Alfa Romeo 75 1.8 (1985-1987)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Alfa Romeo 75
La dernière architecture, le dernier caractère
Présentée en 1985 pour célébrer les 75 ans d’Alfa Romeo, la 75 arrive dans un moment charnière. La marque est exsangue, et son rachat par Fiat est imminent.
Ce modèle est donc double :
- aboutissement technique d’une lignée commencée avec l’Alfetta
- chant du cygne d’une certaine idée de la propulsion à l’italienne.
Après elle, tout change. Plateformes, philosophie, compromis industriels.
L’Alfa 75 reprend l’architecture transaxle des Alfetta et Giulietta, mais la pousse à maturité :
- moteur longitudinal avant (incliné vers l'arrière et de côté !)
- boîte et embrayage à l’arrière
- pont De Dion
- freins arrière “inboard” (montés près du différentiel)
👉 Sur le papier, c’est complexe.
👉 Sur la route, c’est remarquablement équilibré.
La voiture pivote bien, accepte d’être placée à l’accélérateur, et garde une neutralité rare pour une berline de cette époque.
La gamme est large, mais tout ne se vaut pas :
✔️ Les Twin Cam (1.6 / 1.8 / 2.0) (phase 1)
- double arbre à cames en tête
- moteurs alertes, techniques, au tempérament typiquement italien
- bon compromis usage/plaisir, en particulier le 1.8 (notre modèle)
Le 1800 offre le meilleur compromis entre plaisir, prix et performances. Grâce à ses deux carburateurs, il développe 120 ch haut perchés qui donnent de l'allant à la voiture et lui permet de tenir une très bonne cadence sur autoroute. A bas régime, il est souple et rond, un peu creux dans les reprises.
✔️ Les Twin Spark (1.8 / 2.0) (à partir de la phase 2)
- double arbre
- double allumage
- injection électronique
- moteurs plus vifs, plus disponibles à bas régime.
✔️ Les V6 Busso (2.5 / 3.0)
Conçus par Giuseppe Busso
- sonorité unique, presque musicale
- couple généreux
- caractère brut
👉 C’est ici que la 75 devient autre chose qu’une bonne berline : elle devient une voiture de passionné.
✔️ Les Turbo (1.8) (75 Turbo)
- plus pointus
- parfois capricieux
- typiques des années 80
✔️ Les Diesel-Turbo
Dans la gamme de l’Alfa Romeo 75, Alfa Romeo propose aussi des versions Turbo Diesel :
- 2.0 TD (origine VM Motori)
- 2.4 TD (plus diffusé, notamment en phase 2)
👉 Objectif clair : répondre à la demande croissante pour des berlines économiques, notamment sur certains marchés européens. Une approche parfaitement pragmatique, pour une association mécanique presque contre nature. Pour autant le 2.4 T.D. offre une souplesse qui, contre toute attente, convient bien au châssis;
Ce n’est pas une voiture moderne. Et c’est tant mieux.
- direction lourde à basse vitesse
- commande de boite lente et rugueuse
- embrayage dur, pédale de frein sensible
- train arrière mobile si on le force
- motricité correcte mais exigeante voire délicate sous la pluie
👉 En clair :
Conduite proprement, elle est brillante
Prise de haut, elle rappelle à l’ordre
L’intérieur est typique Alfa :
- instrumentation orientée conducteur
- commandes de vitres… au plafond, à côté du rétro. Original, mais pas désagréable à l'usage.
- plastiques fragiles
👉 Ergonomiquement discutable.
👉 Mais avec une vraie personnalité.
Soyons francs :
- ce n’est pas une voiture fiable au sens moderne
- elle demande de l’entretien, de la vigilance, du respect
- la corrosion peut ruiner un exemplaire
Mais…
👉 en échange, c'est une auto authentique, mécanique, sincère
👉 une voiture qui ne triche pas
En 1988, l’Alfa Romeo 75 reçoit une phase 2.
Évolutions discrètes : présentation revue (calandre, couleur des boucliers, aileron sur le coffre), équipements modernisés, gamme rationalisée.
Rien de révolutionnaire — et c’est bien le sujet.
👉 Sous la surface, la 75 ne change pas.
Elle reste fidèle à son architecture transaxle, à son équilibre, à sa logique propre.
Mais autour d’elle, le monde a déjà basculé.
En 1992, la remplaçante arrive. Et là, le changement est frontal.
- moteur transversal
- traction (ou transmission intégrale selon versions)
- plateforme issue du groupe Fiat
👉 On passe d’une propulsion à boîte-pont arrière à une architecture classique à train avant moteur.
C’est plus rationnel. Plus industriel. Plus rentable. Mais ce n’est plus la même philosophie, c'est une rupture.
L’Alfa Romeo 75 n’est pas là pour séduire tout le monde.
Elle est là pour ceux qui veulent comprendre ce qu’était Alfa avant la rationalisation : une marque capable de faire passer le plaisir de conduite avant tout le reste.
La 75 n’est pas parfaite. Mais elle est cohérente. Et c’est ce qui fait tout son charme.
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne
🔹 Bloc : fonte
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : longitudinal avant
🔹 Puissance fiscale : 9 CV
🔹 Cylindrée : 1 779 cm³
🔹 Alésage x course : 84 x 80 mm
🔹 Taux de compression : 9,0:1
🔹 Vilebrequin : 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 120 ch à 5 500 tr/min
🔹 Couple maximal : 165 Nm à 3 500 tr/min
🔹 Distribution : double arbre à cames en tête (DOHC)
🔹 Nombre de soupapes : 8
🔹 Alimentation : 2 carburateurs double corps
🔹 Type de transmission : propulsion (architecture transaxle)
🔹 Boîte de vitesses : manuelle 5 rapports
🔹 Direction : à crémaillère, non assistée
🔹 Diamètre de braquage : ~10,5 m
🔹 Châssis : coque autoporteuse
🔹 Suspension avant : triangles superposés, barres de torsion, barre antiroulis
🔹 Suspension arrière : pont De Dion, parallélogramme de Watt, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis
🔹 Longueur : 4 330 mm
🔹 Largeur : 1 660 mm
🔹 Hauteur : 1 400 mm
🔹 Empattement : 2 510 mm
🔹 Voie avant : 1 380 mm
🔹 Voie arrière : 1 360 mm
🔹 Garde au sol : ~140 mm
🔹 Pneus avant : 185/70 R14
🔹 Pneus arrière : 185/70 R14
🔹 Freins avant : disques ventilés
🔹 Freins arrière : disques (inboard)
🔹 Vitesse maximale : ~185 km/h
🔹 0 à 100 km/h : ~10,5 s
🔹 400 m D.A. : ~17,5 s
🔹 1000 m D.A. : ~32,5 s
🔹 Capacité du réservoir : 49 l
🔹 Consommation à 90 km/h : ~7,5 l/100 km
🔹 Consommation à 120 km/h : ~9 l/100 km
🔹 Consommation en cycle urbain : ~11 l/100 km
🔹 Volume du coffre : ~500 litres
🔹 Cx : 0,33
🔹 Poids à vide : ~1 080 kg