Porsche 911-964 Carrera 4 (1989-1994)
(Caudebec-en-Caux, Seine-Maritime, juillet 2017)
En septembre 1988, au Mondial de l'Automobile de Paris, une nouveauté attire tous les regards sur le stand Porsche. Sous les yeux des amateurs et des puristes qui se préparent à célébrer le 25ème anniversaire du modèle, la nouvelle Porsche 911 laisse perplexe. La ligne a été préservée, les yeux de grenouille aussi, autant que les 5 cadrans ronds au tableau de bord. Elle semble un peu plus longue, un peu plus lisse, plus épurée, plus aérodynamique, mais est-elle si différente de la précédente, la 911 Carrera 3.2 ? Le président Porsche de l’époque (Heinz Branitzki) déclare sur la 964 “Avec ce modèle, nous avons la 911 des vingt-cinq prochaines années, le concept qui va permettre à notre voiture favorite d’atteindre son cinquantième anniversaire !”
A ce stade, Porsche a besoin d'un nouveau souffle car la 928 qui devait marquer le renouveau de la marque a été mal accueillie en dépit de ses qualités exceptionnelles et ses ventes ne sont pas au niveau attendu. La 944 s’essouffle et sera bientôt remplacée par la 968. La 924 est déjà oubliée. Il ne reste plus que la 911 qui avait déjà failli disparaître dix ans plus tôt et n'a été sauvée qu'avec le succès de la 911 SC. Alors il faut relancer la 911 puisque c'est celle qui marche et qui fait la réputation de la marque. Il faut l'améliorer sans la trahir.
En réalité, la nouvelle 911, type 964, est nouvelle à 85 %. Et pas seulement la carrosserie. La mécanique a beaucoup évolué, et c'est là que le puristes se font entendre. Car Porsche a voulu améliorer son modèle phare à tel point que les critiques vont bon train. Et justement, c'est sur le train avant que le principal reproche est adressé. Surfant sur le succès de la 959, la 911 étrenne une nouvelle transmission intégrale à viscocoupleur avec une répartition de la puissance à 69 % sur l'arrière et 31 % sur l'avant. Et la 911 a pris non seulement du poids (presque 230 kg tout de même), mais elle perd l'esprit "moteur dans le sac à dos", qui plus est avec l'ABS et la direction assistée ! Et en plus l'ABS ne permet plus d'utiliser les jantes Fuchs ! Un comble ! Elle serait trop facile à conduire ! Et plus Porsche a nettement amélioré le comportement avec l’introduction de combinés ressorts-amortisseurs en lieu et place des barres de torsion traditionnelles. Plus rien ne va, pensent-ils.
Et sous le capot (arrière, donc), Porsche a nettement fait progresser son célèbre Flat 6. Sa puissance a été portée à 250 ch en augmentant la cylindrée à 3,6 litres et avec une nouvelle injection électronique. Heureusement, il est toujours refroidi par air. Mais est-ce suffisant pour compenser la prise de poids ? L'augmentation du couple qui en découle pourrait le laisser penser. Le 0 à 100 km/h s'effectue en 5,7 secondes et la vitesse de pointe avoisine les 260 km/h, soit un peu mieux que la Carrera 3.2.
D'autres innovations passent pour des gadgets. Le double allumage électronique, l'essuie-glace arrière, Airbag, direction assistée dégressive, autant de poids inutile. Même l'aileron arrière mobile qui se déploie automatiquement à 80 km/h ne parvient pas à décrocher des sourires.
Mais heureusement, la voiture s'appelle "Carrera 4" ce qui laisserait sous-entendre qu'il pourrait y avoir une Carrera 2 ? Porsche n'y avait pas réellement pensé, songeant que la Carrera 4 allait établir un nouveau standard. Mais face à la demande forte des puristes, la Carrera 2 est introduite au même moment que les version Targa et cabriolet, en 1990. On verra aussi des Turbo, des Turbo Look, des Carrera RS ou même RSR, et même une bizarroïde Turbo RS.
Finalement, les esprits vont se calmer grâce à la Carrera 2 et aux versions Turbo qui n'intègrent pas la transmission intégrale. Et la 964 finit par s'insérer dans le cœur des puristes à tel point qu'à la sortie de la 911-993 les mêmes qui avaient critiqué la 964 finissent par la regretter. Et aujourd'hui entrée en collection, sa cote évolue considérablement avec une hausse de 40 % entre 2020 et 2025, la cote passant de 55 000 € à plus de 80 000 € en moyenne ces derniers mois ! Aujourd'hui, tout le monde est d'accord, la 964 est une vraie Porsche !
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Type du moteur : 6 cylindres à plat, essence, refroidi par air
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Bloc : Aluminium
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Culasse : Aluminium
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Emplacement : Arrière, en porte-à-faux
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Puissance fiscale : 17 CV
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Cylindrée : 3600 cm³
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Alésage x course : 100 x 76,4 mm
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Taux de compression : 11,3:1
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Vilebrequin : Acier forgé
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Puissance maximale : 250 ch à 6100 tr/min
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Couple maximal : 31 mkg (310 Nm) à 4800 tr/min
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Distribution : 2 arbres à cames en tête
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Nombre de soupapes : 2 par cylindre (12 au total)
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Alimentation : Injection électronique Bosch Motronic
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Type de transmission : Intégrale (AWD)
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Boîte de vitesses : Manuelle 5 rapports G50/03
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Direction : à crémaillère, assistée (hydraulique)
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Diamètre de braquage : 11,5 m
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Suspension avant : Jambes de force McPherson avec combinés ressorts-amortisseurs et barre stabilisatrice
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Suspension arrière : Bras oscillants avec combinés ressorts-amortisseurs et barre stabilisatrice
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Longueur : 425 cm
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Largeur : 165 cm
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Hauteur : 131 cm
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Empattement : 227 cm
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Voie avant : 138 cm
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Voie arrière : 138 cm
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Garde au sol : 12 cm
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Pneus avant : 205/55 ZR16
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Pneus arrière : 225/50 ZR16
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Freins avant : Disques ventilés avec étriers 4 pistons
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Freins arrière : Disques ventilés avec étriers 4 pistons
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Vitesse maximale : 260 km/h
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0 à 100 km/h : 5,7 s
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400 m départ arrêté : 14,2 s
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1000 m départ arrêté : 25,8 s
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Capacité du réservoir : 77 litres
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Consommation moyenne à 90 km/h : 8,5 l/100 km
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Consommation moyenne à 120 km/h : 10,5 l/100 km
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Consommation moyenne en cycle urbain : 15,0 l/100 km
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Volume du coffre : 100 litres
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Cx (coefficient de traînée) : 0,32
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Poids : 1450 kg