Aston Martin DB3S (1953-1956)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Aston Martin DB3S :
Courir pour exister
Lorsque David Brown rachète Aston Martin en 1948, il sait qu’il lui faudra plus qu’un badge prestigieux pour faire survivre la marque. À l’époque, rien ne vaut la compétition automobile pour faire parler de soi, et Brown l’a bien compris. Il engage donc la DB1, puis développe la DB2, qui connaîtra une belle carrière civile mais aussi une déclinaison dédiée à l’endurance.
La marque s’offre ainsi quelques victoires de classe aux 24 Heures du Mans, mais cela reste insuffisant face à la domination croissante de Jaguar, notamment avec sa Type C.
En 1952, Aston introduit la DB3. Elle repose sur un châssis tubulaire avec un pont De Dion, et utilise le moteur Lagonda 2,6 litres, déjà connu sur la DB2. Malgré une base saine, les performances sont jugées insuffisantes : 133 ch, puis 163 ch une fois passé à 2,9 litres, ce qui reste loin des 200 ch de la Jaguar Type C.
Lancée en mai 1953, la DB3S est une version profondément revue. Le châssis est raccourci, l’empattement réduit, et la voiture perd 75 kg. Résultat : une meilleure agilité, et des performances accrues. Le moteur 2.9 litres est poussé à 182 ch dans un premier temps, avant de culminer à plus de 210 ch sur les versions les plus avancées. L’aérodynamique est travaillée empiriquement, sans soufflerie ni simulation.
Trois types de calandre seront utilisés au fil des évolutions. En course, la DB3S se montre compétitive sur les circuits rapides, remportant de nombreuses victoires à Spa, Silverstone ou Goodwood, mais au Mans, elle peine à décrocher la première marche du podium.
Pour Le Mans 1954, Aston tente une approche radicale : un coupé fermé, plus profilé, équipé d’un moteur à double allumage développant 225 ch. Les espoirs sont élevés. Mais l’aérodynamique mal maîtrisée provoque une portance à haute vitesse, délestant le train arrière : résultat, deux sorties de route spectaculaires et aucun résultat.
Les deux voitures seront reconstruites mais en version barquette.
Malgré ces déboires, la DB3S monte en puissance. Elle décroche deux secondes places d'affilée au Mans (1955 et 1956), preuve de sa compétitivité croissante. En 1957, sa remplaçante entre en scène : la DBR1, qui remportera enfin les 24 Heures du Mans en 1959.
La DB3S reste néanmoins engagée jusqu’en 1958, et c’est encore une voiture privée qui termine deuxième cette année-là entre la Ferrari d'Olivier Gendebien et Phil Hill et les Porsche 718 à l'affût. Un exploit pour une voiture vieillissante face à des concurrentes toujours plus affûtées.
31 exemplaires ont été fabriqués, répartis entre les voitures "usine" et celles destinées à des clients privés. Véritable objet de culte, chaque DB3S d’origine se négocie aujourd’hui au-delà des 2,5 millions d’euros.
Le modèle présenté ici est une réplique fidèle, basé sur un châssis d'Aston Martin DBS.
Fiche technique :
Moteur : 6 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Cylindrée : 2922 cm3
Puissance maximale : 225 ch à 5500 tr/min
Couple maximal : 24,6 mkg à 3800 tr/min
Distribution : double arbre à cames en tête
Nombre de soupapes : 12
Alimentation : 3 carburateurs double corps Weber
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 4 rapports
Châssis : tubulaire en aluminium
Suspension av : bras tirés, barre de torsion
Suspension ar : pont De Dion, bras tirés, barres de torsion
Longueur : 391 cm
Largeur : 150 cm
Hauteur : 104 cm
Empattement : 221 cm
Voie avant : 1 270 mm
Voie arrière : 1 270 mm
Freins av : disques
Freins ar : tambours
Vitesse maximale : 225 km/h
0 à 100 km/h : env. 6,5 s
Poids : 840 kg




