De Dion-Bouton EJ4 (1913-1915)
(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2017)
De Dion-Bouton EJ4
Au début des années 1910, De Dion-Bouton est déjà un pilier de l’industrie automobile française. L’entreprise a dépassé le stade de l’expérimentation pour s’imposer comme un constructeur capable de produire des voitures fiables, rigoureusement conçues et adaptées à un usage quotidien.
La série EJ, et en particulier la EJ4 qui succède à la DW4, illustre ce moment où l’automobile cesse d’être un objet de curiosité pour devenir un véritable outil de mobilité. Les routes restent imprévisibles, la clientèle recherche avant tout constance et fiabilité, et De Dion-Bouton répond à cette attente avec méthode.
La EJ4 traduit cette maturité par des choix techniques précis et efficaces. Cependant, il y a quelques innovations qui feront date.
Pour la première fois, moteur, boîte et embrayage sont accolés, e ce qui améliore la compacité du véhicule et garantit une cohérence optimale entre moteur et transmission. L'entretien est plus commode et l'ensemble plus solide.
Mieux, la boîte à quatre rapports permet de tirer pleinement parti du couple, d’aborder les reliefs et les chaussées dégradées avec souplesse, tout en ménageant la mécanique. La conduite devient ainsi plus fluide, plus prévisible et moins exigeante pour son conducteur.
L’innovation se fait ici discrète mais essentielle : fiabilité, cohérence et efficacité au service de l’usage réel.
Le moteur, quant à lui, est très classique avec un 4-cylindres à (très) longue course (56 x 120 mm). Ce petit moteur de 1182 cm3 offre des solutions mécaniques éprouvées, résistantes. Il développe autour de 12 ch mais consomme moins que ses concurrentes (8,5 litres aux cent kilomètres).
Le châssis est en acier embouti, sur lequel sont placés les éléments. L'EJ4 peut ainsi recevoir différentes carrosseries réalisées par des artisans locaux. On la trouve en coupé, torpedo ou double phaeton.
La carrière de la EJ4 reste discrète mais solide. Elle ne se distingue pas par des exploits sportifs, mais par sa présence régulière sur les routes, répondant aux besoins d’une clientèle bourgeoise et mobile.
Comme beaucoup de modèles de son époque, sa production est interrompue par la Première Guerre mondiale, qui réoriente l’industrie vers l’effort de guerre. Sa production s'interrompt début 1915 après 16 mois.
Après 1918, la EJ4 appartient à un monde d’avant-guerre, celui de l’automobile artisanale rationalisée, brillante par sa cohérence et sa fiabilité, mais bientôt dépassée par les nouvelles générations de véhicules répondant à un marché en pleine mutation. Elle ouvre pourtant la voie à de grands modèles emblématiques comme Citroën Type A ou les Peugeot Quadrillette ou Renault KJ.