Porsche 911-911 Carrera 3.2 (1984-1989)
Porsche 911 Carrera 3.2 (1984–1989) :
l’équilibre retrouvé
Lorsque, pour remplacer la 911 SC, Porsche présente la 911 Carrera 3.2 à l’automne 1983 (millésime 1984), personne ne s’étonne vraiment de son apparence. La silhouette reste fidèle à la génération dite « G », avec ses pare-chocs à soufflets noirs, sa ceinture de caisse haute, et ses ailes subtilement galbées. Mais sous cet air de déjà-vu, beaucoup de choses ont évolué — à commencer par le moteur.
Sous le capot arrière, la Carrera 3.2 remplace la 911 SC et fait renaître un nom prestigieux, disparu depuis 1977. Le flat-six à refroidissement par air passe de 3,0 à 3,2 litres, en combinant l'alésage du 3 litres de la SC et la course du 3,3 litres de la Turbo. Il développe désormais 231 chevaux (en version européenne), grâce à une injection Bosch Motronic plus précise et efficace. Cette injection est la seule concession réelle à l’électronique sur une mécanique encore largement mécanique et simple d’entretien — un détail qui compte aux yeux des puristes.
Côté jantes, Porsche propose de série de nouveaux modèles en 15 pouces, surnommés « jantes téléphone » pour leur dessin percé caractéristique. En option, on peut toujours choisir les classiques Fuchs en 16 pouces, indissociables de l’image de la 911.
Dans l’habitacle, le changement est plus net : le tableau de bord reçoit des bouches d’aération plus larges, des contacteurs redessinés, et un volant à quatre branches fait son apparition dès le millésime 1985. Les sièges sont abaissés de 20 mm, améliorant la position de conduite, tandis que la fermeture centralisée devient désormais de série.
Ainsi, la Carrera 3.2 ne révolutionne rien, mais elle peaufine tout. C’est une synthèse cohérente entre l’héritage mécanique des années 70 et une certaine modernité — plus accessible, mieux construite, et déjà tournée vers l’avenir.
Pendant les trois premières années, la Carrera 3.2 conserve la boîte 915, dont la conception remonte aux années 70. Bien que robuste et légère, issue directement de la Porsche 908, cette transmission à commande mécanique souffre d’un guidage parfois flou, qui peut surprendre les conducteurs peu familiers de la marque.
À partir du millésime 1987, Porsche introduit la boîte G50, conçue par Getrag (modèle gris foncé ci-dessous). Dotée d’un embrayage hydraulique et d’un mécanisme de sélection plus moderne, elle transforme le ressenti de conduite. Les passages de rapports gagnent en douceur, la précision est enfin au rendez-vous, et la voiture devient plus accueillante au quotidien.
Mais tout progrès a son revers : la G50 est plus lourde (+12 kg !) et demande plus d’entretien que la rustique 915. Ses deux parties hydrauliques, si elles améliorent le confort de conduite, sont également plus complexes à maintenir, ce qui explique la préférence de certains puristes pour les modèles antérieurs.
Ce changement marque toutefois un tournant : la 911 devient plus civilisée, sans renier son caractère.
La Carrera 3.2 tire sa révérence en 1989. Après six ans de carrière, elle laisse la place à la nouvelle 911 type 964. Cette transition ne signe pas une rupture esthétique immédiate — la silhouette reste reconnaissable — mais c’est une refonte technique en profondeur.
La 964 inaugure l’ère de la transmission intégrale avec la Carrera 4, fait entrer l’ABS et la direction assistée dans la gamme, et pousse l’équipement à un niveau encore jamais vu sur une 911. Pourtant, malgré cette montée en gamme, le moteur reste fidèle à l’architecture flat-six refroidie par air.
Face à cette mutation, la Carrera 3.2 apparaît aujourd’hui comme une forme d’équilibre parfait : suffisamment moderne pour un usage régulier, mais encore imprégnée de l’esprit artisanal et sportif des premières 911. Avec 70 044 exemplaires produits, elle jouit d'une popularité toujours en hausse, devenant peu à peu l'archétype même de la 911.
Pour en savoir plus :
- Flat6Mag
🛠️ FICHE TECHNIQUE :
🔹 Type du moteur : 6 cylindres à plat, refroidi par air
🔹 Bloc : Aluminium
🔹 Culasse : Aluminium
🔹 Emplacement : porte-à-faux arrière
🔹 Puissance fiscale : 16 CV
🔹 Cylindrée : 3 164 cm³
🔹 Alésage x course : 95,0 x 74,4 mm
🔹 Taux de compression : 10,3 :1
🔹 Vilebrequin : 8 paliers
🔹 Puissance maximale : 231 ch à 5 900 tr/min
🔹 Couple maximal : 28,6 mkg à 4 800 tr/min
🔹 Distribution : deux arbres à cames en tête
🔹 Nombre de soupapes : 12
🔹 Alimentation : Injection électronique Bosch Motronic
🔹 Type de transmission : Propulsion
🔹 Boîte de vitesses :
• Type 915 manuelle à 5 rapports (1984–1986)
• Type G50 manuelle à 5 rapports, embrayage hydraulique (1987–1989)
🔹 Direction : Crémaillère, non assistée (3 tours)
🔹 Diamètre de braquage : 10,9 m
🔹 Châssis : Monocoque en acier
🔹 Suspension avant : roues indépendantes type McPherson, barre antiroulis, barres de torsion
🔹 Suspension arrière : Bras semi-oscillants, bras obliques, barre antiroulis, barres de torsion
🔹 Longueur : 4 290 mm
🔹 Largeur : 1 652 mm
🔹 Hauteur : 1 320 mm
🔹 Empattement : 2 272 mm
🔹 Voie avant : 1 372 mm
🔹 Voie arrière : 1 380 mm
🔹 Garde au sol : 120 mm
🔹 Pneus avant : 195/65 R15 (option 205/55 R16)
🔹 Pneus arrière : 215/60 R15 (option 225/50 R16)
🔹 Freins avant : Disques ventilés (286 mm), étriers fixes à 4 pistons
🔹 Freins arrière : Disques ventilés (294 mm), étriers fixes à 4 pistons
🔹 Vitesse maximale : 253 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 5,6 s
🔹 1000 m D.A. : 25,6 s
🔹 Capacité du réservoir : 85 litres
🔹 Consommation à 90 km/h : ~ 8,0 l/100 km
🔹 Consommation à 120 km/h : ~10,5 l/100 km
🔹 Consommation en cycle urbain : ~14,0 l/100 km
🔹 Volume du coffre : 200 l
🔹 Cx : 0,40
🔹 Poids à vide : 1 210 kg
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)








