Renault 9 Broadway (1985)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
📰 La série spéciale qui voulait faire son show
Quelques mois après le succès inattendu de la Renault 9 Louisiane, Renault remet le couvert avec une nouvelle série spéciale : la Broadway. Mais cette fois, la Renault 11 profitera également de cet assortiment. Nous sommes en 1985, à la veille du millésime 1986, et la berline tricorps du Losange tente une dernière pirouette avant l’arrivée de la phase 2. Le moment est stratégique : la Renault 9 commence à montrer ses rides, et cette série limitée entend bien raviver l’intérêt... sans ruiner le client.
Le nom Broadway évoque les lumières de New York, mais l’intention est bien hexagonale. Cette série spéciale fait le lien entre la fin de la phase 1 et l’arrivée imminente de la phase 2 de la R9, prévue pour 1986. Pour brouiller un peu les pistes — ou les unifier —, la Broadway adopte déjà la calandre de la Renault 11, préfigurant ainsi l’unification esthétique à venir entre les deux modèles.
Sur le papier, la Broadway vient se positionner en milieu de gamme, comblant l’espace entre les finitions rustiques comme la C ou TL et les versions plus huppées type GTS. À la différence de la Louisiane, uniquement proposée en 1.4L essence, la Broadway se décline en 1.2L, 1.4L (notre modèle), mais aussi en version Diesel — une rareté sur les séries spéciales.
Si la fiche technique reste sobre, l’équipement, lui, est nettement revalorisé pour l’époque : 8 teintes carrosserie, avec options métallisée, sont proposées. Des enjoliveurs spécifiques, des baguettes de pare-choc noires viennent améliorer l'ordinaire. Un logo Broadway sur la malle et c'est joué.
À l’intérieur, une sellerie quadrillée sable ou cendre selon la teinte extérieure donne une impression de mieux., d'autant qu'elles est assortie avec des appuie-tête réglables en hauteur, une moquette complète avant/arrière et même un tapis de coffre. Une console centrale avec emplacement pour autoradio-cassette est prévue et il y a des bacs de rangement supplémentaires entre les sièges, dans la contre-porte conducteur, et aux extrémités du tableau de bord un emplacement est dédié aux haut-parleurs. Petit plus : le rétroviseur conducteur est réglable de l’intérieur.
Un équipement astucieux pour un budget contenu, qui montre l'effort de Renault pour séduire sans surcoût.
Au-delà de son rôle commercial, la Broadway sert de trait d’union entre deux générations. En effet, sa commercialisation en 1985-1986 précède de peu le lancement de la Renault 9 phase 2, au look modernisé. Cette série spéciale permet à Renault d'écouler les derniers stocks de pièces de la phase 1 tout en habituant progressivement le client à la face avant commune R9/R11. Une transition déguisée... mais bien pensée.
D’ailleurs, la Broadway existe aussi sur la Renault 11, sauf en version trois portes. Elle adopte les mêmes recettes, avec quelques variations d’équipements (comme les baguettes chromées spécifiques).
Produite à quelques milliers d’exemplaires, et souvent utilisée comme voiture de tous les jours, la Renault 9 Broadway a rarement été conservée dans un état d’origine. Peu de survivantes aujourd’hui avec leurs autocollants intacts, leurs tissus d’époque et leurs petits accessoires si typiques.
Mais c’est justement cette discrétion qui en fait le charme. Moins ostentatoire qu’une GT Turbo, moins répandue qu’une Super 5 Five, la Broadway est une youngtimer de niche, à la fois utilitaire et témoin d’une époque.
La 9 Broadway a eu tellement de succès qu'elle est renouvelée en avril 1987 en profitant du restylage d'octobre 1986.
La Broadway ne visait pas les podiums, ni les premières loges. Mais elle a offert à la Renault 9 une sortie de scène élégante, dans un costume légèrement pailleté. C'est une de ces séries spéciales comme on n’en fait plus : pragmatique, astucieuse, attachante. Une Renault qui ne faisait pas de bruit, mais savait jouer sa partition jusqu’au bout.
Pour en savoir plus :
- Les séries limitées
- R9-R11 Club de France




