Renault 5 Alpine (1976-1982)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Renault 5 Alpine
Au milieu des années 1970, Renault traverse une zone creuse en matière d’image sportive. Depuis l’arrêt de la Renault 12 Gordini, la gamme ne propose plus de véritable modèle à vocation dynamique hormis la Renault 17 Gordini (ou TS selon les années).
Pourtant, la compétition reste un pilier historique de la marque, d’autant plus qu’Alpine a été intégrée au groupe Renault en 1972. et la Berlinette A110 a remporté brillamment le premier championnat du monde des rallyes en 1973. Le savoir-faire existe, il faut désormais lui trouver un terrain d’expression crédible et moderne.
Ce terrain sera la Renault 5.
En septembre 1975, Volkswagen lance la Golf GTI, posant les bases d’un concept nouveau : une compacte du quotidien, légère et performante, capable d’offrir des sensations sans renoncer à l’usage courant. En mai 1976, Renault répond avec la Renault 5 Alpine. La citadine bodybuildée est née. Le sigle GTI n’est pas encore un argument marketing ; la démarche est encore instinctive, presque artisanale. Et les deux constructeurs vont initier un mouvement que suivront tous les constructeurs en emportant le sigle "GTI".
Pour le moteur, la base retenue est le 1 289 cm³ de la Renault 5 TS, une mécanique éprouvée que les ingénieurs d’Alpine font évoluer en profondeur. La cylindrée est portée à 1 397 cm³, accompagnée d’une préparation spécifique fidèle aux standards de la marque de Dieppe.
L’alimentation est confiée à un carburateur Weber double corps, associé à un filtre à air emprunté à la Renault 16 TS, tandis que la boîte manuelle à cinq rapports, issue de la Renault 16 TX, vient compléter l’ensemble. Une combinaison cohérente, puisée dans la banque d’organes Renault, mais assemblée avec méthode et discernement.
Ainsi configuré, le moteur développe 93 ch, une valeur notable pour l’époque, d’autant plus qu’elle s’exprime dans une voiture à la masse contenue. Sans modifier l’architecture générale de la Renault 5, Alpine parvient à lui insuffler un caractère nettement plus affirmé, sans compromettre son équilibre ni sa polyvalence.
La Renault 5 Alpine affirme sa personnalité avec mesure, sans jamais verser dans l’ostentation. Les décorations « A5 » apposées sur le capot et les flancs constituent l’un des rares signes distinctifs extérieurs, complétés par des jantes en tôle larges Fergat, efficaces plus que démonstratives. Le bouclier avant avec ses feux longue portée intégrée, est, quant à lui, parfaitement distinctif.
À bord, l’ambiance évolue nettement par rapport à une Renault 5 de série. L’habitacle reçoit des fauteuils baquets avec appuie-tête intégrés, un volant sport et un accélérateur type accordéon, autant d’éléments qui soulignent la vocation dynamique du modèle sans renier une certaine sobriété. On note le compte-tour et les trois cadrans empruntés à la Renault 5 TS.
En 1978, l’équipement progresse enfin avec l’arrivée des manomètres de température d’eau et d’huile, des instruments indispensables sur une voiture destinée à être conduite de manière soutenue, et longtemps attendus par les amateurs éclairés. Et en 1979, la mobilier est remplacé sur toute la gamme Renault 5 et la 5 Alpine ne fait pas exception.
La Renault 5 Alpine ne cherche jamais la démonstration de force. Sa qualité première tient à son équilibre général, fruit d’un compromis soigneusement maîtrisé. La direction se montre directe, le train avant précis, tandis que l’arrière léger peut se manifester à la limite, sans jamais devenir piégeux ni imprévisible.
La voiture privilégie avant tout la lisibilité et la spontanéité. Elle valorise une conduite engagée, mais demeure accessible, fidèle à l’esprit originel de la Renault 5. Là où certaines concurrentes privilégient la rigueur absolue et la neutralité, l’Alpine conserve une part de caractère, assumée et expressive, typiquement française.
Face à une Golf GTI en constante montée en puissance, Renault choisit de franchir un cap avec la Renault 5 Alpine Turbo. L’adoption du turbocompresseur modifie sensiblement la donne : les performances progressent nettement, au prix d’un comportement plus exigeant et d’une réponse moteur moins progressive.
La philosophie évolue alors vers davantage de spectaculaire. Par contraste, la Renault 5 Alpine atmosphérique apparaît rétrospectivement comme la déclinaison la plus équilibrée et la plus cohérente du concept initial.
La Renault 5 Alpine sera produite à 59 202 exemplaires. Un volume significatif, qui confirme son rôle structurant dans l’histoire de la sportivité populaire chez Renault, bien au-delà du simple effet de mode.
FICHE TECHNIQUE : RENAULT 5 ALPINE
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : fonte
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : longitudinal avant
🔹 Puissance fiscale : 8 CV
🔹 Cylindrée : 1 397 cm³
🔹 Alésage x course : 76 x 77 mm
🔹 Taux de compression : 10 : 1
🔹 Vilebrequin : 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 93 ch à 6 400 tr/min
🔹 Couple maximal : 11,8 mkg à 4 000 tr/min
🔹 Distribution : arbre à cames latéral, soupapes en tête, culbuteurs
🔹 Nombre de soupapes : 8
🔹 Alimentation : carburateur double corps
🔹 Type de transmission : traction avant
🔹 Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports
🔹 Direction : crémaillère, assistée (3,7 tours)
🔹 Diamètre de braquage : 10,1 m
🔹 Châssis : coque autoporteuse
🔹 Suspension avant : barres de torsion, triangles
🔹 Suspension arrière : barres de torsion, bras tirés, bras radiaux
🔹 Longueur : 3 540 mm
🔹 Largeur : 1 520 mm
🔹 Hauteur : 1 30 mm
🔹 Empattement : 2440 mm
🔹 Voie avant : 1 293 mm
🔹 Voie arrière : 1 267 mm
🔹 Garde au sol : 120 mm
🔹 Pneus avant : 155/70 HR 13
🔹 Pneus arrière : 155/70 HR 13
🔹 Freins avant : disques
🔹 Freins arrière : tambours
🔹 Vitesse maximale : 175 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 10 s
🔹 400 m D.A. : 17 s
🔹 1 000 m D.A. : 31,8 s
🔹 Capacité du réservoir : 38 litres
🔹 Poids à vide : 840 kg


