27 juin 2018

Skoda Popular 1100 (1938-1940)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

Depuis la Skoda 422 qui a initié la marque Skoda dans le monde de l'automobile, la gamme s'est peu à peu complétée jusqu'a contenir quatre modèles (Popular, Superb, Favorit, Rapid). En 1936, la Popular succède à la 418/420/421 Popular et occupe la place de l'entrée de gamme.

Forte du succès de la 420 au Rallye de Monte-Carlo en 1935, la Popular acquiert de la notoriété au-delà de simples frontières slovaques. Son petit moteur de 995 cm3 à soupapes en tête lui procure 27 ch. Le châssis en U lui donne une bonne rigidité et l'équilibre des masses se fait au moyen d'une boite-pont sur l'essieu arrière. Un tunnel permet de passer un arbre du moteur à la boite. C'est déjà un système Transaxle. Elle atteint alors 100 km/h, ce qui est une belle valeur à l'aube de la seconde guerre mondiale.

En 1938, la Popular 1100 entre en scène. Le moteur 1089 cm3 atteint alors 30 ch. Elle est proposée en berline deux portes, découvrable ou cabriolet, mais aussi en des versions utilitaires ou pick-up.

En 1939, la Popular est remplacée par la Popular 995 qui ne dispose plus que de 22 ch. En 1940, la production d'automobile cesse pour participer à l'effort de guerre. L'usine de Mlada Boleslav est bombardée en 1945 et la production reprend en 1946 avec la Skoda 1101 Tudor, qui n'est qu'une simple toilette esthétique de la Popular. Ensuite aux mains de l'URSS, Skoda devient une marque aux modèles vieillissant peu à peu jusqu'à la totalement obsolète 130 L. Ce n'est qu'avec le rachat par le groupe VAG en 1991 que Skoda revient dans le concert des constructeurs mondiaux avec le succès qu'on lui connaît actuellement.


25 juin 2018

MG Magnette Mk IV (1961-1968)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

A la fin des années 50, BMC demande à Pinin Farina de revoir toute la gamme des berlines de petite et de moyenne gamme. Il en résulte une série de voitures qui sortent peu à peu à commencer par l'Austin A40 dans la première gamme. Dans la seconde, cinq modèles sortent peu à peu des chaînes de montage de Cowley entre décembre 1958 et avril 1959. Respectivement les Wolseley 15/60, Austin A55 Cambridge Mark II, MG Magnette Mark III, Morris Oxford Serie V et Riley 4/68 offrent des variantes du même modèle. C'est d'ailleurs ce qui est reproché à la BMC, c'est de fabriquer des clones et de ne pas respecter l'image de MG car la Magnette Mk III qui succède à la Magnette ZB n'est ni la plus puissante ni la plus rapide de la gamme, alors que MG est censée incarner la branche sportive. On peut aussi noter l'air de famille avec la future 404.

En l'occurence, la MG Magnette Mk III a récupéré le moteur de sa devancière et propose 65 ch soit autant que la Riley. Si on ajoute que la voiture n'est même pas produite à Abingdon, siège historique de MG, qu'en outre elle est moins large et d'un empattement plus court que la Magnette ZB, elle n'a pas beaucoup d'atouts à proposer à la clientèle. Fort heureusement, c'est elle qui dispose de l'équipement le plus soigné.

Face à de telles critiques, MG revoit sa copie en 1961. La firme d'Abingdon est chargée de personnaliser la voiture pour la rendre plus attractive. Et en premier lieu, on lui attribue l'ensemble moteur boite de la MG A 1600 Mk II, quoique légèrement dégonflé. Les 68 ch permettent d'atteindre 140 km/h, puissance qui passe à 72 ch en 1966. Pour satisfaire aux critiques, l'empattement est rallongé et les voies élargies, la hauteur de suspension rabaissée, une barre stabilisatrice est installée à l'arrière. Autre nouveauté, une boite automatique est disponible en option (notre modèle).

