Renault 4 (1967-1974)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
🚗 Renault 4 (1967)
La maturité tranquille
En 1967, la Renault 4 a déjà six ans de carrière et plus de deux millions d’exemplaires produits. D’abord conçue comme une alternative polyvalente à la Citroën 2CV, elle s’est imposée comme un objet familier du quotidien français — aussi à l’aise sur les pavés que dans les chemins de terre, dans les cours de ferme comme sur le boulevard périphérique.
Cette année-là marque la première refonte majeure du modèle depuis 1961. La voiture s’appelle désormais officiellement Renault 4, le « L » étant devenu une appellation populaire. Désormais, il y aura ceux qui l'appellent "4L" et ceux qui l'appellent "R4".
La transformation la plus visible est sa nouvelle calandre en aluminium, enveloppant les phares et donnant à la voiture un visage plus amical, moins sévère. Ce simple changement de regard suffit à la faire entrer dans une nouvelle décennie.
Les vraies nouveautés sont mécaniques. La boîte de vitesses à quatre rapports remplace enfin la précédente à trois, rendant la conduite plus souple et moins bruyante.
Le tableau de bord est repensé : toujours rustique, mais plus clair et fonctionnel. Le levier de vitesses “en trombone à coulisse”, typique de la 4L et de la 2CV, garde son emplacement traversant, mais troque la boule ronde contre une poignée plus ergonomique. Le rétroviseur est implanté sur le tableau de bord, mais de très nombreux clients le font modifier pour l'installer en haut du pare-brise. Sur la finition Luxe, les vitres arrière coulissantes.
L’habitacle reçoit aussi de nouveaux sièges en toile tendue, plus confortables et mieux adaptés aux longs trajets — du moins selon les standards de l’époque.
En parallèle, Renault étoffe la gamme avec une version plus soignée : la 4L Export. Elle se distingue par ses pare-chocs chromés, enjoliveurs, baguettes latérales et une présentation intérieure plus avenante, en compensant par une mécanique plus sobre. Cette variante s’adresse à un public urbain, désireux de conserver la praticité de la R4 sans renoncer à un soupçon d’élégance.
Une voiture populaire, certes, mais désormais capable de séduire un employé de bureau ou un instituteur aussi bien qu’un agriculteur.
Et pour les plus férus de soleil, la Renault 4 Plein Air pourra venir combler leurs envies.
Les années suivantes apportent une série de mises à jour qui marquent la montée en maturité du modèle :
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avril 1970 : passage du circuit électrique à 12 volts, plus fiable.
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septembre 1972 : suppression du trou pour la manivelle dans le pare-choc, devenu anachronique et et apparition du nouveau losange Renault. Planche de bord en polypropylène avec partie centrale grainée de couleur beige.
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septembre 1973 : disparition du nom sur l’aile avant droite. Planche de bord noire.
En septembre 1974, la R4 change de visage : la calandre en aluminium cède la place à une calandre rectangulaire en plastique noir, plus moderne mais moins attachante. Les clignotants “tétons” survivent encore une année avant de disparaître en 1976, remplacés par des blocs rectangulaires intégrant veilleuses et clignotants.
Deux ans plus tard, la Renault 4 de 1975 ouvrira un nouveau chapitre : finitions plus abouties, moteur 845 cm³, présentation modernisée et diffusion internationale élargie. Discrètement, la Renault 4 TL fait son entrée, puis la GTL en 1978.
Mais en 1967, la 4 reste encore fidèle à sa vocation première — une voiture simple, ingénieuse et universelle, symbole d’une France qui avance à son rythme, sans se presser mais sans jamais s’arrêter.
Pour en savoir plus :
- la 4L de Sylvie
- R4-4L.com
- auto-forever.com
Fiche Technique :
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : fonte
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : longitudinal avant
🔹 Puissance fiscale : 4 CV
🔹 Cylindrée : 747 cm³
🔹 Alésage x course : 54,5 x 80 mm
🔹 Taux de compression : 8:1
🔹 Vilebrequin : 3 paliers
🔹 Puissance maximale : 27 ch à 4 700 tr/min
🔹 Couple maximal : 5,5 mkg à 2 300 tr/min
🔹 Distribution : arbre à cames latéral
🔹 Nombre de soupapes : 8
🔹 Alimentation : carburateur simple corps Solex
🔹 Type de transmission : traction avant
🔹 Boîte de vitesses : manuelle à 4 rapports
🔹 Direction : à crémaillère
🔹 Diamètre de braquage : 9,8 m
🔹 Châssis : coque monocoque en acier
🔹 Suspension avant : roues indépendantes, barres de torsion transversales, ressorts hélicoïdaux
🔹 Suspension arrière : roues indépendantes, bras tirés, ressorts hélicoïdaux
🔹 Longueur : 365,8 cm
🔹 Largeur : 148,6 cm
🔹 Hauteur : 146,1 cm
🔹 Empattement : 240 cm
🔹 Voie avant : 125,1 cm
🔹 Voie arrière : 121,9 cm
🔹 Garde au sol : 16 cm
🔹 Pneus avant : 135 SR 13
🔹 Pneus arrière : 135 SR 13
🔹 Freins avant : tambours
🔹 Freins arrière : tambours
🔹 Vitesse maximale : 106 km/h
🔹 0 à 100 km/h : environ 36 s
🔹 400 m D.A. : 23,6 s
🔹 1000 m D.A. : 46,1 s
🔹 Capacité du réservoir : 26 litres
🔹 Consommation à 90 km/h : 6,0 l/100 km
🔹 Consommation à 120 km/h : 8,5 l/100 km
🔹 Consommation en cycle urbain : 7,0 l/100 km
🔹 Volume du coffre : 320 litres (jusqu’à 1 100 litres banquette rabattue)
🔹 Cx : 0,44
🔹 Poids à vide : 635 kg





