Grégoire Type 70-2 Runabout (1907)
(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2017)
L'histoire commence grâce à Louis Soncin, mécanicien pionnier qui fabrique des moteurs pour des voiturettes. C'est lui fournit le 21 septembre 1899 le moteur de la voiture d'Henri Béconnais pour établir à Achères (Yvelines) le record du monde du kilomètre en 48 secondes, soit 75 km/h de moyenne. Aucun véhicule n'est jamais allé aussi vite en cette fin du XIXè siècle.
Peu de temps avant, il a croisé Pierre-Joseph Grégoire, jeune ingénieur diplôme de l'Ecole Centrale de Paris. Ils créent ensemble la société Soncin-Grégoire et Compagnie. Ensemble, ils vont participer à des courses et des records qui sont les meilleurs outils publicitaires de l'époque. Ils rééditeront le record du kilomètre à Nice le 30 mars 1900 en portant la valeur à 92 km/h. Mais l'association ne dure pas et Soncin cède ses droits à Grégoire en octobre 1902. La société s'appelle alors Grégoire et Compagnie.
Très vite, des brevets sont déposés et l'entreprise prospère. En novembre, le brevet d'un système de changement de vitesse est déposé. Mais l'entreprise ne se limite pas à l'automobile. Elle fabrique également des moteurs pour l'aviation et participe au Salon de l'Aéronautique. L'entreprise mènera ces deux activités de front et face à la hausse d'activité, devra déménager dans de nouvelles usines à Poissy en 1906.
En attendant, et toujours pour faire la promotion de la marque, les Grégoire participent à de nombreuses courses et organisent également les "Fêtes Grégoire" qui ont pour but de créer une amicale autour de l'usine. Cette amicale existera encore un siècle plus tard pour fêter les 100 ans du record des 100 km/h.
Pour 1907, plusieurs voitures sont proposées avec des moteurs qui sont désormais tous monobloc (et non plus avec des parties accolées). Les cylindrées sont de 1100 cm3 pour le plus petit bicylindre (notre modèle) jusqu'à 3 litres pour le plus gros quatre-cylindres. Notre modèle a été carrossé par ALAIN et LIOTARD et dispose d'une boite à 3 rapports.
Peu à peu l'entreprise prend de l'ampleur jusqu'à compter 1500 ouvriers et employés. En 1912, Grégoire présente les voiturettes Dumont & Bellanger. Mais Robert Bellanger quitte la société et Grégoire fonde la société des Automobiles Bellanger Frères.
En 1913, l'entreprise est le quinzième constructeur français et réalise 75 000 000 de Francs de chiffre d'affaire ! Mais la guerre intervient alors que la marque propose 5 modèles de voitures et de nombreux moteurs pour l'aviation. Elle se concentre alors dans le cadre de l'effort de guerre dans la fabrication de matériel militaire tout en continuant la production de deux modèles lorsque c'est possible.
Après la guerre, les Automobiles Grégoire reprennent la production d'anciens modèles et, faute de finances, sans innovation. La gestion financière est confiée à Jacques Hinstin et après avoir modernisé le modèle 15 HP en production, l'avoir décliné en six versions, la situation ne s'arrange pas. En 1924, Hinstin vend les usines de Poissy et l'entreprise met la clef sous la porte. L'année suivante, c'est Bellanger qui est cédée à Peugeot qui la revendra à Rosengart.
Les Automobiles Grégoire n'ont rien à voir avec les Hotchkiss-Grégoire qui ont été conçues par l'ingénieur Jean-Albert Grégoire après la Seconde Guerre Mondiale.
Le modèle présenté dispose d'un moteur 4-cylindres de 7,5 litres à soupapes latérales d'environ 40 ch.