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17 août 2026

Citroën SM Chapron (1972)

(Rétromobile, Parc des Expos de la Porte de Versailles, février 2018)

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Citroën SM Présidentielle :
La République en grand tourisme

 

🇫🇷 Une SM pour la République

Lorsque Georges Pompidou succède au Général de Gaulle à l'Élysée en 1969, la France dispose déjà d'une imposante voiture présidentielle. La DS 21 spécialement carrossée par Henri Chapron pour Charles de Gaulle est devenue une véritable limousine d'État, mais elle appartient désormais à une autre époque. Pompidou, amateur d'automobiles et fidèle à Citroën, va chercher une voiture plus moderne, plus élégante et surtout plus représentative de la France des années 1970.

La Citroën SM semble alors toute désignée. Présentée en 1970, elle constitue le sommet de la gamme Citroën. Son dessin signé Robert Opron, sa suspension hydropneumatique, sa direction DIRAVI et surtout son V6 Maserati en font l'une des automobiles les plus extraordinaires de son époque. Mais pour devenir une voiture présidentielle, le coupé 2+2 doit évidemment subir une transformation radicale.

Pompidou commande donc en 1971 deux voitures destinées aux cérémonies officielles. Leur réalisation est confiée à Henri Chapron, déjà familier des transformations de modèles Citroën. Le carrossier de Levallois connaît parfaitement la recette : conserver l'identité de la voiture d'origine tout en transformant profondément sa carrosserie.

 

🛠️ Chapron voit grand

Chapron ne se contente pas de couper le toit de la SM. La voiture est transformée en une immense découvrable à quatre portes. La carrosserie gagne 71 centimètres, pour atteindre 5,60 mètres, tandis que l'empattement passe de 2,95 à 3,47 mètres. La largeur, elle, reste pratiquement inchangée.

La partie avant conserve l'apparence de la SM de série, mais tout l'arrière est spécifique. On retrouve cependant quelques similitudes avec la SM Opera du même Chapron. Le résultat est étonnant : vue de face, la voiture reste immédiatement identifiable comme une SM ; vue de profil, elle devient une véritable limousine. L'équilibre de la ligne est pourtant remarquable, Chapron ayant réussi à conserver une certaine élégance malgré des proportions devenues gigantesques.

La capote noire, à commande hydraulique, permet de transformer complètement la voiture pour les cérémonies. Une fois découverte, la partie arrière offre aux personnalités transportées une visibilité maximale. Une barre permet même aux occupants de se tenir debout lors des défilés.

La teinte gris foncé métallisé Black Tudor et la sellerie en cuir naturel donnent à l'ensemble une sobriété qui évite de tomber dans l'ostentatoire. La voiture doit représenter la République, pas rivaliser avec une voiture de cour.

 

👑 La SM entre dans l'histoire

Les deux voitures portent les immatriculations 2 PR 75 et 3 PR 75. Le « PR » signifie naturellement « Présidence de la République », tandis que le 75 rappelle leur rattachement à Paris. Elles succèdent ainsi dans la numérotation à la DS présidentielle de Charles de Gaulle, immatriculée 1 PR 75.

Leur première grande apparition intervient en mai 1972 lors de la visite officielle en France de la reine Élisabeth II. La SM Présidentielle est alors parfaitement dans son élément : longue, basse, découvrable et suffisamment spectaculaire pour permettre au président et à son invitée de saluer la foule.

La scène résume finalement assez bien l'ambition de Pompidou. La République française ne veut plus seulement disposer d'une automobile officielle ; elle veut afficher son modernisme. Et quelle meilleure ambassadrice que cette SM, avec son dessin futuriste et son moteur Maserati ?

 

⚙️ Une mécanique adaptée au protocole

Sous le capot, pas de moteur spécialement développé pour l'Élysée. La SM Présidentielle conserve le V6 Maserati de 2,7 litres développant 170 ch à 5 500 tr/min. Mais la transformation de la voiture impose de revoir certains éléments mécaniques.

Avec près de 1 780 kg sur la balance, soit plus de 300 kg supplémentaires par rapport à une SM de série, la voiture n'a évidemment plus les mêmes besoins qu'un coupé de grand tourisme. Les suspensions, les pneumatiques et le freinage à quatre disques sont adaptés à cette masse supplémentaire.

La boîte de vitesses à cinq rapports reçoit surtout des rapports spécifiques permettant à la voiture de circuler durablement à très faible vitesse. Car une voiture présidentielle ne passe pas sa vie sur autoroute : elle doit pouvoir avancer à l'allure d'un cortège sans transformer son moteur en bouilloire. Le système de refroidissement est lui aussi adapté à cet usage particulier.

La transformation touche jusque dans les détails l'habitacle. Les sièges avant sont déplacés vers l'extérieur afin de libérer une place pour un strapontin destiné à un interprète assis à contresens. Cette modification entraîne un déplacement du volant de six centimètres vers la gauche et une nouvelle implantation du frein à main. Rien n'est laissé au hasard : cette SM est une automobile conçue autour du protocole.

 

 

👑 La SM entre dans l'histoire

Les deux voitures portent les immatriculations 2 PR 75 et 3 PR 75. Le « PR » signifie naturellement « Présidence de la République », tandis que le 75 rappelle leur rattachement à Paris. Elles succèdent ainsi dans la numérotation à la DS présidentielle de Charles de Gaulle, immatriculée 1 PR 75.