En revanche, et c'est sans doute l'erreur de MG, l'aspect extérieur reste presque identique. Hormis le fait que la peinture deux tons habille toute la partie haute de la caisse, capot avant compris et qu'un jonc chromé court le long de la ligne de séparation des couleurs du phare avant jusqu' à l'arrière, il y a très peu de différences avec la précédente. A peine peut-on voir que les ailes arrière sont un peu moins saillantes.

Et finalement, la MG Magnette Mk IV n'a guère plus de succès que la précédente Mk III. Résultat, sa production est arrêtée en 1968 après des chiffres de ventes extrêmement faibles. Si la MK III avait été vendue à environ 16 700 exemplaires en deux ans, la Mk IV n'aurait été vendue qu'à 14 320 unités de 1967 à 1968 ! D'autres chiffres sont encore plus pessimistes avec 13 728 voitures vendues. A tel point d'ailleur, qu'elle est la dernière berline produite par MG.

Pour en savoir plus : Malachite-Gold

Fiche technique :

Type du moteur : 4 cylindre en ligne, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : NC
Cylindrée : 1622 cm3
Alésage x course : 76,2 x 88,9 mm
Taux de compression : 8,3:1
Puissance maximale : 68 ch à 5000 tr/min (72 ch après 1966)
Couple maximal : NC mkg à NC tr/min
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : deux carburateurs S.U.
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 4 rapports ou automatique à trois rapports
Suspension av : roues indépendantes, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : essieu rigide, barre stabilisatrice, ressorts à lames semi-elliptiques
Longueur : 443,2 cm
Largeur : 160 cm
Hauteur : 147,3 cm
Empattement : 254,6 cm
Voie av : 128,6 cm
Voie ar : 130,5 cm
Pneus av : 14 x 5.60
Pneus ar : 14 x 5.60
Freins av : tambours
Freins ar : tambours
Vitesse maximale : 142 km/h
Poids : 1100 kg (estimation)

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21 juin 2018

Ford 48 (1935-1946)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

Alors que Ford vient de fabriquer la 20 millionième voiture de son histoire, une Ford A, l'année 1931 montre que ce modèle donne des signes d'essoufflement. Les ventes ne sont plus que le tiers de ce qu'elles étaient trois ans plus tôt, même s'il s'est encore vendu 500 000 Ford A cette année.

Mais la concurrence est féroce et Chevrolet, l'éternel rival, vient de démarrer la production d'une voiture à moteur 6 cylindres en ligne, culbuté. Henry Ford prend une décision alors totalement insensée et déclare qu'il arrête la production de 25 de ses 36 usines américaines pour réfléchir à un nouveau projet. Pendant ce temps là, l'usine de Cologne a été inaugurée l'année précédente.

Depuis 1928, Ford a lancé un projet de moteur V8. Jusque-là, ils sont réservés aux Lincoln, voitures de prestiges plutôt chères. Ford réunit trois de ses meilleurs ingénieurs, dans son laboratoire qui copie celui de son ami Thomas Edison. Il déclare que la réunion est extrêmement secrète, mais qu'il n'y aura plus de 4-cylindres chez Ford et qu'il va damer le pion à Chevrolet en passant au V8.

Mais la fabrication d'un V8 est complexe car elle implique de couler trois pièces de fonderie et de les assembler ensuite. Le coût est très important, ce qui explique que ce type de moteur est alors réservé aux véhicules de prestige. Mais Ford veut trouver un système pour couler le bloc d'une seule pièce. Charles Sorensen, chef des méthodes, assisté du métallurgiste C. Harold Wills parviennent à developper le procédé dans un temps record.

La décision de lancer la Ford V8 est prise le 7 décembre 1931 et la première Ford A équipée d'un moteur V8, type 18, tombe des chaînes le 9 mars 1932. Le 2 avril 1932, jour de la présentation officielle, cinq millions de visiteurs se déplacent en concession ce qui vaut 175 000 bons de commande enregistrés. Il n'y a pas moins de 14 carrosseries disponibles, sans compter les différents niveaux de finition. La voiture connaît quelques petits problèmes de refroidissement, ce qui lui vaudra l'augmentation du nombre de fentes dans la calandre, puis des deux pompes à eau. Le V8 de 3.6 litres (221 ci) procure seulement 65 ch, mais une souplesse qui n'a d'égale que le silence de fonctionnement. Le V8 gagne 10 ch en 1933. Quant à la version 4-cylindres, elle reste disponible jusqu'en 1932.

