14 novembre 2012

Renault Goélette (1947-1965)

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(Fête du Canard, Duclair, Seine-Maritime, septembre 2010)

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, le monde est à la reconstruction. Citroën avait montré l'exemple avec le TUB avant le conflit. Si l'engin qui allait engendrer le Type H avait de sérieuse qualités, son volume et sa charge utiles étaient limités. A Billancourt, on choisit la formule du châssis séparé avec cabine avancée, essieu rigide arrière, ce qui permet d'envisager jusqu'à 1000 kg de charge utile. Sorti en février 1947, le nouveau venu s'appelle prosaïquement "1000 kg". Il est conçu selon les règles en vigueur pour les véhicules utilitaires : confort sommaire, équipement minimal. Il est motorisé par le moteur dit "85", un moteur né en 1935 que l'on a déjà vu sur les PrimaQuatre et NovaQuatre. Caractérisé par une course longue (105 mm) et une alésage qui lui donne son nom (85 mm). Réputé pour sa fiabilité et sa souplesse, il semble le partenaire parfait pour une utilisation professionnelle.

En 1949, une version "1400 kg" vient offrir une alternative. Vendu surtout bâché ou en plateau, il connaît un énorme succès et sa polyvalence alliée à sa robustesse en fait un "best-seller". Cependant tous les aménagements sont possibles. En 1952, il hérite du moteur "85" dans sa version culbutée, c'est à dire qu'il troque son arbre à cames latéral contre un arbre à cames positionné plus haut et qui actionne des culbuteurs qui viennent ouvrir des soupapes en tête. Au passage, la course a été réduite à 88 mm et la cylindrée se monte à 1996 cm3, un moteur que l'on retrouve dans les premières versions de la Colorale et les premières Frégate.

En 1956, les "1000 kg" et "1400 kg", prennent chacun une dénomination. Dans l'élan ouvert par la Frégate, la version 1400 kg devient "Goélette", tandis que le 1000 kg devient Voltigeur. Une version 4,5 tonnes nommée Galion est aménagée. La Goélette récupère aussi le moteur "Etendard" de la Frégate mais avec un taux de compression moindre, ce qui ramène sa puissance à 64 ch (SAE) à seulement 3300 tr/min.

En 1957, l'Armée Française se dote en nombre de la Goélette en version 4X4, préparée par Sinpar ou Herwaythorn. Au passage, bien des administrations de dotent de l'engin, PTT, EDF, pompiers.... On en retrouve dans des mairies de communes de montagne, dans toutes les zones en tant soit peu boueuses ou escarpées. La version deux roues motrices est très utilisée par la Police comme "panier à salade" et en guise d'ambulance.

En 1961, un moteur Diesel est disponible d'abord avec une version empruntée à Peugeot via sa filiale Indenor et puis en 1962 avec un moteur de fabrication maison. Cependant les piètres qualités de ces moteurs ne suscitaient guère l'enthousiame de la clientèle.

En 1963, le Voltigeur disparaît au profit de l'Estafette, et seuls la Goélette et le Galion subsistent. En 1965, la Goélette est supprimée au profit de la SuperGoélette ou SG2 qui fera une carrière splendide jusqu'en 1982. Aujourd'hui l'héritier de la Goélette se nomme Renault Master ou Mascott.

A l'heure actuelle, la Goélette est rare et l'engouement assez faible. Pourtant sa solidité à toute épreuve en font un partenaire encore fiable. Un limonadier de Montpellier utilise encore son exemplaire quotidiennement pour ses tournées. La Goélette a été produite à 124 570 exemplaires.

Pour en savoir plus : la Goélette 4x4.

Posté par Zorglub34 à 11:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Renault Goélette (1947-1965)

    Cet utilitaire un fait un vrai "tube" !!!....

    Posté par didier, 15 novembre 2012 à 08:26
  • goelette benne

    je roule en renault goelette benne , restauré depuis maintenant 2 ans (carrosserie et mecanique )c'est un vrai plaisir de rouler avec ça ; tellement exeptionnel car tous pourri suuccés assuré pour les amateurs deutilitaires et meme les autres

    Posté par dan, 28 décembre 2015 à 17:05
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