Fiat Fiorino (1988-2004)
En 1988, le Fiorino change profondément de philosophie. Exit la base de la Fiat 127 qui l'avait accompagné pendant plus d'une décennie : le petit utilitaire adopte désormais la plateforme de la Fiat Uno. Plus précisément, il repose sur sa déclinaison brésilienne, dont est dérivée la Fiat Duna. Cette berline tricorps, quasiment inconnue en Europe – seuls quelques exemplaires furent commercialisés en Italie – sert également de base à un break trois portes, l'Elba, qui donnera naissance au nouveau Fiorino.
Curieusement, cette seconde génération ne reçoit pas immédiatement la nouvelle face avant inaugurée par la Fiat Tipo puis progressivement adoptée par le reste de la gamme. Il conserve d'abord le dessin originel de l'Uno avant d'être modernisé en septembre 1992 avec une proue redessinée, celle de nos modèles.
Le Fiorino est directement dérivé de l'Elba trois portes. La partie arrière de la carrosserie est supprimée au profit d'une vaste cellule de chargement. Des panneaux de tôle ferment les flancs, une cloison est installée derrière les sièges avant afin de créer un plancher entièrement plat, tandis qu'un pavillon rehaussé améliore le volume utile. Deux portes arrière battantes complètent l'ensemble.
Le résultat est un utilitaire compact, robuste et économique. Avec un volume de chargement de 3,2 m³ et une charge utile pouvant atteindre 620 kg, le Fiorino répond parfaitement aux besoins des artisans, commerçants et livreurs urbains. Ses dimensions réduites facilitent les évolutions en ville, sans sacrifier les capacités de transport.
Fiat propose également une version Panorama, dotée de grandes surfaces vitrées latérales et destinée au transport de personnes ou à un usage mixte, à l'image du Renault Express. Une variante pick-up figure également au catalogue sur certains marchés.
Sous le capot, le Fiorino reçoit d'abord le moderne quatre-cylindres 1,2 litre FIRE, auquel s'ajoute un 1,4 litre essence plus performant. Les gros rouleurs peuvent opter pour le très sobre 1,7 Diesel atmosphérique, qui équipe nos modèles. Selon les marchés, des moteurs 1,0 litre et 1,5 litre viennent également compléter l'offre.
En 1994, alors que la Fiat Uno européenne cède sa place à la Punto (ici en cabriolet), le Fiorino bénéficie d'un léger restylage. Sa calandre est redessinée avec une ouverture centrale plus marquée, ce qui constitue la principale évolution esthétique de cette troisième phase.
Sa carrière européenne se poursuit jusqu'en 2000. En revanche, en Amérique du Sud, où il rencontre un succès durable, sa production continue sans modification majeure jusqu'en 2004. Il adopte alors une nouvelle face avant inspirée du Fiat Doblò tout en conservant sa structure d'origine, désormais basée sur la Fiat Mille, l'évolution brésilienne de l'Uno.
Ce n'est qu'en 2013 que cette lignée s'achève définitivement. Le Fiorino sud-américain est alors remplacé par un nouveau modèle, toujours commercialisé sous le même nom, développé sur la base du trio Fiat Fiorino / Peugeot Bipper / Citroën Nemo lancé en Europe dès 2008.
Au total, toutes générations confondues, le Fiorino aura été produit à près de 1,35 million d'exemplaires. Fabriqué en Europe, au Brésil et même en Chine jusqu'en 2004, il s'est imposé comme l'un des utilitaires compacts les plus diffusés de sa catégorie, grâce à une recette simple : une mécanique éprouvée, des coûts d'utilisation réduits et une remarquable polyvalence.
(Seine-Maritime, novembre 2017)