Leur première grande apparition intervient en mai 1972 lors de la visite officielle en France de la reine Élisabeth II. La SM Présidentielle est alors parfaitement dans son élément : longue, basse, découvrable et suffisamment spectaculaire pour permettre au président et à son invitée de saluer la foule.

La scène résume finalement assez bien l'ambition de Pompidou. La République française ne veut plus seulement disposer d'une automobile officielle ; elle veut afficher son modernisme. Et quelle meilleure ambassadrice que cette SM, avec son dessin futuriste et son moteur Maserati ?

 

⚙️ Une mécanique adaptée au protocole

Sous le capot, pas de moteur spécialement développé pour l'Élysée. La SM Présidentielle conserve le V6 Maserati de 2,7 litres développant 170 ch à 5 500 tr/min. Mais la transformation de la voiture impose de revoir certains éléments mécaniques.

Avec près de 1 780 kg sur la balance, soit plus de 300 kg supplémentaires par rapport à une SM de série, la voiture n'a évidemment plus les mêmes besoins qu'un coupé de grand tourisme. Les suspensions, les pneumatiques et le freinage à quatre disques sont adaptés à cette masse supplémentaire.

La boîte de vitesses à cinq rapports reçoit surtout des rapports spécifiques permettant à la voiture de circuler durablement à très faible vitesse. Car une voiture présidentielle ne passe pas sa vie sur autoroute : elle doit pouvoir avancer à l'allure d'un cortège sans transformer son moteur en bouilloire. Le système de refroidissement est lui aussi adapté à cet usage particulier.

La transformation touche jusque dans les détails l'habitacle. Les sièges avant sont déplacés vers l'extérieur afin de libérer une place pour un strapontin destiné à un interprète. Cette modification entraîne un déplacement du volant de six centimètres vers la gauche et une nouvelle implantation du frein à main. Rien n'est laissé au hasard : cette SM est une automobile conçue autour du protocole.

 

⭐ La SM au sommet

La SM Présidentielle est finalement beaucoup plus qu'une curiosité automobile. Elle constitue l'aboutissement d'une époque où les constructeurs français savent encore concevoir des automobiles capables de rivaliser avec les meilleures productions étrangères tout en proposant une personnalité totalement différente.

La SM de série était déjà une voiture hors normes. Chapron en fait une limousine de cérémonie de 5,60 mètres sans lui retirer son identité. Le défi était considérable et le résultat demeure étonnamment cohérent.

Avec ses quatre portes, sa capote immense, son cuir naturel, son V6 Maserati et sa silhouette interminable, la SM Présidentielle possède quelque chose que les voitures officielles modernes ont largement perdu : une véritable personnalité.

Elle est surtout la dernière grande réalisation automobile de la République française conçue par un carrossier indépendant. Après elle, l'automobile présidentielle entrera progressivement dans une logique plus industrielle. La 607 Palatine utilisée par Nicolas Sarkozy lors de son investiture était un prêt de Peugeot et n'appartenait pas à l'Etat, tout comme la DS7 Présidentielle d'Emmanuel Macron. 

 

🏛️ Près de trente ans au service de la République

Les deux SM Présidentielles vont finalement connaître une longévité exceptionnelle. Construites en 1972 pour Georges Pompidou, elles resteront utilisées par l'Élysée pendant plusieurs décennies, jusqu'en 2007, accompagnant les présidents et de nombreuses cérémonies officielles et en premier lieu lors de la visite de la reine Élisabeth II. La SM accompagne notamment François Mitterrand lors de son investiture en 1981. Plus tard, Jacques Chirac l'utilise encore lors des cérémonies liées à l'Entente cordiale avec la reine Élisabeth II. La boucle est alors joliment bouclée : la souveraine qui avait inauguré les SM Présidentielles retrouve l'une d'elles plus de trente ans après.

La 2 PR 75 est restée dans les collections de l'État et demeure conservée dans le garage de l'Élysée. La 3 PR 75, celle présentée ici, appartient elle aussi toujours à la Présidence de la République. Elle a notamment rejoint les collections du Conservatoire Citroën avant de continuer à être régulièrement présentée au public lors d'expositions et de manifestations consacrées au patrimoine automobile français.

La 3 PR 75 n'est donc pas devenue une voiture de collection comme les autres. Après avoir transporté les Présidents de la République et leurs hôtes pendant des décennies, elle conserve aujourd'hui son statut de voiture d'État. Elle est simplement passée du service actif au rôle de témoin historique, tout en ressortant encore occasionnellement pour rappeler ce qu'elle fut.

La SM Présidentielle reste ainsi l'une des dernières grandes créations de la carrosserie française au service de la République. Une automobile démesurée, unique en son genre, mais suffisamment élégante pour ne jamais sembler excessive. Avec elle, Citroën et Chapron avaient réussi un dernier tour de force : transformer une voiture de grand tourisme en véritable carrosse présidentiel.

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Une balade dans le monde de l'automobile de collection et des voitures d'exception au gré du hasard et des rencontres. Un peu d'histoire, un peu de technique et des voitures ! Plus de 2000 voitures et 12 000 photos.
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