La carrosserie est renouvelée en 1934 et adopte une ligne plus moderne avec des ailes plus galbées, un nez plus aérodynamique, Mais on retrouve toujours les marche-pieds et les ailes renflées à l'arrière. Quant au V8, il parvient à 85 ch avec un carburateur double corps.

En 1935, la Ford 40 devient Ford 48. La carrosserie est encore plus moderne, plus arrondie plus tendue vers l'avant, ce qui fait gagner beaucoup d'espace à bord. Le mouvement vers l'avant a été rendu possible en installant le ressort à lames devant l'essieu avant.ce qui a permis d'avancer le radiateur. La voiture grandit en largeur, et il y a encore 8 carroseries différentes. La production démarre en même temps à Cologne et en février à Strasbourg, dans l'entreprise construite par Ford. Les carrosseries fabriquées par Chausson sous licence Budd, sont assemblées à Strasbourg puis commercialisées par MatFord, selon le principe de l'association qui vient de naître. La 48 y sera produite jusqu'en septembre, remplacée par la MafFord Alsace V8-72 sur la ligne de production.

Notons que le modèle présenté arbore les attributs de la Ford V8 1937, à l'exception des phares qui ne sont pas encastrés.

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06 juin 2018

Riley 12/4 Lynx (1933-1935)

Source: Externe

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Source: Externe
(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

A l'aube de l'ère automobile, les premiers constructeurs qui viennent à l'esprit sont souvent Daimler, Panhard ou Peugeot. Mais de l'autre coté de la Manche, les constructeurs ne sont pas en reste et Riley fait partie des pionniers. Percy Riley n'a que 16 ans lorsqu'il fabrique sa première voiture dans un coin de l'usine de bicyclettes de son père, et certainement à son insu. L'homme voit d'un mauvais oeil cette nouvelle concurrence et ne croit pas à l'avenir d'un tel engin. Le jeune homme persiste et est même inventif. Il est le premier à installer un système de mécanique d'ouverture et fermeture des soupapes quand les autres se contentent d'utiliser la dynamique des flux.

Toujours résolument opposé à l'automobile, William Riley voit peu à peu ses fils s'éloigner. Victor dans un premier temps soutient le jeune Percy et plus tard, Allan les rejoint dans l'aventure. Ils réunissent les fonds nécessaires pour fonder leur entreprise en les empruntant... à leur mère ! Ce sont ensuite les deux derniers frères qui quittent leurs études pour rejoindre l'entreprise. C'est ainsi qu'est fondée l'entreprise des frères Riley à Coventry, en 1903.

Dans un premier temps, la petite firme ne produit que des tricycles et quadricycles légers. Ce n'est qu'en 1905 que sont assemblées les premières voitures avec la Riley 9. L'entreprise se développe alors et ne cesse de croître, multipliant les modèles et les moteurs à 4, 6 ou 8 cylindres. Peu à peu la gamme s'étoffe avec plusieurs modèles dans des configurations de carrosserie différentes.

Nous retrouvons Riley en 1933 avec cette Lynx qui est déclinée régulièrement depuis la fin de l'année 1932. En 1934, elle est la troisième déclinaison d'un même châssis conçu pour une voiture quatre places et six cylindres, partagé avec les Falcon (berline) et Kestrel (berline plus fuselée). La Lynx est le cabriolet sportif de la gamme. Elle dipose d'un moteur 4 cylindres de 1496 cm3 qui développe la puissance très intéressante pour l'époque de 51 ch, voire 55 ch avec un double carburateur SU ou Zenith (notre modèle). On note que le modèle présenté ici est doté d'une boite automatique à quatre rapports !

