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26 avril 2025

Triumph TR7 (1975-1981)

(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)

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Le coin du paradoxe

Janvier 1975, Floride. Sous le soleil de l’Amérique, Triumph dévoile fièrement sa nouvelle arme pour conquérir le marché : la TR7. Une voiture si différente de la glorieuse TR6 qu’elle provoque, immédiatement, un séisme parmi les puristes. Où sont passés les six cylindres chantants, les boiseries chaleureuses, les promesses de décapotage les cheveux au vent ? À leur place : un coupé aux lignes acérées, un moteur quatre-cylindres bien sage... et un habitacle dominé par des plastiques sans noblesse.

Un changement radical.

Pourtant, Triumph n’a pas fait ces choix par plaisir. À l’époque, les rumeurs d'une interdiction prochaine des cabriolets aux États-Unis imposaient de penser la voiture ludique autrement. La TR7 est donc née coupé, monocoque, et bardée de renforts de sécurité. Son style, lui, fait mouche ! Signé Harris Mann, il claque comme une révolution, avec ses angles vifs et ses phares escamotables. D’un trait de crayon, Triumph passe de la nostalgie des années 60 à la modernité des années 70.

Mais sur le plan mécanique, la TR7 déçoit. Exit le noble six-cylindres : sous le capot, on trouve un 2.0 litres quatre cylindres issu de la Dolomite Sprint, incliné à 45° pour affiner le capot. Avec ses deux carburateurs SU, il délivre 105 chevaux, de quoi atteindre 183 km/h et passer de 0 à 100 km/h en 11,7 secondes. Correct, sans plus. La boîte 4 vitesses (avec overdrive en option) se révèle agréable mais sans éclat.

La TR7 est joueuse mais pas féroce : comportement sain, direction très démultipliée (4,66 tours de butée à butée !), ce qui demande des bras solides pour attraper les mouvements du train arrière sur route piégeuse. C’est peut-être, paradoxalement, l’une des plus rigoureuses de la lignée TR... mais pas la plus excitante.

La production démarre fin 1974 à Speke, près de Liverpool. Et là, tout se complique. Grèves à répétition, tensions sociales, qualité de fabrication désastreuse : Triumph se bat contre ses propres usines plus que contre la concurrence. Résultat : la TR7 arrive en Europe avec près de trois ans de retard, en 1978... et une réputation déjà plombée par la médiocrité de ses premiers exemplaires américains.

Sur les routes européennes, la TR7 peine à s’imposer face à des concurrentes plus fines ou plus latines : Fiat X1/9, Alfa Romeo Alfasud Sprint, Lancia Beta Coupé, et même la Matra-Simca Bagheera font mieux rêver les amateurs. La TR7, elle, traîne son image de "voiture au rabais" malgré ses réels progrès dynamiques.

En 1978, Triumph tente de corriger le tir : boîte 5 vitesses de série pour rendre la voiture plus plaisante sur longs trajets, apparition (très furtive) d’une version Sprint à moteur 16 soupapes, promise à un bel avenir... mais sabordée par les grèves. À peine une soixantaine de TR7 Sprint quitteront l’usine.

Heureusement, un vent nouveau souffle : le projet de loi américaine contre les cabriolets est finalement abandonné. Triumph confie alors à Giovanni Michelotti le soin de dessiner une version décapotable, la TR7 Drophead Coupé, qui arrive aux États-Unis en 1979, et en Europe début 1980. Surprise : elle est vendue un peu moins cher que le coupé ! Plus lourde d’environ 70 kilos, elle conserve les performances du coupé tout en retrouvant un peu de l’esprit libertaire des anciennes Triumph.

Mais la malédiction persiste.
Même transférée à l’usine Rover de Solihull, la TR7 continue de souffrir d’une finition aléatoire, d’une qualité des matériaux douteuse, et d’une fiabilité globalement capricieuse. Le public ne suit pas. En octobre 1981, la production est arrêtée. Il faudra toute l'année 1982 pour écouler les derniers stocks.

Au final, Triumph écoulera 112 368 TR7 coupés et 28 864 cabriolets. Un score honorable pour Triumph seul... mais catastrophique pour une British Leyland en pleine déroute. À cela s’ajoutent environ 2 500 exemplaires motorisés par le V8 Rover et baptisés TR8, plus puissants, plus performants... mais produits à trop petite échelle pour renverser la vapeur.

