Jaguar XJ6 4.2 Mk II (1973-1979)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
À l’automne 1973, le modèle phare de Jaguar s’offre son premier lifting. La XJ6 Mk I devient Mk II, avec un restylage subtil dicté par l’Amérique et ses normes de sécurité naissantes. Derrière les pare-chocs redessinés, la XJ6 conserve sa grâce souveraine. Mais elle entre dans une nouvelle phase : celle du raffinement contraint, du luxe rationalisé… et de l’empattement allongé généralisé.
Silhouette souveraine
La retouche esthétique de 1973 ne trahit pas le crayon de Sir William Lyons. Le regard est plus horizontal, la calandre réduite en hauteur, les phares légèrement abaissés et encadrés de cerclages chromés plus épais aux États-Unis, où la législation interdit la disparité de taille entre feux de croisement et de route. Le tout confère à la XJ un visage plus équilibré, presque méditatif.
Sous le pare-chocs avant, une grille d’aération apparaît discrètement. Elle cache un nouveau système de climatisation plus moderne, aussi complexe qu’indispensable face aux exigences du marché américain.
À bord, l’ambiance feutrée reste intacte
Bois de noyer, cuir Connolly, moquette profonde — Jaguar n’a rien cédé à la standardisation. Le tableau de bord gagne pourtant en lisibilité, la console centrale accueille une nouvelle commande de chauffage et de ventilation, plus ergonomique. À l’arrière, l’espace libéré par l’empattement de 286,4 cm permet aux passagers de s’installer dans une quiétude de club anglais roulant.
Six cylindres et noblesse tranquille
Le XK 4.2 litres reste le cœur battant de cette berline. Désormais ramené à 170 chevaux pour satisfaire les normes antipollution, il conserve un couple généreux et un caractère serein. Le six-en-ligne reste le favori des conducteurs européens, moins intéressés par le V12 de la XJ12, peut-être trop gourmand ou trop puissant pour la clientèle.
En 1975, le vénérable 2.8 litres est discrètement remplacé par un 3.4 litres, plus adapté à la masse croissante de l’auto. Quelques 170 exemplaires à moteur 2.8 seront tout de même écoulés dans une série spéciale pour la France, la Belgique et l’Italie.
Comportement : douceur impériale
Châssis souple, suspension indépendante, freins à disques inboard, boîte automatique 3 rapports : la XJ6 Mk II n’est pas une ballerine, mais une souveraine. Elle glisse sur la route avec un calme désarmant. La direction demande de la retenue, les freins de l’anticipation, mais le tout compose une conduite tout en nuances. Une voiture qui préfère la contemplation au chrono.
Conclusion — L’ultime saloon à l’anglaise
Avec 77 001 exemplaires produits jusqu’en 1979, la Jaguar XJ6 Mk II LWB est bien plus qu’un restylage : c’est l’apogée d’un art de vivre roulant. Avant la Série III, elle représente la dernière XJ conçue sous l’œil de Sir William Lyons. Une berline pleine de grâce, conçue pour les longues distances, les longues discussions… et le luxe du temps long.
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1968 : Naissance de la Jaguar XJ6 Mk I, disponible en empattements court (SWB) et long (LWB), avec moteurs 2.8 et 4.2.
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1972 : Jaguar introduit la XJ12 et généralise progressivement le LWB, mais la production reste marginale (moins de 1 500 unités LWB en Mk I).
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1973 (automne) : Lancement de la XJ6 Mk II, avec pare-chocs rehaussés, feux redessinés et calandre abaissée pour répondre aux crash-tests américains.
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Septembre 1974 : La version courte disparaît, laissant le champ libre au coupé deux-portes (XJ-C). La Mk II est désormais exclusivement LWB.
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1975 : Abandon du moteur 2.8 au profit d’un nouveau 3.4 litres.
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1979 : Fin de production de la XJ6 Mk II, remplacée par la Série III.
🛠 FICHE TECHNIQUE — Jaguar XJ6 Mk II LWB (1973–1979)
🔹 Type du moteur : 6 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : fonte
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : longitudinal avant
🔹 Puissance fiscale : 24 CV
🔹 Cylindrée : 4 235 cm³
🔹 Alésage x course : 92,05 x 106 mm
🔹 Taux de compression : 8:1
🔹 Vilebrequin : 7 paliers
🔹 Puissance maximale : 170 ch à 4 500 tr/min
🔹 Couple maximal : 32,1 mkg à 3 000 tr/min
🔹 Distribution : double arbre à cames en tête
🔹 Nombre de soupapes : 12 (2 par cylindre)
🔹 Alimentation : 2 carburateurs SU
🔹 Type de transmission : propulsion
🔹 Boîte de vitesses : automatique à 3 rapports ou manuelle à 4 rapports avec overdrive
🔹 Direction : à crémaillère, assistée
🔹 Diamètre de braquage : —
🔹 Suspension avant : roues indépendantes, leviers triangulés, ressorts hélicoïdaux, barre anti-roulis
🔹 Suspension arrière : roues indépendantes, leviers triangulés, bras inférieurs, ressorts hélicoïdaux
🔹 Longueur : 494,7 cm
🔹 Largeur : 177,2 cm
🔹 Hauteur : 137,2 cm
🔹 Empattement : 286,4 cm
🔹 Voie avant : 147,3 cm
🔹 Voie arrière : 148,6 cm
🔹 Pneus avant : 205/70 VR 15
🔹 Pneus arrière : 205/70 VR 15
🔹 Freins avant : disques, assistés
🔹 Freins arrière : disques inboard, assistés
🔹 Vitesse maximale : 201 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 12,9 s
🔹 400 m D.A. : 18,4 s @ 123 km/h
🔹 Capacité du réservoir : 91 litres
🔹 Poids à vide : 1 720 kg