Hormis les adaptations nécessaires à chaque version (moteur 4 ou 6 cylindres ou cabriolet 2 ou 4 portes), la Lynx a peu évolué au cours de sa carrière. Toutefois la voiture n'a pas assez évolué au cours de sa carrière et les ventes ont fini par s'émousser. Le modèle ici présenté, de 1934 à 1935 s'est écoulé à 200 ou 300 exemplaires.

Riley sombre peu à peu et est rachetée en 1938 par Sir William Morris qui fonde ainsi la Nuffield Organisation avec Wolseley et MG. On retrouve Riley après guerre avec les séduisants RMC et RME.

Pour en savoir plus : Rob's Riley Page

03 juin 2018

Matford V8-72 (1935-1939)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2010)

MatFord est le fruit de l'association entre Henry Ford et Emile Mathis. Un accord entre les deux hommes, et surtout leurs structures respectives, donne naissance au 1er novembre 1934 à la Société MatFord SA, détenue à 60 % par la filiale française du groupe américain, Ford SAF. Mathis construit des voitures depuis 1905 en association avec Ettore Bugatti dans des usines situées à Strasbourg, ville alors allemande. Les deux hommes se séparèrent et Bugatti fit la carrière que l'on connaît. De son côté, Emile Mathis se lance en 1911 mais sa société ne connaît l'essor qu'après la première guerre mondiale. Il produit alors une voiture légère, concurrente de la Citroën A, ce qui lui permet d'être le quatrième constructeur français. Il court devant le succès et tente de transposer la réussite du modèle MY au haut de gamme. Il investit régulièrement dans des innovations technologiques qui situent sa firme dans les plus en pointe de son époque. Mais la crise des années 30 intervient et les capacités de l'usine de la Meinau, près de Strasbourg parviennent à leurs limites. Mathis se trouve devant un cruel dilemme : investir dans une nouvelle usine sans pouvoir financer de nouveaux modèles, ou l'inverse. Il prend pourtant la pari de la nouvelle usine. Financièrement à bout, l'entreprise frise le dépôt de bilan lorsque Ford intervient.

Ford a bien une filiale française depuis longtemps qui distribue ses voitures depuis 1916. Cette société a été créée à Bordeaux avec Henri Dupasse qui est importateur de la marque américaine depuis 1907. Ce dernier construit un atelier à Blanquefort, près de Bordeaux, en 1909 (qui fabrique des boites de vitesses à l'heure actuelle, toujours pour Ford, mais qui semble condamnée à court terme). Racheté en 1916, cet atelier voit la création de la Société des Automobiles Ford et le lancement de la Ford T à la française. La SAF construit un autre atelier à Asnières en 1924 et y transfère la production y ajoutant des véhicules utilitaires. La société devient Ford Société des Automobiles Françaises (ou Ford-SAF) en 1929. Un montage complexe est organisé pour contourner les barrières douanières mais la voiture produite ne séduit pas la clientèle française qui lui préfère la Peugeot 201 ou la nouvelle Citroën Traction bien moins chères et plus économiques, voire la Mathis EMY-4. Il faut donc aller plus loin. C'est là qu'Emile Mathis devient l'homme providentiel.

L'accord conclu entre les deux groupes prévoit que le réseau de distribution de Mathis (200 concessionnaires en France) vendra les voitures des deux marques (trois modèles Ford et quatre modèles Mathis). Pendant ce temps, Ford rééquipe l'usine de la Meinau et le premier modèle commun à Matford est produit à partir de 1935. Fin 1935, la production des Mathis, très déficitaire est arrêtée au profit des MatFord. C'est là qu'Emile Mathis comprend qu'il a été la dupe de ce marché car Ford va phagocyter sa société. La nouvelle voiture en construction dans l'usine rénovée de laisse aucune place à la production d'un moteur à 4 cylindres et Ford a importé l'outillage des Etats-Unis en ne pensant qu'au V8. Dès lors, la place de Mathis restait symbolique.

