Citroën Ami 8 Break (1969-1979)
(Louvetot, Seine-Maritime, juillet 2017)
L'utilitaire du cœur
Il y a des voitures qui font tourner les têtes. Et puis il y a celles qui font tourner les souvenirs. La Citroën Ami 8 break, c’est un peu ça : une machine à remonter le temps qui sent bon le simili, le bicylindre et les étés à l’arrière, coincé entre une glacière et un sac de plage.
Née en 1969, l’Ami 8 arrive comme une réponse douce à la très étrange mais attachante Ami 6 (1961), dont elle corrige quelques bizarreries de jeunesse :
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La lunette arrière inversée, aussi géniale qu’incomprise, rendait l’intérieur sombre et gênait la visibilité.
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Le design anguleux de l’Ami 6 berline n’a pas conquis tout le monde, même si l'Ami 6 break a eu plus de succès.
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Et surtout, le modèle vieillissait mal dans les années 60, avec une image un peu désuète face à la montée des compactes modernes.
L’Ami 8, elle, apaise le style. Toujours signée Flaminio Bertoni mais à titre posthume, elle abandonne l’arrière inversé pour une ligne plus fluide, presque bourgeoise. Dans sa version break, elle devient l’alliée parfaite des familles nombreuses, des instituteurs ruraux et des bricoleurs du dimanche. Le tout avec un coffre de 320 à 1 200 litres, une banquette rabattable, et un seuil de chargement très bas. Pratique, carré, malin.
Sous le capot : simplicité volontaire
Pas de révolution par rapport à l'Ami 6, mais une fiabilité à toute épreuve. On reste sur le moteur de la 2CV, boosté pour l’occasion. C'est le moteur de la 2CV 6 dans une version améliorée qui lui procure 3 ch DIN. Elle hérité également des freins à disques à l'avant de la Dyane. L'ensemble est peu puissant et marque de performances, mais compense par sa polyvalence, une consommation très raisonnable et un poids léger. Pour lutter contre la concurrence des Simca 1100 break ou Peugeot 204 break, et donner un peu plus de puissance au modèle, Citroën a mis sur le marché en 1973 l'Ami Super avec le moteur de la GS. Malheureusement un peu trop gourmand, la réputation du moteur de la GS a aussi souffert des problèmes de mise au point du modèle. Aussi les ventes n'ont pas dépassé les 50 000 exemplaires et le modèle a été retiré en 1976.
🛠 Évolutions notables par millésime
Petit guide pour repérer les millésimes d’un coup d’œil et mieux suivre l’évolution tranquille mais réelle de l’Ami 8 :
Millésime 1971
• Glaces latérales avant descendantes avec déflecteur, remplaçant les coulissantes
• Nouveau logo double chevron intégré à la calandre
Millésime 1972
• Installation d’amortisseurs hydrauliques à la place des anciens batteurs à inertie : confort et tenue de route en progrès net
Millésime 1974
• Nouveau volant sur l’Ami 8, proche de celui de l’Ami Super
• Clignotants avant blancs et non plus orange
Millésime 1976
• Nouvelle calandre noire, modernisant la face avant
Mars 1979
• Fin de la production en France, après 10 ans de carrière pour l’Ami 8 (et 18 ans pour la famille Ami au total)
Une voiture discrète, mais fidèle
L’Ami 8 break, ce n’est pas la plus belle, ni la plus rapide, ni la plus rare. Mais elle a cette gentillesse mécanique qu’on ne retrouve plus. Pas d’assistance, pas d’électronique, juste une coque, un bicylindre, et une sacrée envie d’aller quelque part — même lentement.
Elle a souvent été reléguée au second plan, éclipsée par la 2CV (sa petite sœur) et la GS (sa rivale plus ambitieuse), mais elle fait aujourd’hui son retour. Portée par une génération qui cherche autre chose que des youngtimers turbo-pimpés, elle offre une autre voie, celles des voitures qui vibrent, qu'on sent, qui vivent.
La fin d’une ère
Vendue à 800 000 exemplaires, l'Ami 8 est l'un des rares modèles au monde à avoir été plus vendue en break qu'en berline !! Restée en concurrence avec la GS, tout au long de sa carrière elle est remplacée par la VISA en 1979 qui n'aura pas de break. Il faudra attendre le retour de la ZX break pour lui trouver une remplaçante.
🔧 Moteur
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Type : Bicylindre à plat, 4 temps, refroidi par air
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Bloc : Fonte
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Culasse : Aluminium
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Emplacement : Avant, longitudinal
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Puissance fiscale : 3 CV
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Cylindrée : 602 cm³
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Alésage x course : 74 x 70 mm
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Taux de compression : 8,5 :1
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Vilebrequin : 2 paliers
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Puissance max : 32 ch DIN à 5 750 tr/min
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Couple max : 4,3 mkg à 3 500 tr/min
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Distribution : Arbre à cames central, entraînement par engrenages
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Nombre de soupapes : 2 (1 admission, 1 échappement par cylindre)
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Alimentation : Carburateur simple corps (Solex)
⚙️ Transmission / Direction
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Transmission : Traction avant
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Boîte de vitesses : Manuelle, 4 rapports synchronisés
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Direction : À crémaillère
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Diamètre de braquage : 10,50 m
🛞 Châssis / Suspensions / Freinage
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Suspension avant : Triangles superposés, ressorts à lames transversales, amortisseurs hydrauliques
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Suspension arrière : Bras tirés, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs hydrauliques
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Freins avant : Disques (à partir de 1970)
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Freins arrière : Tambours
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Pneus avant / arrière : 125 x 15
📏 Dimensions
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Longueur : 399 cm
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Largeur : 156 cm
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Hauteur : 147 cm
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Empattement : 240 cm
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Voie avant / arrière : 129 cm / 127 cm
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Garde au sol : 16 cm
⚡ Performances
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Vitesse max : ~120 km/h
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0 à 100 km/h : env. 37 s
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400 m D.A. : env. 22,5 s
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1000 m D.A. : env. 45,5 s
⛽ Consommation / Capacité
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Réservoir : 32 litres
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Conso moyenne à 90 km/h : 5,8 l/100 km
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Conso à 120 km/h : 8,5 l/100 km
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Conso urbaine : env. 9,0 l/100 km
📦 Volumes & Masse
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Coffre : 320 L (1 200 L banquette rabattue)
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Cx : ~0,51
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Poids à vide : 740 kg

