Alfa Romeo GTV 2.0 (1980-1987)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
La deuxième génération de l'Alfetta GT, devenue Alfetta GTV en 1976 lorsqu'elle est équipée du moteur 2.0 litres, montre finalement peu de différences avec la génération initiale. Les proportions générales sont conservées et les évolutions relèvent davantage de la retouche cosmétique que de la refonte en profondeur.
La calandre est redessinée : le Biscione Alfa voit ses dimensions revues afin de mieux s’intégrer à la grille, tandis que le pare-chocs enveloppant est repositionné plus haut, faisant disparaître la seconde grille auparavant découpée dans la tôle. Les clignotant sont intégrés au bouclier qui est nettement mieux intégré.
À l’arrière, le même matériau est adopté pour le pare-choc, au grand dam des puristes qui regrettent l’abandon des chromes jugés plus nobles. Les doubles feux arrière cèdent leur place à un ensemble plus imposant intégrant davantage de fonctions. Sur les flancs, un panneau en plastique noir remplace les badges GTV de la génération précédente.
C’est toutefois à l’intérieur que se situe la principale évolution. Le tableau de bord très avant-gardiste de la première série — limité à un compte-tours face au conducteur, les autres instruments étant relégués dans une console centrale en retrait — est abandonné au profit d’une planche de bord plus conventionnelle et plus lisible. Les amateurs de tradition se consolent avec la présence du volant en bois, klaxon intégré en son centre.
L’habitabilité permet d’accueillir quatre personnes et leurs bagages, même si l’accès aux places arrière demeure peu commode. La position de conduite est basse, la ceinture de caisse haute, et le conducteur peine toujours à apprécier précisément le gabarit du long capot.
Sur la route, le comportement reste fidèle à celui de la génération précédente. Le pont de Dion arrière assure une excellente répartition des masses et confère à cette propulsion un équilibre de tout premier ordre. En contrepartie, la commande de boîte, implantée à l’arrière et reliée par une tringlerie complexe, conserve une certaine rudesse : lente, peu précise, elle impose des passages de rapports appuyés. Les deux premiers rapports se montrent particulièrement rugueux, et le double débrayage devient rapidement indispensable pour rétrograder proprement. La boite est plutôt lente, et le train avant n'est pas un modèle de réactivité.
Ainsi le tempérament de l'Alfetta GTV 2.0 n'est pas purement sportif mais plus typé grand tourisme. Elle n'est pas une voiture pour attaquer les petites routes de montagne couteau entre les dents. Mais elle aime les longs enchaînements où l'équilibre trouve son sens. On peut la conduire de façon souple, sans chercher le couple maximal, ou en tombant un rapport, et aller chercher le couple.
Le moteur 2 litres est celui qui est apparu en 1976. Il a gagné depuis quelques chevaux, à 130. Avec son double arbre à cames entraîné par chaîne et ses deux carburateurs horizontaux, il offre un couple intéressant mais assez haut perché (4000 tr/min), mais se montre souple en dessous. Il permet ainsi deux modes de conduite différents.
Avec la masse de 1100 kg de la voiture, il faut jouer de la boite pour en tirer la quintessence. A noter quelques effets de couple à haut régime dus à l'arbre de transmission entre le moteur et la boite à l'arrière. Avec une vitesse de pointe de plus de 190 km/h, elle montre des aptitudes à ne pas quitter la file de gauche sur l'autoroute digne des grosses berlines allemandes.
En 1983, l’Alfetta GTV 2.0 abandonne l’appellation « Alfetta » pour ne conserver que le sigle GTV. La gamme se compose alors de la GTV 2.0 et de la GTV6.
En 1987, la GTV 2.0 quitte définitivement la scène, laissant la place — pour une courte période — à sa sœur motorisée par le V6 Alfa. Produite à environ 17 600 exemplaires de 1980 à 1987 (sans compter les 57 375 de la première série), la GTV 2.0 demeure encore relativement accessible sur le marché de la collection, mais son statut est en train d’évoluer : son importance historique et son architecture technique singulière la destinent à une valorisation progressive.
Elle n'est pas remplacée spécifiquement. Il faut attendre 1994 pour voir revenir le sigle GTV chez Alfa dans celle qu'on surnomme aussi GTV 916.
FICHE TECHNIQUE – Alfa Romeo GTV 2.0 (1980-1987)
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : fonte
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : longitudinal, avant
🔹 Puissance fiscale : 10 CV
🔹 Cylindrée : 1 962 cm³
🔹 Alésage x course : 84 x 88,5 mm
🔹 Taux de compression : 9:1
🔹 Vilebrequin : acier forgé, 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 130 ch à 5 400 tr/min
🔹 Couple maximal : 18,3 mkg à 4 000 tr/min
🔹 Distribution : double arbre à cames en tête, entraînés par chaîne
🔹 Nombre de soupapes : 8
🔹 Alimentation : 2 carburateurs horizontaux Weber 40 DCOE
🔹 Type de transmission : propulsion (architecture transaxle)
🔹 Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports
🔹 Direction : à crémaillère (3,5 tours)
🔹 Châssis : coque autoporteuse
🔹 Suspension avant : roues indépendantes, triangles, barres de torsion, barre anti-roulis, ressorts hélicoïdaux
🔹 Suspension arrière : pont de Dion, bras tirés, parallélogramme de Watt, barre anti-roulis, ressorts hélicoïdaux
🔹 Longueur : 4 260 mm
🔹 Largeur : 1 664 mm
🔹 Hauteur : 1 330 mm
🔹 Empattement : 2 400 mm
🔹 Voie avant : 1 373 mm
🔹 Voie arrière : 1 352 mm
🔹 Garde au sol : 120 mm
🔹 Pneus avant : 185/70 HR 14
🔹 Pneus arrière : 185/70 HR 14
🔹 Freins avant : disques
🔹 Freins arrière : disques
🔹 Vitesse maximale : 195 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 10 s
🔹 1000 m D.A. : 31 s
🔹 Capacité du réservoir : 54 litres
🔹 Consommation moyenne : env. 10 l/100 km
🔹 Volume du coffre : non communiqué
🔹 Cx : 0.39
🔹 Poids à vide : 1 110 kg