En janvier 1935 est présentée la V8-48. Elle reprend la structure d'un modèle Ford antérieur, la V8-40. Il faut attendre le mois de septembre 1935 pour que la première MatFord, l'Alsace V8 soit commercialisée. Elle reprend de fait bon nombre de pièces de la V8-48 : châssis, ailes, moteur. Elle bénéficie d'un moteur V8 de 3,6 litres fort de 90 ch. Fort bien équipée, elle revendique 21 CV fiscaux, un handicap fort en France. Une autre version avec V8 de 2,2 litres et 60 ch et seulement 13 CV et un empattement raccourci vient tenter de pallier le problème (notre modèle). On peut distinguer le millésime 1937 qui se dénomme alors V8-72 par ses phares encastrès dans les ailes.

Début 1936, le logo MatFord est modifié et perd son F majuscule pour devenir Matford.

Les modèles vont se succéder, les uns après les autres, Matford s'avérant une entreprise rentable et les voitures réputées pour leur confort et leur fiabilité. Ford propose à Mathis de racheter ses parts, mais ce dernier en demande un prix déraisonnable. Ford réagit en résiliant le bail de l'usine de Strasbourg et se lance dans la construction d'une nouvelle usine qui sera celle de Poissy. En 1938, Mathis finit par céder ses parts pour 4 fois la mise de départ. A l'automne 1939, l'usine de Strasbourg est évacuée et la production est précipitamment rapatriée à Poissy. Matford est officiellement dissoute en juin 1941, entièrement absorbée par Ford qui fabriquera alors les Ford Comète et Ford Vedette.

Pour tout savoir sur les Matford, allez visiter ce site extrèmement bien documenté : Matford

NB : il semble qu'entre 2010 et 2014, le modèle crème ait bénéficié d'un toit découvrable.

Fiche technique :

Moteur : V8 d'origine Ford, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 13 CV
Cylindrée : 2225 cm3
Alésage x course : 66 x 81,3 mm
Puissance maximale : 60 ch à 3800 tr/min
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 3 rapports
Suspension av : essieu rigide et ressort à lames transversal
Suspension ar : essieu rigide et ressort à lames transversal
Voies :  142 cm
Empattement : 275 cm
Pneus av/ar : 150 x 40
Vitesse maximale : 120 km/h
Poids : 1140 kg

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(Caux-Retro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2011)


29 mai 2018

Jaguar XK-R (2006-2009)

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Source: Externe

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(Yvetot, Seine-Maritime, juin 2014)

A l'automne qui suit la lancée de la Jaguar XK, coupé ou cabriolet, Jaguar enrichit sa gamme d'une version musclée de son duo Grand Tourisme. Faute d'avoir à ce moment là une santé financière solide, il n'a pas été question de créer un nouveau moteur pour offrir un surcroît de puissance. La solution est venue de techniques éprouvées, peu chères et néanmoins efficaces.

C'est tout simplement un compresseur qui va gaver la machine et faire monter la puissance de 298 à 420 ch. Evidemment, il a fallu revoir l'admission, ce qui a conduit à installer des arbres à cames à calage variable pour l'admission. L'injection est également modifiée, et en dépit de l'augmentation de la puissance, les émissions polluantes (CO2) sont en baisse de 6 %. Le couple est également en forte hausse, de 42,9 à 57,1 mkg.  Les performances sont en hausse : 5 secondes de 0 à 100 km/h, une valeur aidée par une boite semi-automatique à 6 rapports ZF. Bien étagée, elle jouit d'un mode automatique très appréciable, doux et efficace. En mode manuel, elle est peut-être un peu plus lente que les boites Porsche ou Ferrari, mais elle reste toujours aussi agréable. La vitesse maximale est bridée électroniquement à 250 km/h.

Sur la route, elle reste aussi stable. Les suspensions ont été renforcées et sont, evidemment, plus fermes. La direction a été également recalibrée dans ce sens. Toutefois la voiture reste confortable et avale les kilomètres sans malmener les passagers. La structure en aluminium est suffisament rigide pour éviter les mouvements de torsion et la voiture enroule les courbes avec aisance. Le freinage est à l'avenant, stable et endurant. L'option de suspension CATS (suspension pilotée Jaguar) aide encore mieux à faire virer la voiture à plat sans ressentir les cahots de la route. La souplesse du V8 permet une conduite coulée avec le mode automatique ou une conduite sportive en mode sport avec les palettes au volant. Les acousticiens se sont penchés sur la sonorité et ont réussi à rendre ce moteur discret plus rauque lorsque l'aiguille du compte-tours se rapproche de la zone rouge. Certains lui reprochent une sonorité métallique un peu artificielle.

