Ford Sierra RS Cosworth (1986-1989)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
Ford Sierra RS Cosworth (1986)
Au milieu des années 1980, la Ford Motor Company veut revenir au premier plan en compétition tourisme. Le règlement du Groupe A impose une règle simple : pour courir, il faut produire en série. La réponse va être aussi radicale qu’efficace.
En 1983, Ford s’associe à Cosworth pour créer une version haute performance de la Sierra. L’objectif n’est pas de faire une berline rapide de plus, mais bien une machine d’homologation capable de dominer les circuits européens.
Présentée en 1985 et commercialisée en 1986, la Ford Sierra RS Cosworth tranche immédiatement avec la production courante. Aileron spectaculaire, carrosserie spécifique, moteur turbo musclé : le message est clair.
Sous ses airs de Sierra bodybuildée, la RS Cosworth reçoit un traitement en profondeur.
Le cœur du projet est le moteur YB, dérivé du bloc Pinto version 2.0 litres mais coiffé d’une culasse 16 soupapes Cosworth. Alimenté par un turbo Garrett, le quatre cylindres développe 204 ch, une valeur très élevée pour l’époque sur une propulsion familiale.
La transformation ne s’arrête pas là : les suspensions sont raffermies et les voies élargies, le freinage bien évidemment renforcé.
L'aérodynamique entièrement revue aboutit à ce fameux aileron “whale tail”, loin d’être décoratif, étudié en soufflerie pour stabiliser la voiture à haute vitesse — une nécessité pour la compétition.
Résultat : une auto pointue, exigeante, clairement plus proche de la voiture de course que de la paisible Sierra de monsieur Tout-le-monde.
Dès son engagement en Groupe A, la Sierra Cosworth devient une référence. Engagée par des équipes comme Ford Team RS ou Eggenberger Motorsport, elle accumule les succès en championnat britannique, en DTM et dans de nombreuses séries tourisme européennes.
Son rapport poids/puissance, sa motricité et son potentiel d’évolution en font une arme redoutée. Entre les mains de pilotes comme Klaus Ludwig, elle s’impose régulièrement face aux BMW et Mercedes de l’époque.
La Sierra Cosworth va rapidement acquérir une réputation… musclée, sur piste comme sur route.
La 3 portes de 1986 constitue la version la plus radicale (notre modèle), mais la famille va évoluer. La 3 portes ne sera plus produite à partir de la saison suivante, remplacée par la Sierra RS Cosworth berline (Sapphire), plus discrète mais toujours propulsion.
En 1990 apparaît la Sierra RS Cosworth 4x4 avec transmission intégrale pour améliorer la motricité. La transmission intégrale permanente transforme le comportement de l’auto, désormais plus efficace sur route ouverte et nettement plus exploitable par temps difficile.
Moins brutale que la 3 portes originelle, la 4x4 gagne en rigueur et en polyvalence. Elle marque aussi la transition vers une philosophie plus moderne : moins homologation pure, davantage grande routière très rapide.
Parallèlement, Ford met aussi en place la RS500 (1987), une série d’homologation encore plus extrême (500 exemplaires)
Avec ces déclinaisons, Ford affine la recette : la 3 portes reste la plus brute, les suivantes gagnent en efficacité et en polyvalence.
Aujourd’hui, la Sierra RS Cosworth 3 portes est devenue une véritable icône des années 1980.
Longtemps voiture de jeunes loups amateurs de sensations fortes — parfois malmenée — elle est désormais recherchée par les collectionneurs. Les exemplaires d’origine, non modifiés, deviennent rares et fortement valorisés.
Elle incarne parfaitement une époque où les constructeurs n’hésitaient pas à transformer une familiale en machine de guerre pour satisfaire les exigences de l’homologation en compétition.
Une autre époque. Et, disons-le franchement… une autre philosophie.
FICHE TECHNIQUE :
🔹 Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
🔹 Bloc : Fonte
🔹 Culasse : aluminium
🔹 Emplacement : longitudinal, avant
🔹 Puissance fiscale : 9 CV
🔹 Cylindrée : 1 993 cm³
🔹 Alésage x course : 90,8 mm x 76,95 mm
🔹 Taux de compression : 8,0:1
🔹 Vilebrequin : 5 paliers
🔹 Puissance maximale : 204 ch à 6 000 tr/min
🔹 Couple maximal : 28,1 mkg à 4 500 tr/min
🔹 Distribution : double arbre à cames en tête, courroie crantée
🔹 Nombre de soupapes : 16
🔹 Alimentation : Injection électronique Weber-Marelli
🔹 Suralimentation : Turbo Garrett T3 avec intercooler
🔹 Type de transmission : Propulsion
🔹 Boîte de vitesses : Manuelle 5 rapports (Borg-Warner T5 sur certaines séries)
🔹 Direction : À crémaillère assistée
🔹 Diamètre de braquage : 10,7 m
🔹 Châssis : Coque autoporteuse en acier
🔹 Suspension avant : McPherson, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis
🔹 Suspension arrière : Bras semi-tirés indépendants, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis
🔹 Longueur : 4 460 mm
🔹 Largeur : 1 720 mm
🔹 Hauteur : 1 370 mm
🔹 Empattement : 2 610 mm
🔹 Voie avant : 1 467 mm
🔹 Voie arrière : 1 480 mm
🔹 Garde au sol : ~130 mm
🔹 Pneus avant : 205/50 VR15
🔹 Pneus arrière : 205/50 VR15
🔹 Freins avant : Disques ventilés (283 mm)
🔹 Freins arrière : Disques pleins (273 mm)
🔹 Vitesse maximale : 240 km/h
🔹 0 à 100 km/h : 6,5 s
🔹 400 m D.A. : ~14,8 s
🔹 1000 m D.A. : ~27,0 s
🔹 Capacité du réservoir : 60 l
🔹 Consommation à 90 km/h : ~7,5 l/100 km
🔹 Consommation à 120 km/h : ~9,0 l/100 km
🔹 Consommation en cycle urbain : ~12–13 l/100 km
🔹 Volume du coffre : 390 litres
🔹 Cx : 0,34
🔹 Poids à vide : 1 210 kg