Renault MG4 (1978)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
La Renault MG4 n'est pas vraiment une Renault. C'est une création artisanale unique fabriquée en polyester à partir d'un châssis de Renault 4 F4.
À l’opposé des GT performantes ou des coupés statutaires, ces voitures artisanales défendent une approche hédoniste, modeste mais sincère de l’automobile. On ne cherche pas la vitesse, mais l’expérience le la joie de conduire les cheveux au vent sans se perdre dans une complexité mécanique inutile.
La Renault MG4 est donc une voiture artisanale mais qui témoigne du bricolage passionné, à une époque où la réglementation laissait encore un peu d’air à ce genre de projets.
Ce qui frappe d’emblée dans la Renault MG4, c’est son allure délicieusement anachronique. Mi-rétro, mi-bricolée, elle semble sortie d’un rêve de carrossier amateur (et c'est le cas !), où le plaisir du dessin compte plus que la logique industrielle. L’avant est évocateur d’un roadster britannique des années 50 : calandre verticale, ailes détachées, phares globuleux. L’arrière, plus maladroit, trahit les limites d’un design façonné avant tout pour le plaisir personnel.
C’est précisément là que réside tout son charme : dans cette esthétique naïve, presque naïvement joyeuse, qui évoque des projets similaires nés d’un même amour du style d’antan, à commencer par la SMS Tilbury d’Yves Charles. Ce cabriolet français, produit en petite série artisanale à partir de 1985, reprenait la base d’une Renault 6 pour dessiner une silhouette évoquant les Morgan ou BMW 320 d’avant-guerre. On y retrouvait le même goût pour les ailes rapportées, les capots nervurés et l’art de composer un tableau de bord en bois verni avec compteurs ronds chromés.
De l’autre côté de la Manche, le Spartan anglais empruntait la même voie : roadster en kit au style néo-rétro, il offrait aux bricoleurs la possibilité d’assembler chez eux leur propre évocation d’une sportive d’antan, à partir de bases Ford Cortina ou Taunus et d’une carrosserie en fibre de verre évoquant les MG Midget TF. Ce goût pour la voiture comme jeu de construction à échelle 1 trouve un écho évident dans la Renault MG4, qui semble elle aussi issue d’un garage passionné plus que d’un bureau d’études.
La MG4 s’inscrit ainsi dans une filiation de voitures hédonistes, décomplexées, où la conduite à ciel ouvert et l’esthétique vintage passent avant la performance ou la rigueur industrielle. Une philosophie marginale, certes, mais ô combien réjouissante dans un monde automobile souvent trop sérieux.
La Renault MG4 est animée par le bon vieux moteur Cléon-Fonte de 1108 cm³, une mécanique éprouvée que l'on retrouvait notamment sous le capot des Renault 6 TL, mais aussi dans une multitude d'autres modèles de la Régie – des R4 les plus musclées jusqu’à certaines versions de la Renault 8 Major ou de l’Estafette. S’il ne revendique qu’une puissance modeste de 34 à 45 chevaux selon les réglages, ce petit bloc brille surtout par sa souplesse d’utilisation, sa robustesse et sa facilité d’entretien.
Dans le cas de la MG4, ce moteur trouve un terrain d’expression particulièrement favorable. Installé dans une carrosserie ultralégère de seulement 650 kg, il permet à la voiture de se mouvoir avec vivacité et aisance, sans nécessiter de performances spectaculaires. Le rapport poids/puissance reste raisonnable, et l’ensemble gagne en agilité ce qu’il perd en vitesse de pointe. Le plaisir est ailleurs : dans la relance douce, la conduite à ciel ouvert, l’insouciance d’un engin qui ne cherche pas à impressionner, mais à séduire par son naturel.
C’est le choix de la simplicité intelligente, fidèle à l’esprit Renault des années 70, et parfaitement cohérent avec la vocation ludique et artisanale de la MG4. Pas besoin de turbo, d’injection électronique ni de boîte sophistiquée : un carburateur, une mécanique rustique, et c’est le plaisir brut qui s’invite au volant, avec un levier de vitesse au plancher, la seule concession à une forme de modernité.
Basée sur une mécanique simple, légère et économique, elle s’inscrit dans une veine de véhicules néo-rétro artisanaux, entre nostalgie esthétique et pragmatisme mécanique. Une auto pour passionnés, faite pour être conduite… et regardée avec tendresse.