A bord, les deux passagers sont choyés. Le cuir est omniprésent et l'équipement sans critique. Si le bois est devenu une option, des inserts en aluminium donnent une allure plus sportive et moderne. On retrouve la même console centrale que sur la XK, et à vrai dire on cherche les différences. Pour distinguer les deux modèles, on note la calandre en nid d'abeille, doublée par une grille en bas du bouclier. Les ouies d'aération sur le bouclier sont spécifiques et jouxtent les deux feux anti-brouillards qui bénéficient d'un dessin spécifique. Deux ouïes longitudinales s'ouvrent sur le capot soulignées du mot "Supercharged" et quatre échappements sont installés à l'arrière.

Vendue aux alentours de 100 000 € à l'époque, la XK-R devient une sérieuse concurrente pour ses rivales allemandes. Elle dispose d'un moteur, d'un châssis, du confort d'un coupé à quatre vraies places, tout en se montrant plus confortable. En 2009, après un an d'une éphémère (et limitée à 200 exemplaires) de la XKR-S de 550 ch, le V8 est porté à 5 litres et la nouvelle XK-R se trouve dôtée d'une cavalerie impresionnante de 510 ch.

Fiche technique :

Type du moteur : V8 ouvert à 90°, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 32 CV
Cylindrée : 4196 cm3
Alésage x course : 86 x 90,3 mm
Taux de compression : NC
Puissance maximale : 420 ch à 6250 tr/min
Couple maximal : 57,1 mkg à 4000 tr/min
Distribution : deux doubles arbres à cames en tête, calage variable à l'admission
Nombre de soupapes : 32
Alimentation : injection
Suralimentation : compresseur
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses automatique à 6 rapports
Direction à crémaillère, assistée
Suspension av : roues indépendantes, triangles superposés, ressorts hélicoidaux
Suspension ar : roues indépendantes, trianges superposés, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 479,1 cm
Largeur : 189,2 cm
Hauteur :  132,9 cm
Empattement : 275,2 cm
Voie av : 156 cm
Voie ar : 159,6 cm
Freins av : disques ventilés
Freins ar : disques ventilés
Vitesse maximale : 250 km/h (limitée électroniquement)
0 à 100 km/h : 5 s
Capacité du réservoir : 71 litres
Volume du coffre : 239 litres
Cx : 0.359
Poids : 1715 kg

16 mai 2018

Ferrari Dino 308 GT4 (1976-1980)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2013)

A la fin des années 60, Ferrari se réjouit du beau succès de la Dino 246 GT qui séduit tant par sa ligne que par son agilité. De l'autre côté, les Ferrari à moteur V12 perdent du terrain au profit de sportives plus modestes comme la Porsche 911, la Lamborghini Urraco et bientôt la Maserati Merak. Il en est vite conclu qu'il faut un autre modèle à Dino, Ferrari s'obstinant à ne produire que des voitures à moteur V12. Les analyses en parviennent à un coupé sportif, évidemment, un 2+2 et, qui plus est, à moteur central arrière.

S'adressant à Pininfarina, le designer de toujours, Ferrari essuya un refus. Pour Pininfarina, l'équation 2+2 à moteur central arrière est purement impossible à résoudre, sauf à verser dans un modèle pataud ou déséquilibré auquel le carrossier ne veut pas donner sa signature. C'est alors vers Bertone que Ferrari se tourne, et en particulier Marcello Gandini. Celui-ci remet sa copie quelques temps plus tard et on peut noter que le premier prototype est extrêmement proche du projet initial de Lamborghini Urraco, refusé par Ferrucio Lamborghini. Présentée à Paris en novembre 1973, la nouvelle voiture surprend par son dessin très anguleux quand toutes les productions de Pininfarina sont très galbées. Elle rompt également avec les feux ronds à l'arrière pour des blocs plutôt ordinaires. Il n'en faut pas plus aux puristes pour crier au blasphème. Pourtant à bien regarder la ligne, l'équilibre est plutôt bon. La voiture est basse et longue, étirée sur son empattement. Le nez reste fin grâce à des phares escamotables et le plan du capot poursuit la ligne du pare-brise sans rupture trop importante. A l'arrière, les montants s'étirent jusqu'à la poupe, enserrant un surface plane qui comporte deux ouvertures : l'une pour le capot moteur, l'autre pour un semblant de coffre à bagages. On retrouve la vitre de custode verticale de la 246 GT. De profil, il est difficile de dire où est logé le moteur.

