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21 mars 2026

Alpine A110 - 1600 S (1970-1972)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2015)

(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)

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Alpine A110 - 1600 S

 

🧬 Des origines modestes à la montée en puissance

Depuis 1962, la « Berlinette », autrement dit l’Alpine A110, n’a cessé d’évoluer. Partie d’un modeste moteur de Renault 8 développant 55 ch SAE, elle a progressivement adopté des mécaniques issues de la Renault 8 Major, de la Renault 8 Gordini, puis des Renault 16.

 

⚙️ L’arrivée du 1600 : un cap technique

Un cap important est franchi en 1969 avec l’adoption du moteur de la Renault 16 TS. Dans sa configuration initiale, l’Alpine A110 1600 développe 92 ch SAE grâce à une tubulure d’échappement retravaillée et à deux carburateurs Weber double corps horizontaux. La puissance reste alors inférieure à celle des versions 1300 les plus affûtées — 103 ch SAE pour les 1300 et 1300 G, jusqu’à 120 ch SAE pour la 1300 S — mais la marge de progression est évidente.

 

🔥 La 1600 S : point d’équilibre de la Berlinette

Elle ne tarde pas à se concrétiser. Dès la fin de 1969, la puissance grimpe à 102 ch SAE. Puis, en 1970, apparaît l’Alpine A110 1600 S, qui porte le moteur à 138 ch SAE (125 ch DIN). La Berlinette atteint alors son point d’équilibre : un rapport poids/puissance particulièrement favorable et une mise au point aboutie.

Sur le plan visuel, l’évolution reste mesurée mais significative. Les projecteurs longue portée sous le pare-chocs deviennent de série, alors qu’ils n’étaient auparavant qu’en option. Les ailes élargies et les jantes en alliage léger accompagnent l’arrivée des versions 1600 et se généralisent à la gamme, à l’exception de la V70 — version 1100 conservant le moteur de la Renault 8 Major de 68 ch.

La carrière de la 1600 S est relativement brève : dès 1972, elle cède sa place à la 1600 SC, évolution plus civilisée mais aussi moins radicale.

 

🏁 Une arme de rallye

Les exemplaires présentés illustrent deux approches distinctes. Le modèle blanc ci-dessous reçoit une carrosserie spécifique à vocation compétition. Le modèle bleu photographié en 2015, quant à lui, a été conçu comme véhicule d’assistance en course. Il s’agit d’une véritable version usine, préparée en conséquence, conservant son immatriculation d’origine. Cet exemplaire était présenté par Aurélien Letheux, du garage Méca Rétro Sport 76, également connu pour l’émission Wheeler Dealers France.

 

🏁 Un palmarès au sommet

L’Alpine A110 ne s’est pas contentée d’être une sportive légère et efficace sur route : elle s’est imposée comme une référence en compétition, notamment en rallye, discipline où son agilité et son rapport poids/puissance faisaient merveille.

Dès la fin des années 1960, les versions 1300 puis 1600 s’illustrent régulièrement sur les épreuves européennes. L’arrivée de la 1600 S marque toutefois un tournant : plus puissante, mieux exploitée, elle permet à Alpine de rivaliser durablement avec des voitures plus puissantes mais souvent moins agiles.

L’année 1971 confirme cette montée en puissance, avec de nombreuses victoires sur des épreuves internationales. Mais c’est surtout en 1973 que la Berlinette atteint son apogée.

Cette année-là, Alpine remporte le tout premier championnat du monde des rallyes constructeurs, face à une concurrence pourtant solide. L’Alpine s’impose notamment grâce à des victoires de prestige, dont le Rallye Monte-Carlo 1973, où la domination des A110 est sans appel.

Des équipages comme Jean-Claude Andruet, Ove Andersson ou encore Jean-Pierre Nicolas participent à asseoir cette suprématie, exploitant pleinement les qualités de la voiture : motricité, précision du train avant et légèreté.

