Lincoln Continental coupé Mark V (1977-1979)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Lincoln Continental Mark V (1977–1979) :
le crépuscule d’une époque
Remplaçante de la Continental Mark IV pour le millésime 1977, la Mark V n’apporte en apparence que peu de changements. On retrouve le style général et ses longues lignes anguleuses, le faux emplacement de roue de secours sur le couvercle de malle, ainsi que le petit hublot latéral sur le montant arrière — le célèbre opera window. Seule la disposition des feux arrière évolue, les blocs migrant sur l’arête des ailes.
L’intérieur évolue lui aussi dans la continuité : l’agencement de la Mark IV est reconduit, avec quelques variations de matériaux et de teintes. On note l’apparition d’ouïes de ventilation devant les portes. Le toit en vinyle devient de série en 1977, même s’il est encore possible cette année-là de le supprimer — une option rapidement abandonnée.
En réalité, la Mark V poursuit l’inflation des dimensions : la longueur atteint désormais 5,85 m, soit 6 cm de plus que sa devancière. Elle utilise désormais son propre châssis, distinct de celui de la Ford Thunderbird. Dans le même esprit, certains composants électriques sont spécifiques à la Mark V et non partagés avec les autres modèles du groupe Ford.
Sous le capot, le V8 Ford Cleveland de 6,6 litres (402 ci) est monté en série. Étouffé par les normes antipollution, il ne délivre plus que 166 ch via un carburateur double corps. Mais avec un couple de 44 mkg, il conserve une souplesse remarquable, bien secondée par une boîte automatique à trois rapports qui achève d’écarter toute prétention sportive. En option, le V8 Lima de 7,5 litres (460 ci) et son carburateur quadruple corps portent la puissance à 220 ch. Supprimé à partir de 1979, ce moteur était pourtant privilégié par la majorité des acheteurs tant qu’il était disponible.
Plusieurs éditions spéciales sont proposées, chacune associée à un couturier célèbre : Bill Blass, Givenchy, Cartier (notre exemplaire gris ci-dessous), ou encore Pucci. Chaque déclinaison propose un jeu de coloris spécifique, aussi bien pour la carrosserie que pour l’intérieur ou le toit en vinyle. En 1978, une édition Diamond Jubilee célèbre les 75 ans de Ford ; elle est suivie en 1979 par une version Collector Series qui clôt la carrière du modèle.
Durant ses trois années de production, la Continental Mark V s’est vendue à environ 80 000 exemplaires par an. Elle est remplacée en 1980 par la Mark VI.









