BMW 850i E31 (1990-1999)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
BMW 850i E34
(1990-1999)
Avec la Série 8, BMW ne cherche pas simplement à remplacer la BMW Série 6 E24 : le constructeur bavarois change de registre. L’ambition est claire dès l’origine : proposer un grand coupé technologique, capable de rivaliser avec des références établies comme la Mercedes-Benz 500 SEC, tout en se rapprochant, dans l’esprit, de modèles plus exclusifs tels que la Porsche 928 S4 ou la Ferrari 348.
Le projet débute en 1984. S’il s’appuie initialement sur des éléments issus de la Série 6, il évolue rapidement vers une conception largement spécifique. Le style, signé Klaus Kapitza, est figé dès la fin des années 80. Présentée en septembre 1989 et commercialisée à partir de 1990, la Série 8 tranche nettement avec sa devancière.
La ligne est basse, fluide, sans surcharge. L’avant effilé intègre des phares escamotables et une interprétation très fine du double haricot. Le profil privilégie la continuité des surfaces, tandis que l’arrière, large et presque abrupt, affirme l’assise de la voiture. L’ensemble reste étonnamment discret pour un modèle de ce standing, tout en dégageant une impression de solidité et de puissance maîtrisée.
Mais la Série 8 est avant tout une vitrine technologique. Le train arrière multibras constitue une avancée majeure, permettant d’optimiser la motricité et la stabilité. L’électronique joue également un rôle central, avec l’apparition du système ASC (Automatic Stability Control), puis ASC+T sur les versions manuelles, capable d’agir à la fois sur le freinage et la gestion moteur pour limiter le patinage.
Le V12 M70, développé en parallèle, incarne cette recherche d’excellence. Ouvert à 60°, doté d’une gestion électronique avancée et d’une commande d’accélérateur sans liaison mécanique directe, il privilégie la souplesse et la régularité de fonctionnement. Plus que la puissance brute, c’est l’absence de vibrations et la progressivité qui marquent.
L’habitacle est à l’avenant : complet, rigoureusement assemblé, et orienté vers le conducteur. La position de conduite basse, combinée à une surface vitrée relativement réduite, renforce la sensation d’être intégré à la machine plus que simplement installé à bord.
Sur la route, la 850i révèle son vrai caractère. Avec près de 1 800 kg, elle ne cherche pas à rivaliser avec les sportives pures. Malgré ses 300 ch, elle privilégie les longues distances à haute vitesse, dans une stabilité remarquable. Les performances restent de haut niveau — moins de 7 secondes de 0 à 100 km/h et 250 km/h en vitesse maximale — mais elles servent avant tout une philosophie de grande routière.
Ce positionnement, assez éloigné des attentes d’une clientèle attirée par le prestige du V12, explique en partie un accueil commercial mitigé. Proposée à un tarif élevé, la 850i reste confidentielle. BMW élargit alors la gamme avec la 840i à moteur V8 en 1992, puis fait évoluer la 850i en 850Ci, tandis que la très exclusive 850 CSi (5,6 litres, 285 ch) vient coiffer l’ensemble.
Produite à environ 30 000 exemplaires toutes versions confondues, la Série 8 reste aujourd’hui un modèle à part. Longtemps sous-estimée, elle commence à être regardée différemment. Son entretien exigeant et la complexité de sa mécanique limitent encore sa diffusion, mais contribuent aussi à préserver son statut.
Elle incarne une époque où les contraintes économiques pesaient moins sur les choix techniques, et où les ingénieurs pouvaient aller au bout d’une vision.
Aujourd'hui, c'est l'un des rares véhicule à moteur V12 que l'on peut obtenir pour 30 000 € !
NB : Le modèle rouge photographié en 2015 (ci-dessus) est équipé d'un pack AC Schnitzer.
🔹 Type du moteur : V12 à 60°, essence
🔹 Bloc : aluminium
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : longitudinal avant
🔹 Puissance fiscale : 29 CV
🔹 Cylindrée : 4 988 cm³
🔹 Alésage x course : 84 x 75 mm
🔹 Taux de compression : 8,8 : 1
🔹 Vilebrequin : 7 paliers
🔹 Puissance maximale : 300 ch à 5 200 tr/min
🔹 Couple maximal : 45,9 mkg à 4 100 tr/min
🔹 Distribution : double arbre à cames en tête (par rangée)
🔹 Nombre de soupapes : 24
🔹 Alimentation : injection électronique Bosch Motronic
🔹 Type de transmission : propulsion
🔹 Boîte de vitesses : manuelle 6 rapports (automatique 4 rapports en option)
🔹 Direction : à recirculation de billes, assistée
🔹 Diamètre de braquage : 11,5 m
🔹 Châssis : coque autoporteuse en acier
🔹 Suspension avant : roues indépendantes type McPherson, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis
🔹 Suspension arrière : roues indépendantes multibras, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis
🔹 Longueur : 478 cm
🔹 Largeur : 185,4 cm
🔹 Hauteur : 134,1 cm
🔹 Empattement : 268,5 cm
🔹 Voie avant : 155,4 cm
🔹 Voie arrière : 156,2 cm
🔹 Pneus avant : 235/50 ZR 16
🔹 Pneus arrière : 235/50 ZR 16
🔹 Freins avant : disques ventilés
🔹 Freins arrière : disques ventilés
🔹 Vitesse maximale : 250 km/h (bridée électroniquement)
🔹 0 à 100 km/h : 6,8 s
🔹 400 m D.A. : 15,2 s
🔹 1000 m D.A. : 27,1 s
🔹 Capacité du réservoir : 90 litres
🔹 Volume du coffre : 320 litres
🔹 Cx : 0,29
🔹 Poids à vide : 1 790 kg












