Fiat 508 Balilla Spider Sport (1933-1937)
(Sarlat-la-Canéda, Périgord, août 2017)
En 1933, l’Italie vrombit d’envies nouvelles. Les routes s’ouvrent, les moteurs chantent, et Fiat, géant populaire, entend bien ne pas rester à l’écart de la scène sportive. C’est dans ce climat qu’apparaît une silhouette racée : la Fiat 508 S Balilla Spider Sport, version effilée et fougueuse de la paisible berline 508 Balilla.
Elle n’a pas l’allure brute d’une voiture de course. Non, elle charme d’abord par sa grâce : une ligne fluide, une queue d’insecte délicatement profilée, une carrosserie biplace signée en partie par Ghia. Mais sous cette robe légère se cache une ambition : celle de bousculer les circuits… avec moins d’un litre de cylindrée.
Le moteur ? Un modeste 4 cylindres de 995 cm³. Et pourtant, en 1934, il passe à soupapes en tête et développe jusqu’à 36 chevaux, assez pour emmener les 685 kg de l’ensemble à 110 km/h. Ce qui, à l’époque, vous faisait déjà frémir les moustaches.
Mais la 508 Spider Sport ne se contente pas de cruiser dans les beaux quartiers. Elle s’engage — avec panache — sur les routes les plus mythiques d’Europe : Mille Miglia, Targa Florio, Ulster TT, voire même les 24 Heures du Mans. Elle n’a pas la puissance des grands bolides, mais sa légèreté, sa maniabilité et sa fiabilité en font une redoutable compétitrice dans sa catégorie. Pour les Mille Miglia, Fiat développera également un coupé spécifique nommé 508 CS.
Ce petit roadster deviendra ainsi le jouet favori d’une génération de pilotes amateurs. Il symbolise l’accès à la course, l’audace, le plaisir sans excès. Une philosophie bien italienne, quelque part entre style et instinct.
La production s’arrête en 1937, remplacée par la Fiat 508 C, plus moderne. Mais l’aura de la Spider Sport persiste. Aujourd’hui, chaque exemplaire survivant est une pièce rare, une capsule temporelle d’une époque où la course automobile se jouait aussi à coups d’élégance artisanale.
Et si l’on tend l’oreille, dans le silence d’un garage ou sur une route de campagne, on croirait presque entendre encore son petit moteur siffloter sa mélodie d’antan.