Renault Clio Williams (1993-1996)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
🟦 Renault Clio Williams (1993–1996)
L’homologation qui a dépassé son objectif
En 1993, Renault cherche une arme plus affûtée pour le Championnat de France des Rallyes. La Ford Sierra Cosworth 4x4 de Bernard Béguin a dominé 1992, tandis que la Lancia Delta HF Integrale 16v reste une référence. La Clio 16S est agile, efficace… mais un peu juste en puissance. Même avec Jean Ragnotti au volant, les victoires sont rares.
Le règlement impose une cylindrée maximale de 2 litres en Groupe A. Renault doit donc produire une version plus musclée pour l’homologation.
Au même moment, Renault triomphe en Formule 1 avec Williams : Nigel Mansell est champion du monde 1992 et Prost file vers le titre 1993. L’association du nom Williams à une Clio de rallye plus radicale s’impose naturellement. Le lien est surtout symbolique, mais l’impact marketing est immédiat.
Renault part du moteur F de la Clio 16S. À l’origine conçu pour le Diesel, ce bloc a été converti en essence avec succès et s’est forgé une réputation de robustesse et de disponibilité à travers les Renault 11 TXE, la Renault 19 ou même la Renault 21, sans vraie image sportive. Il est déjà utilisé dans la Clio 16s et la Renault 19 16s mais il mérite d'être encore amélioré.
Pour la Clio Williams, il est profondément revu :
- réalésage de 0,7 mm
- vilebrequin de Clio Diesel à course longue
- nouvelles bielles et pistons forgés
- soupapes agrandies, levée augmentée
- arbre à cames plus pointu
- culasse renforcée, conduits polis
La cylindrée atteint 1 998 cm³. La puissance passe de 140 à 150 ch — gain modeste sur le papier — mais le couple progresse nettement : 18,2 mkg, dont 85 % disponibles dès 2 500 tr/min. Le moteur devient beaucoup plus plein à mi-régime, idéal en rallye comme sur route.
La course longue limite le régime : le rupteur intervient à 6 500 tr/min. La boîte est renforcée et conserve des rapports proches de la 16S, avec une 5e rallongée pour la vitesse de pointe.
Le châssis évolue presque autant que le moteur :
- voie avant élargie de 34 mm (éléments de Clio Cup)
- triangles issus de Renault 19 16S
- suspensions spécifiques
- caisse rabaissée
- barre antiroulis majorée
Les jantes Speedline or en 15 pouces participent à la fois au style et à l’efficacité. Avec moins d’une tonne, la Williams se distingue par une motricité remarquable pour une traction de cette époque. La direction assistée reste très communicative.
Le train avant accroche fort, l’arrière accompagne, pouvant lever la roue intérieure au freinage en appui sans jamais devenir brutal. Le freinage repose sur disques ventilés à l’avant et disques pleins à l’arrière.
L’intérieur reçoit des attentions ciblées :
- sièges baquets de Renault 19 16S brodés du “W”
- fond de compteurs et grille de levier de vitesses bleus
- touches de bleu sur moquette, ceintures et levier
L’équipement reste limité : pas d’ABS, pas d’airbag, pas de climatisation. La logique est claire : homologation et légèreté.
La première série se distingue par une plaque en laiton numérotée sur la console centrale, détail devenu crucial pour les collectionneurs.
- Série 1 (1993) : 3 800 exemplaires numérotés (au lieu des 2 500 requis)
- Série 2 : 1 600 voitures non numérotées
- Série 3 (après restylage 1994) : baguettes élargies siglées “2.0”, feux arrière modifiés, rétros plus grands, légères évolutions intérieures
La Williams disparaît en 1996 avec la fin de la Clio I.
Production totale : environ 12 100 exemplaires.
La Williams est aujourd’hui une youngtimer très recherchée, surtout en Série 1 numérotée. Les valeurs tournent autour de 30 000 € et grimpent jusqu'à près de 75 000 € pour les autos strictement d’origine en parfait état et très peu kilométrés.
Points à surveiller :
- corrosion des ailes arrière
- fausses Williams issues de kits Renault (vendus à l’époque)
- Clio 16S simplement maquillées : compteurs et levier non bleus sont de bons indices (voir modèles ci-dessous)
Souvent considérée comme la dernière GTI à l’ancienne, la Williams pose les bases de la lignée Clio RS. Son moteur F7R poursuivra sa carrière dans le Spider Renault, la Mégane Coupé et les premières Clio II RS.
Une voiture née pour un règlement… devenue une référence pour les passionnés.
Pour en savoir plus :
- Clio.williams.net
- les séries spéciales
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2016)
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : fonte
🔹 Culasse : aluminium, 16 soupapes
🔹 Emplacement : transversal avant
🔹 Puissance fiscale : 10 CV
🔹 Cylindrée : 1 998 cm³
🔹 Alésage x course : 82,7 x 93 mm
🔹 Taux de compression : 10:1
🔹 Vilebrequin : 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 150 ch à 6 100 tr/min
🔹 Couple maximal : 18,2 mkg à 4 500 tr/min
🔹 Distribution : double arbre à cames en tête, courroie crantée
🔹 Nombre de soupapes : 16
🔹 Alimentation : injection électronique, gestion intégrale Fenix 3A
🔹 Type de transmission : traction
🔹 Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports
🔹 Direction : à crémaillère assistée (2,75 tours de butée à butée)
🔹 Diamètre de braquage : 11,3 m
🔹 Châssis : coque autoporteuse en acier
🔹 Suspension avant : roues indépendantes type McPherson, triangles inférieurs, ressorts hélicoïdaux
🔹 Suspension arrière : bras tirés, barre antiroulis, ressorts hélicoïdaux
🔹 Longueur : 371,2 cm
🔹 Largeur : 164,1 cm
🔹 Hauteur : 136,5 cm
🔹 Empattement : 247,2 cm
🔹 Voie avant : 140,2 cm
🔹 Voie arrière : 135,1 cm
🔹 Garde au sol : ~12 cm
🔹 Pneus avant : 185/55 VR 15
🔹 Pneus arrière : 185/55 VR 15
🔹 Freins avant : disques ventilés Ø 259 mm
🔹 Freins arrière : disques Ø 238 mm
🔹 Vitesse maximale : 216 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 7,9 s
🔹 400 m D.A. : 15,6 s
🔹 1000 m D.A. : 29 s
🔹 Capacité du réservoir : 50 litrs
🔹 Consommation à 90 km/h : 7,8 l/100 km
🔹 Consommation à 120 km/h : 9,5 l/100 km
🔹 Consommation en cycle urbain : 10,5 l/100 km
🔹 Volume du coffre : 260 L
🔹 Cx : 0,33