La TR7, souvent moquée pour ses défauts, reste aujourd’hui une voiture injustement méconnue. Parce que derrière ses échecs industriels se cache un vrai morceau d’histoire automobile : celui d’une tentative courageuse de rupture, à une époque où tout était en train de basculer.

FICHE TECHNIQUE :

🔥 MOTEUR
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : Fonte
🔹 Culasse : Alliage léger (aluminium)
🔹 Emplacement : Longitudinal avant
🔹 Puissance fiscale : 11 CV
🔹 Cylindrée : 1 998 cm³
🔹 Alésage x course : 90 mm x 78,8 mm
🔹 Taux de compression : 9,25:1
🔹 Vilebrequin : 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 105 ch DIN à 5 500 tr/min
🔹 Couple maximal : 16,7 mkg (163 Nm) à 3 500 tr/min
🔹 Distribution : Arbre à cames en tête
🔹 Nombre de soupapes : 2 par cylindre (8 au total)
🔹 Alimentation : 2 carburateurs SU HS6

⚙️ TRANSMISSION
🔹 Type de transmission : Propulsion
🔹 Boîte de vitesses : Manuelle 4 vitesses avec overdrive en option - 5 vitesses à partir de 1978
🔹 Direction : Crémaillère (4,66 tours)
🔹 Diamètre de braquage : 10,4 mètres

🛠️ CHÂSSIS & SUSPENSIONS
🔹 Suspension avant : Triangles superposés, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis
🔹 Suspension arrière : Essieu rigide, ressorts hélicoïdaux, bras tirés, barre Panhard

📏 DIMENSIONS
🔹 Longueur : 4 085 mm
🔹 Largeur : 1 650 mm
🔹 Hauteur : 1 270 mm
🔹 Empattement : 2 215 mm
🔹 Voie avant : 1 360 mm
🔹 Voie arrière : 1 370 mm
🔹 Garde au sol : 150 mm

🛞 ROUES & FREINS
🔹 Pneus avant : 175/70 HR 13
🔹 Pneus arrière : 175/70 HR 13
🔹 Freins avant : Disques ventilés
🔹 Freins arrière : Tambours

🏁 PERFORMANCES
🔹 Vitesse maximale : 183 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 11,7 secondes
🔹 400 m D.A. : ~18 secondes
🔹 1000 m D.A. : 33,1 secondes

CONSOMMATION & AUTONOMIE
🔹 Capacité du réservoir : 53 litres
🔹 Consommation à 90 km/h : 8,5 L/100 km
🔹 Consommation à 120 km/h : 10,5 L/100 km
🔹 Consommation en cycle urbain : 13–14 L/100 km

📦 DIVERS
🔹 Volume du coffre : ~330 litres
🔹 Cx : Environ 0,45 (non officiel, estimation)
🔹 Poids à vide : 1 050 kg

Triumpf_TR7AV

Triumpf_TR7_Ar
(Le Vésinet, Yvelines, juillet 2006)

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Commentaires
Z
Merci pour vos précisions. La Tr7 devrait faire l'objet d'un article complet dans les jours prochains.
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W
a été produit à 2500 exemplaires dont<br /> 35 avec le volant à droite(uniquement en cabriolet)<br /> 250 coupé (non proposés en californie)<br /> <br /> Il est à noter que 2 tr8,à ma connaissance rouleraient en france(en aquitaine et dans les yvelines) et une immatriculée en belgique est,à l"heure ou je rédige ce commentaire,en vente<br /> Cette dernière a également fait l"objet d"un article dans la revue auto retro de septembre 2010(n345)
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W
ah la tr7 the bullet<br /> Elle m"a toujours fait rêvé mais sa mauvaise réputation en terme de corrosion et de fragilité m"a toujours fait peur et puis en trouver une en parfait état,il vaut mieux en acheter une lhd chez rimmers
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T
Ultime création des ingenieurs Triumph.<br /> Avec la connaissance de la Spit3+4 Gt6 mk2 + tr6 et 2 tr7 cabriolet dans les années 80 Aujourd'hui 2008 la TR7 est la plus adaptée au plaisir de conduire...mais le modéle cabriolet tr7 est le plus rare de toutes les Triumphs le saviez vous?
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Une balade dans le monde de l'automobile de collection et des voitures d'exception au gré du hasard et des rencontres. Un peu d'histoire, un peu de technique et des voitures ! Plus de 2000 voitures et 12 000 photos.
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