Car Bertone a réussi une prouesse. Sur un châssis tubulaire de 246 GT à l'empattement rallongé de seulement 21 cm, il a réussi à convertir une simple deux places en coupé 2+2. La voiture conserve sa structure à roues indépendantes et le moteur central arrière monté en position transversale, ce qui évite les effets de couple de la position longitudinale rencontrés avec la 206 GT.

Changement majeur, le V6 de 2,4 litres n'est plus au programme. Un V8 de 3 litres (d'où son nom : 308) prend sa place et ses 4 arbres à cames en tête sont entraînés par deux courroies crantées, ce qui lui vaut le label GT4. Il fait bloc avec l'ensemble boite/différentiel et offre un volume assez réduit, ce qui était nécessaire pour satisfaire au critère du 2+2. Ainsi la 308 GT4 n'est plus longue que de 6,5 cm par rapport à la 246. Gavé par quatre carburateurs double corps Weber, le V8 procure 255 ch à 7600 tr/min, régime qui donne une idée de son tonus. Les 28,9 mkg de couple à 5000 tr/min confirment la première idée. 26 secondes au kilomètre départ arrêté, attestent de la réalité de l'impression. Pour des raisons fiscales, la Dino connaîtra une version 2 litres de 170 ch (220 km/h) pour contourner la majoration de TVA italienne (208 GT4). La version mise sur le marché américain sera bridée à 240 ch pour respecter les normes environnementales.

Et pour ceux qui craignent que la Dino 308 GT4 ne soit qu'un avatar de Ferrari, qu'ils soient rassurés. Le train avant est très incisif et le train arrière est assez joueur, sans traitrise. Associée à un blocage du différentiel qui distille la puissance du V8, l'ensemble est très agile, si bien qu'il semble difficile d'aller chercher les limites, sauf erreur de pilotage.

A l'intérieur, on trouve tous les codes propres à Ferrari, à commencer par la célèbre grille de boite de vitesse et sa première en bas à gauche. Son maniement est assez rugueux, d'ailleurs. Le pilote est installé très bas, avec une ceinture de caisse très haute. Le cuir recouvre la majeure partie de l'habitacle, sauf un tableau de bord en alu brossé qui encercle une kyrielle de cadrans ronds. Derrière, le moteur hurle tout ce qu'il sait, dans un bruit assez omniprésent. Certes, le V8 est envoûtant, mais se révèle fatigant à la longue.

Comme pour la 246 GT, la voiture est d'abord commercialisée sous la marque Dino. Mais en 1976, Ferrari réalise que l'entretien de deux marques est asssez ruineux et que finalement, la présence de moteurs V6 ou V8 ne nuirait pas à sa marque. Il fait alors entrer tous les modèles dans le giron de Ferrari. Les voitures gardent cependant le nom Dino dans leur appellation. Pour autant, suite à l'arrivée de la 308 GTB/GTS en 1975, les ventes s'effondrent. En 1978, elle reçoit une injection électronique et la puissance descend à 230 ch. Au total 2826 exemplaires ont été construits. En rajoutant les 834 Dino 208 GT, le chiffre est alors de 3660 exemplaires, soit presque aussi bien que la Dino 246 GT. Elle est alors remplacée par la Mondial 8, un coupé 2+2 à moteur central arrière, mais dessiné cette fois par Pininfarina.

