Sovra LM (1970-2000)
(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2017)
Michel Landois est ingénieur en technique aéronautique et automobile. Il débute sa carrière chez René Bonnet qui a conçu les fameuses DB HRB5, DB Le Mans, René-Bonnet Missile et toute la série des Djet. A ses côtés, Michel Landois est devenu un spécialiste des coques en polyester, des matières plastiques et des moulages. Alors que l'entreprise de René Bonnet et lentement et impitoyablement reprise par Matra, Michel Landois s'installe à Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) où il crée la SOciété de Vente et Réparation Automobile (SOVRA) en 1969.
Son idée est de pouvoir réparer les Djet de René-Bonnet, les Matra-Bonnet ou les Matra-Sports, mais cette seule activité n'est pas suffisante pour le faire vivre. Alors il met son savoir-faire au service d'une autre branche : la production de coques pour les auto-tamponneuses. La qualité de son travail vient aux oreilles de l'équipe de compétition Tecno qui lui demande de fournit les coques de ses monoplaces.
Parallèlement, depuis la moitié des années 1960, une mode venue des Etats-Unis fait la part belle au Buggy, en particulier ceux de Meyer Manx. Le film sorti en 1968, "L'affaire Thomas Crown" met en scène Steve McQueen dans une séquence où le véhicule saute des dunes, drifte sur la plage, roule dans l'eau pour séduire Faye Dunaway. La mode du buggy atteint alors l'Europe et Michel Landois reçoit des demandes de fabricants comme “Beach Buggy”, “Mini Bug”, “Sunhill” ou encore “Pacha Bug”. Rien que pour l'année 1970, il sortira 620 kits de carrosserie à installer. Face à cette afflux, Michel Landois se dit qu'il a un coup à jouer. De nouveaux locaux sont créés et l'entreprise se prépare à changer de taille.
Il récupère des châssis de Coccinelle, les désosse, les raccourcit de 40 cm et construit des arceaux de sécurité. Il installe des trains roulants de sa conception avec de grands débattements pour les besoins de l'engin et modifie le moteur pour le rendre plus performant et, évidemment installe la coque en fibre de verre. Le LM (initiales de Landois Michel) est né et présenté au Salon de l'Automobile de Paris en octobre 1970.
Le LM est léger, fiable, amusant à conduire. Sa conception et sa qualité le distinguent de ses concurrents. C'est là que Michel Landois prend un avantage sur ses concurrents en obtenant une homologation par l'UTAC. Il est disponible en deux longueurs de châssis. Cependant, il faut trouver une Cox à transformer et l'opération coûte 7500 F supplémentaires (environ 9600 € en 2024). Le kit seul coûte 1420 F (1820 €). Le client le choix entre le kit ou la modification complète. La mode du Buggy va permettre Michel Landois d'envisager l'avenir autrement.
En 1972, Sovra présente le LM2, un vision moderne du Buggy et en 1973, le LM3 est censé apporter une réponse à 4 places. Mais ce dernier, pourtant esthétiquement réussi, va rencontrer un problème de prix et ne sera produit qu'à 16 exemplaires, peut-être 23 si on compte les kits.
Finalement, à la fin des années 70, seul le LM a survécu mais le buggy n'est plus à la mode. Landois fait désormais des modifications en cabriolet de Renault 5 (LM4) ou de Peugeot 104 (LM5) en découvrable, avec peu de succès. Fort heureusement, l'activité de coques en fibre de verre permet à l'entreprise de survivre. L'entreprise est alors reprise par l'expert comptable de Sovra au milieu des années 90. Il tentera de fournir des voitures neuves à partir de Coccinelle produites au Mexique. Et malgré de nombreuses améliorations concernant le comportement et la qualité, la chance ne tourne pas. Sovra est mise en liquidation en 2000. La fabrication est cédée à Auch Automobile en 2000 qui y mettra un terme en 2003 après quelques rares exemplaires produits.