Ce palmarès ne repose pas uniquement sur la puissance brute, mais sur une philosophie cohérente : privilégier l’équilibre et l’efficacité plutôt que la surenchère mécanique. Une approche qui permet à l’A110 de rester compétitive face à des modèles pourtant plus modernes ou plus puissants.

 

🏁 Un héritage durable

L’Alpine A110 1600 S ne se résume pas à une accumulation de victoires. Elle incarne une manière de concevoir l’automobile sportive : privilégier la légèreté, l’équilibre et l’efficacité plutôt que la puissance pure.

Cette philosophie, portée par Jean Rédélé dès les débuts de l’Alpine, trouve ici son expression la plus aboutie. À une époque où la concurrence s’oriente vers des mécaniques toujours plus imposantes, la Berlinette démontre qu’une approche plus fine peut non seulement rivaliser, mais s’imposer.

Son influence dépasse largement le cadre de sa carrière. Elle contribue à forger l’image d’Alpine, durablement associée à la compétition et à une certaine idée de la sportivité à la française. Une identité que la marque cherchera à prolonger, malgré les interruptions de son histoire.

La renaissance de l’Alpine A110 2017 en est l’illustration la plus évidente. Sans céder à la nostalgie facile, ce modèle contemporain reprend les principes fondamentaux de son aînée : compacité, maîtrise du poids et primauté du comportement sur la puissance brute.

Avec la 1600 S, la Berlinette atteint une forme d’équilibre rarement égalée. Une synthèse entre performance, simplicité technique et efficacité réelle, qui explique qu’elle reste aujourd’hui une référence — non pas figée dans le passé, mais toujours pertinente dans la manière de penser l’automobile sportive.

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2013)

📦 FICHE TECHNIQUE : Alpine A110 1600 S

 

🔥 MOTEUR

🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence d’origine Renault
🔹 Bloc : fonte
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : porte-à-faux arrière, longitudinal
🔹 Puissance fiscale : 9 CV
🔹 Cylindrée : 1565 cm³
🔹 Alésage x course : 77 x 84 mm
🔹 Taux de compression : 10,25:1
🔹 Vilebrequin : 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 125 ch DIN à 6250 tr/min
🔹 Couple maximal : 14,9 mkg à 5000 tr/min
🔹 Distribution : arbre à cames latéral, soupapes en tête, culbuteurs, chaîne
🔹 Nombre de soupapes : 8
🔹 Alimentation : 2 carburateurs double corps Weber

 

⚙️ TRANSMISSION

🔹 Type de transmission : propulsion
🔹 Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports
🔹 Direction : à crémaillère
 

🛠️ CHÂSSIS & SUSPENSIONS

🔹 Châssis : poutre centrale en acier avec carrosserie polyester
🔹 Suspension avant : roues indépendantes, triangles superposés
🔹 Suspension arrière : essieu oscillant

 

📏 DIMENSIONS

🔹 Longueur : 385 cm
🔹 Largeur : 155 cm
🔹 Hauteur : 111,8 cm
🔹 Empattement : 213 cm
🔹 Voie avant : non communiquée
🔹 Voie arrière : non communiquée
🔹 Garde au sol : non communiquée

 

🛞 ROUES & FREINS

🔹 Pneus avant : 165/70 x 13
🔹 Pneus arrière : 165/70 x 13
🔹 Freins avant : disques
🔹 Freins arrière : disques

 

🏁 PERFORMANCES

🔹 Vitesse maximale : 215 km/h
🔹 0 à 100 km/h : environ 7,0 s
🔹 400 m D.A. : n.c.
🔹 1000 m D.A. : 29,6 s

 

⛽ CONSOMMATION & AUTONOMIE

🔹 Capacité du réservoir : 38 litres

 

📦 DIVERS

🔹 Poids à vide : 680 kg

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Une balade dans le monde de l'automobile de collection et des voitures d'exception au gré du hasard et des rencontres. Un peu d'histoire, un peu de technique et des voitures ! Plus de 2000 voitures et 12 000 photos.
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