Fiat 508 Balilla (1934-1937)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
🚘 Fiat 508 Balilla : la petite qui a motorisé l’Italie
En 1932 au salon de Milan, Fiat présente la 508 Balilla pour remplacer la Fiat 514. C'est une automobile conçue pour un rêve simple mais ambitieux : mettre l’Italie au volant. À l’époque, l’automobile est encore un luxe réservé à quelques initiés et Fiat va appliquer la recette de la Ford T pour populariser l'automobile. La Balilla vient casser les codes : est classique, petite, légère, accessible et robuste et à 10 800 lires, elle coûte à peine plus que deux motos de moyenne cylindrée. Fiat frappe un grand coup et marque le début d’une ère nouvelle.
Le nom Balilla n’est pas choisi au hasard. Il évoque un jeune garçon génois qui a jeté, à l'âge de 11 ans, un caillou contre un officier autrichien, symbole de rébellion contre l’oppression autrichienne. Ce premier geste légendaire aurait permis aux génois de se libérer de l'occupation autrichienne en cinq jours. Le message est clair : cette voiture est celle des gens, par les gens, pour les gens.
Sous le capot ? Un modeste 4 cylindres de 995 cm³, délivrant 20 chevaux dans sa première version. Pas de quoi écraser le pavé, mais suffisant pour atteindre les 80 km/h sur les routes sinueuses d’Italie. Une boîte 3 vitesses (puis 4), des freins à tambour sur les quatre roues, et surtout un châssis en échelle ultra-léger font de la Balilla une voiture maniable, économique, et étonnamment agile pour son temps.
Les ingénieurs de Fiat misent sur une mécanique rustique mais endurante. Résultat : les Balilla sillonnent l’Europe pendant des décennies, de la campagne lombarde aux rues de Varsovie, de Paris à Alger.
En 1934, une seconde série est proposée, plus arrondie, plus moderne. Elle propose quatre portes avec des portes inversées à l'arrière. Elle est livrée avec une boite quatre rapports.
La Balilla se décline vite en plusieurs variantes : berline, torpédo, spider, coupé sport. On voit fleurir des versions signées Ghia, Bertone ou encore Balbo, aux lignes élancées dignes des Mille Miglia. Certaines reçoivent même des carrosseries sur mesure destinées à la compétition, comme la mythique 508 S Coppa d’Oro, version sport de 30 chevaux capable de frôler les 110 km/h.
Dans un monde où la voiture devient un marqueur social, la Balilla réussit l’équilibre parfait : populaire mais jamais banale, accessible mais élégante.
La Balilla dépasse vite les frontières. Produite sous licence en France (par Simca-Fiat), en Pologne (Polski-Fiat), en Tchécoslovaquie (Walter Junior) et même en Allemagne (NSU-Fiat), elle s’adapte à tous les marchés. Chaque pays y met sa touche, mais la philosophie reste la même : offrir une voiture fonctionnelle, fiable, au plus grand nombre. Au total, 170 000 exemplaires ont été fabriqués. Elle est remplacée en 1937 par la Fiat 1100.
Remplacée en 1937 par la Fiat 508 C, la Balilla n’en reste pas moins une icône. Aujourd’hui, les collectionneurs s’arrachent les versions sportives, et les clubs d’anciennes célèbrent encore cette petite italienne qui a su allier technologie, charme et esprit populaire. Elle incarne une époque où l’automobile commençait à rimer avec liberté.
Fabriquée 170 000 exemplaires, elle a aussi été produite sous la marque Simca-Fiat (6cv FIII, 26 000 exemplaires), en Pologne sous le nom Fiat-Polski 508, en Allemagne sous le nom NSU-Fiat 1100. Elle a été remplacée par le Fiat 1100 en 1937.

