Alfa Romeo 2000 GTV (1971-1976)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Alfa Romeo Giulia 2000 GT Veloce
(1971–1976)
Depuis la naissance de la Giulia Sprint en 1963, le coupé Bertone évolue au rythme des berlines Alfa Romeo. La Giulia Sprint GT 1600 devient GT Sprint Veloce en 1968; 1750 GTV, puis, en 1971, adopte à son tour le deux litres de la berline 2000. Le Spider Duetto suit la même logique et se transforme en Spider 2000. Dans le même temps, les versions 1600 reprennent le rôle d’entrée de gamme laissé vacant par la disparition progressive des 1300.
La 2000 GTV n’est donc pas un nouveau modèle, mais l’aboutissement technique et commercial d’une lignée née au début des années 60.
L’évolution mécanique s’accompagne de modifications esthétiques mesurées, mais révélatrices de l’époque.
La calandre adopte davantage de chrome, notamment dans ses barrettes, tandis que l’écusson Alfa Romeo abandonne son cerclage rapporté pour apparaître simplement en relief dans la grille. Les proportions de la calandre et la position du pare-chocs sont ajustées, rapprochant visuellement le coupé de la berline 2000, tout en évoquant la prestigieuse 2600 Sprint.
À l’arrière, les blocs optiques grandissent pour intégrer les feux de recul. Leur dessin perd un peu de la finesse des premières versions, mais gagne en fonctionnalité — un compromis typique du début des années 70, où la réglementation commence à peser sur le style.
Sous le capot, Alfa installe son célèbre quatre-cylindres double arbre en alliage léger porté à 1 962 cm³. Il délivre 150 ch SAE, soit 132 ch DIN, une valeur solide pour l’époque.
Dans cette catégorie, la 2000 GTV s’installe au sommet des coupés sportifs à quatre cylindres. La BMW 2002 tii est l’une des rares capables de lui tenir tête sur le terrain des performances pures. Au-delà, on entre déjà dans l’univers plus coûteux du grand tourisme, comme la Porsche 911, ou la BMW 3.0 CS.
Le pont arrière autobloquant, auparavant optionnel sur la 1750 GTV, est ici généralisé afin de mieux exploiter la puissance. Associé à la boîte manuelle à 5 rapports — encore loin d’être la norme au début des années 70 — il permet de tirer le meilleur parti d’un moteur resté une référence : souple à bas régime, vif dès qu’on le sollicite, et accompagné d’une sonorité métallique typiquement Alfa Romeo.
La 2000 GTV ne cherche pas la brutalité. Elle mise sur l’équilibre.
La direction, un peu ferme à basse vitesse, se montre d’une grande précision. L’amortissement, plutôt sec, privilégie la tenue de route et l’agilité sans tomber dans l’inconfort excessif. Le châssis reste sain, prévenant, et exploitable par un conducteur non spécialiste.
L’habitacle reflète la vocation de la voiture : orientée vers le plaisir de conduite plus que vers le luxe. Certains matériaux sont modestes, mais l’ergonomie est bien pensée, avec une instrumentation complète face au conducteur. On est dans une GT rapide et vivante, pas dans un salon roulant.
En 1974, la gamme des coupés Bertone est rationalisée et les différences visuelles entre versions deviennent minimes. Deux ans plus tard, en 1976, la production cesse au profit de l’Alfetta GT, qui reprendra progressivement, elle aussi, l’appellation GTV.
Sur près de quatorze ans de carrière, la lignée des coupés Giulia Bertone dépasse 210 000 exemplaires. Les versions Junior (1300 et 1600) représentent la majorité des ventes, avec environ 90 000 unités. Les 1750 GTV et 2000 GTV sont chacune produites à environ 40 000 exemplaires.
Longtemps jugées démodées dans les années 80, ces Alfa apparaissent aujourd’hui sous un jour différent : une ligne d’une grande pureté, un équilibre général remarquable, et une sportivité qui ne sacrifie pas totalement le confort. Dans cette famille, la 2000 GT Veloce constitue sans doute le point d’orgue : la plus aboutie, la plus homogène, et l’une des plus désirables.
FICHE TECHNIQUE
Alfa Romeo Giulia 2000 GT Veloce
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : alliage léger (aluminium)
🔹 Culasse : alliage léger, chambres hémisphériques
🔹 Emplacement : longitudinal, avant
🔹 Puissance fiscale : 11 CV
🔹 Cylindrée : 1 962 cm³
🔹 Alésage x course : 84 x 88,5 mm
🔹 Taux de compression : 9:1
🔹 Vilebrequin : 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 132 ch à 5 500 tr/min
🔹 Couple maximal : 18,6 mkg à 3 000 tr/min
🔹 Distribution : double arbre à cames en tête
🔹 Nombre de soupapes : 8
🔹 Alimentation : 2 carburateurs double corps Solex ou Dell’Orto
🔹 Type de transmission : propulsion
🔹 Boîte de vitesses : manuelle, 5 rapports
🔹 Direction : à vis et galets ou à recirculation de billes (selon millésime)
🔹 Diamètre de braquage : 10,6 m
🔹 Châssis : Coque autoporteuse en acier
🔹 Suspension avant : roues indépendantes, triangles superposés, ressorts hélicoïdaux, barre stabilisatrice
🔹 Suspension arrière : pont de Dion, jambes de force, ressorts hélicoïdaux, pont auto-bloquant
🔹 Longueur : 4 089 mm
🔹 Largeur : 1 575 mm
🔹 Hauteur : 1 321 mm
🔹 Empattement : 2 350 mm
🔹 Voie avant : 1 324 mm
🔹 Voie arrière : 1 274 mm
🔹 Garde au sol : 140 mm
🔹 Pneus avant : 165 HR 14
🔹 Pneus arrière : 165 HR 14
🔹 Freins avant : disques, assistés
🔹 Freins arrière : disques, assistés
🔹 Vitesse maximale : 195 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 9,1 s
🔹 1000 m D.A. : 30,8 s
🔹 Capacité du réservoir : 46 litres
🔹 Consommation moyenne constatée : 11,9 l/100 km
🔹 Poids à vide : 1 028 kg









