23 juin 2012

Chenard & Walcker Torpille Y7 (1927)

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(Auto-Moto-Retro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2010)

Lorsqu'on pense à la course des 24 heures du Mans on songe généralement à l'épopée Ferrari, à la suprématie de Porsche durant les années 80. On oublie pourtant bien souvent que la première édition en 1923 de certes course désormais mythique et actuellement dominée par Audi a été gagnée par Chenard & Walcker, sous un temps exécrable, sur des routes en terre et pourtant à la moyenne de 92 km/h ! Plus encore, Chenard & Walcker établit un doublé et une voiture classée "tourisme" remporte la 7è place !

Les retombées sont immédiates et dès 1925, Chenard & Walcker est une industrie florissante. Cette victoire ne fait qu'amplifier l'écho obtenu par les nombreuses victoires et record obtenus depuis le début du siècle. Evidemment la tentation est grande de vouloir rééditer l'exploit, mais d'autres marques ambitieuses sont venues gonfler les rangs de l'épreuve, conscients des retombées économiques que celà leur procurerait en cas de victoire. Aussi Benltey a remporté l'édition suivante, suivi par Lorraine-Dietrich pour deux succès consécutifs. Cependant, Chenard & Walcker remporte la victoire en moins de 2 litres en 1924 et en moins de 1100 cm3 en 1925. Cerise sur le gâteau, la même année la marque remporte la coupe triennale (meilleurs résultats sur trois ans) ainsi que l'Indice de Performance sur deux ans ! La légèreté des voitures ainsi que leur fiabilité est donné comme leur principal atout.

En 1927, Chenard & Walcker lance deux voitures pour partir à l'assaut du Mans. L'une est appelée le Tank (type T8) et l'autre la Torpille Y7 (notre modèle). Pour la première fois un constructeur prend en compte la dimension aérodynamique de la voiture et présente une voiture aux formes arrondies qui tranche avec les formes carrées des concurrentes. Ces voitures sont produites en collaboration avec Robert Sénéchal, un pilote constructeur qui est co-artisan du succès de 1925. L'Y7 est déclinée en deux variantes. Soit une condutie intérieure à 4 places, soit un torpedo à trois places qui lui vaut son nom de "Torpille". L'étroitesse de l'habitacle oblige à reporter la troisième place en pointe arrière de la carrosserie. Plus fine, la "Torpille" reçoit les faveurs du public. Les deux voitures partagent le même moteur, un 1500 cm3 avec une soupape en tête (admission) et une autre latérale (échappement). Ce moteur à course "courte" (100 mm tout de même) est capable d'un régime maximal très important pour l'époque (4000 tr/min). Plus original, l'arrière est à double essieu, l'un servant à porter la caisse, l'autre, parallèle, servant à transmettre la puissance du moteur aux roues.

Chenard & Walcker ayant dissout son département compétition sous la pression de ses actionnaires en 1926, les Y7 et T8 sont engagées par des amateurs que la firme soutient discrètement. Les résultats en sont plus au rendez-vous et peu à peu le déclin s'amorce. La crise des années 30 survenant, seuls les constructeurs capables de produire en grande série des voitures populaires sont capables de s'en sortir. Aussi, pour lutter à armes égales avec Renault, Citroën ou Peugeot, voire Mathis, les constructeurs de second rang forment un consortium pour obtenir de meilleurs prix chez leurs fournisseurs. Associé à Delahye, Unic, Donnet, Chenard & Walcker perd son identité. Elle est rachetée par Chausson en 1935 et la production va peu à peu se transformer en pièces détachées pour Chausson puis pour Peugeot. Il en restera tout de meme le fameux D3 ou "nez de cochon" produit par Peugeot.

Le modèle présenté dispose d'un moteur 1496 cm3 (69 x 100 mm). D'une puissance de 9 CV, il permet d'atteindre 135 km/h en pointe. Une dizaine de voitures seulement auraient été produites, et celle-ci en serait la seule survivante.


Commentaires sur Chenard & Walcker Torpille Y7 (1927)

    Complement d'information

    Bonjour CHAUSSON n'a pas rachete C W en 35 il a loué l'atelier de carrosserie et fourni des emboutis de carrosserie identique a ceux des MATFORD (marque cree par le francais Emile MATHIS et l'americain Henry FORD).
    En 36 CHAUSSON a injecte des fonds dans C W et pris le controle .Il a negocie avec CITROEN pour fournir des moteurs 11 MI et avec FORD pour des V8 en remplacement des moteurs C W trop couteux a produire en petite serie.
    C W a continuer a produire des voitures jusqu'a la guerre.
    en 36 -Aigle 8 a moteur v8 C W(U14B et U14C)
    -Aigle 20 a moteur 4 cyl CW(T22R voir
    photo du cabriolet vert)
    en 37 -Aigle 8 a moteur v8 FORD (U16 meme caisse
    que U14B/C)
    -Aigle 22 a moteur CITROEN (F 22 meme
    caisse que T22R)
    Fin 37 -Aigle 8 a moteur FORD (U 17 nouvel avant
    ressemblant aux MATFORD)
    -Aigle 22 a moteur-boite-pont CITROEN(F 23
    chassis cour et F 24 chassis long meme
    avant que Aigle
    En parallele C W a etudie un fourgon traction avant de 1500 kg de charge utile equipe d'un moteur 2 cyl 2 temps C W type T60 (ambulance pour l'armee en 39)
    Le fourgon est ressorti apres la guerre et a ete equipe d'une carosserie plus moderne dessine par CHAUSSON sous l'appelation CHV puis CPV (il est alors equipe d'un moteur PEUGEOT 202 plus long que le moteur C W d'ou le "nez de cochon"
    Quand PEUGEOT arrete la 202 et sort la 203 en 50 il refuse de vendre des moteurs mais commercialise sous son nom les fourgons (ref C W CP3) sous l'appelation D3A pui D4A (moteur 403)
    et D4B( vehicules toujours fabriques par C W)
    Apres le guerre C W ne fabriquera plus de voitures particulieres

    Posté par fevre, 10 septembre 2012 à 17:29
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