presque impossible. Une soixantaine de voitures seulement est recensée et chaque propriétaire doit savoir quelle rareté il a dans les mains.
Pour en savoir plus : The Costello Story

