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7 janvier 2026

Citroën Type A (1919-1921)

(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)

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🚗 Citroën Type A (10 HP)

 

Aux origines de l’automobile industrielle française

 

🕰️ Urgences d'après-guerre

La Citroën 10 HP, plus connue sous le nom de Type A, est la première automobile produite par Citroën. Elle est aussi la première voiture construite à la chaîne en Europe. Un fait capital, car avec la Type A, André Citroën n’introduit pas simplement un nouveau modèle : il définit une méthode industrielle.

La France sort exsangue de la Première Guerre mondiale. Les besoins de mobilité sont immenses, les constructeurs nombreux mais dispersés, souvent artisanaux. Citroën comprend que l’avenir n’est plus à la voiture d’atelier, mais à la voiture produite en série, pensée dès l’origine pour la diffusion.

 

👤 André Citroën : de la théorie à l'industrie

Lecteur passionné de Jules Verne, impressionné dès sa jeunesse par la construction de la tour Eiffel, André Citroën choisit la voie de l’ingénierie. Diplômé de l’École polytechnique mais pas assez bien classé, il ne rejoint pas les grands corps de l’État et se tourne vers l’industrie, terrain plus conforme à son tempérament indépendant et ambitieux.

En 1900, lors d’un voyage en Pologne, il découvre un système d’engrenages à dentures en V, capables de transmettre un couple élevé sans déformation des axes. Il en perçoit immédiatement le potentiel et en achète la licence, alors même qu’il n’a pas terminé son service militaire. Ce choix, apparemment technique, va orienter toute sa carrière et sera la source de sa réussite.

Peu après, il est appelé au redressement du constructeur Mors, qu’il sort rapidement du marasme en multipliant le chiffre d’affaires. Cette expérience lui donne une vision claire : l’industrie automobile ne survivra qu’en changeant d’échelle.

 

⚙️ Engrenages en cadence

Après avoir contribué au redressement de Mors, Citroën fonde en 1908 avec Paul Hinstin et André Boas la société "Citroën, Hinstin et Cie", spécialisée dans la fabrication d’engrenages à chevrons.

Les brevets sont perfectionnés, la production passe à l’acier, nécessitant une précision d’usinage nouvelle. Citroën se tourne vers les États-Unis pour l’outillage et conçoit même des machines spécifiques à haute vitesse. Le succès est immédiat. L’entreprise déménage à Javel, devient la Société des Engrenages Citroën, et adopte le logo au double chevron.

La guerre va lui fournir un autre apprentissage décisif. Mobilisé comme officier d’artillerie à Metz, Citroën constate l’épuisement des stocks de munitions. Il convainc l’état-major de construire une usine capable de produire 10 000 obus par jour. Inspirée des méthodes fordistes, l’usine de Javel en produira 23 millions jusqu’à la fin du conflit, employant près de 13 000 ouvrières. Citroën exige des cadences élevées, une organisation rationnelle, mais se soucie aussi — fait rare à l’époque — de limiter l’aliénation par la répétition excessive des tâches. Il fait changer de poste ses ouvrières pour qu'elles ne soient pas sujettes à la lassitude. L'avantage pour Citroën est de pouvoir conserver une stabilité dans les cadences sans rencontrer de difficultés sociales.

 

🏭 Transition forcée

À l’armistice, Citroën observe une évidence : Paris est devenue l’une des villes où circulent le plus d’automobiles au monde. Ford vend massivement sa Model T, mais sur un territoire immense. En France, le marché est dense, mais morcelé : les constructeurs sont nombreux et fabriquent peu. Leurs coûts sont élevés et leurs marchés assez locaux. Il faut changer d'échelle pour amener l'automobile française dans la même dimension que l'américaine.

Citroën transforme alors l’usine d’obus de Javel en usine automobile, absorbe Mors, et lance en 1919 sa première voiture : la Type A, développant 10 chevaux fiscaux.

 

🔩 Simplicité assumée

Techniquement, la 10 HP - ou Type A - n’a rien de révolutionnaire. Construite sur un châssis en échelle, son moteur quatre cylindres de 1 327 cm³ délivre 18 chevaux réels pour un poids de 865 kg. La boîte de vitesses à trois rapports, non synchronisée, utilise toutefois les engrenages Citroën. La vitesse maximale atteint 65 km/h. C'est dans la moyenne de l'époque. Elle se démarque surtout par son équipement en série : éclairage électrique, démarreur électrique, capote, roue de secours — une vraie auto « prête à rouler ».

Une mécanique simple, rationnelle, pensée non pour impressionner, mais pour être produite sans difficulté et entretenue facilement. Aucune innovation spéciale, juste une méthode de production.

 

🏗️ Ford pour modèle

La Type A se distingue avant tout par son mode de fabrication. Construite à la chaîne, elle est proposée à 12 500 francs, un tarif très compétitif pour l’époque. La production démarre modestement avec 4 exemplaires par jour en mai 1919, avant d'accélérer à 130 unités en juillet, soit bien plus que n'importe quel autre constructeur de l'époque en Europe. En moins de deux ans, 24 093 exemplaires sont produits.

Citroën devient alors le deuxième constructeur mondial, derrière Ford. Les marges sont faibles, la trésorerie fragile, les emprunts lourds — un déséquilibre qui accompagnera durablement la marque. Mais le modèle économique est validé.

L'inconvénient est qu'André Citroën a les poches percées et vit sur un train qui ne lui permet guère de mettre de l'argent de côté quand bien même il empoche énormément d'argent. Et ce d'autant que le jeu engloutit de grandes sommes. Il passera sa vie à courir derrière les finances, jusqu'à la cession de l'entreprise à Michelin en 1935.

Néanmoins il aura eu entre temps des idées géniales : comme l'éclairage de la Tour Eiffel à son enseigne en 1925 ! Il faut ajouter les expéditions à travers l'Afrique ou l'Asie avec des véhicules Citroën équipées de chenilles Kegresse. Il développera aussi le service après-vente, la vente à crédit, le réseau de concessionnaire, les filiales à l'étranger, 

 

🧭 Longue descendance

En 1921, la Type A est remplacée par la B2, plus performante et produite à plus grande échelle. Mais l’essentiel est acquis. Avec la Type A, Citroën a posé les bases de l’automobile industrielle française.

La Type A n’est ni spectaculaire ni mythique.
Elle est fondatrice.
Et c’est précisément ce qui la rend essentielle.

CitroenAav

CitroenAav1

CitroenAar
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2009)

Commentaires
A
Bonjour Zorg! Je suis Aude, la blogeuse d'assurance auto, nous avons publié un infographique intitulé quel est le conducteur le plus dangereux, l'homme ou la femme? (http://www.assuranceauto.net/infographique-quel-est-le-conducteur-le-plus-dangereux-l-homme-ou-la-femme). Jetez-y un coup d'oeil si vous avez quelques minutes et n'hésitez pas à le commenter ou à cliquer sur le bouton de facebook si vous aimez, ce serait sympa! Merci Aude
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D
Celle là j'étais pas né!<br /> bonne semaine Zorg
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Une balade dans le monde de l'automobile de collection et des voitures d'exception au gré du hasard et des rencontres. Un peu d'histoire, un peu de technique et des voitures ! Plus de 2000 voitures et 12 000 photos.
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