Longtemps boudée par les collectionneurs, elle a longtemps été la Ferrari la plus accessible. Pendant longtemps, elle se négociait autour de 20 000 €. Depuis quelques années, prise dans l'élan qui affecte les Ferrari, mais sans doute aussi parce qu'elle la première Ferrari avec un V8, parce qu'elle est la première Ferrari 2+2 à moteur central arrière, et la seule Ferrari de route signée Bertone (Bertone a signé des prototypes, des modèles de course ou des modèles uniques pour des clients fortunés), sa côte s'est envolée depuis quelques temps. Actuellement, elle se négocie autour de 65 000 €, ce qui reste encore abordable pour une Ferrari.

Fiche technique :

Moteur : V8 à 90°, essence
Emplacement : transversal, central arrière
Puissance fiscale : 17 CV
Cylindrée : 2927 cm3
Alésage x course : 81 x 71 mm
Taux de compression : 8,8:1
Vilebrequin : 5 paliers
Puissance maximale : 255 chevaux à 7600 tr/min
Couple maximal :  28,9 mkg à 5000 tr/min
Distribution : 2 doubles arbres à cames en tête
Nombre de soupapes : 16
Alimentation : 4 carburateurs double corps Weber
Type de transmission : propulsion,
Boite de vitesse manuelle 5 rapports
Direction à crémaillère
Suspension av : roues indépendantes, double triangles, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : roues indépendantes, double triangles, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 430 cm
Largeur : 174 cm
Hauteur : 118 cm
Empattement :
Voie av : 147 cm
Voie ar : 146 cm
Freins av : disques ventilés
Freins ar : disques ventilés
Pneus av : 205/70 VR14
Pneus ar : 205/70 VR14
Vitesse maximale : 250 km/h
0 à 100 km/h : 6,4 s
400 m D.A. : 14,4
1000 mètres DA    26,2 s
Consommation moyenne : 11,4 l/100km
Capacité du réservoir : 80 l
Poids : 1300 kg

 

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(Aniane, Hérault, juin 2008)

13 mai 2018

Panther Kallista (1982-1990)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

Il est personnages pour lesquels l'automobile est une passion forte. Robert Jankel est de ceux-là et à à peine 18 ans, en 1954, il bricole une antique Austin 7 pendant qu'il suit ses études d'ingénieur à l'Université de Chelsea. Après ses études, il se joint à l'entreprise familiale de vêtements, mais sans envie. Finalement, il continue de travailler en parallèle sur des voitures, et retape petit à petit une vieille Rolls de 1930. En 1970, la voiture est achevée et lors d'un voyage en Espagne avec sa voiture, un torero lui offre 10 000 £. L'idée germe qu'il pourrait vendre ses propres voitures.

Jankel quitte l'entreprise familiale et se lance. Son idée est de fabriquer des voitures qui sont inspirées par des modèles qu'il a aimés, sans pour autant en faire des répliques. Son premier modèle est très nettement inspiré par la Jaguar SS 100. N'étant pas une Jaguar, elle deviendra Panther. Mieux, il obtient de Jaguar la possibilité d'utiliser le moteur 3.8 litres de la XK. Au cours des évolutions, elle obtiendra le moteur 4.2 de la XJ et même le V12. La J72 (Jankel, 1972) connaît un succès d'estime (368 voitures produites), mais elle sera plébiscitée par de grands noms comme Freddie Mercury. Son prix dissuasif (trois fois celui d'une Morgan Plus 8) freine sa carrière.

Au cours des années Jankel se lance dans des projets farfelus et qui n'aboutiront généralement pas (Lazer, FF). Il faut attendre la Panther DeVille, inspirée par la Bugatti Royale pour qu'un projet aboutisse. Toutefois la voiture est tellement chère (et luxueuse) que seulement 60 voitures sont produites jusqu'en 1985 (46 berlines, onze cabriolets et une limousine à six portes). Les clients sont souvent célèbres : Elton John, Kenny Rogers, Rock Hudson ou notre Johnny national. 

Après la Rio, une Triumph Dolomite luxueuse avec de faux airs de Rolls, qui aboutit à un échec (38 voitures seulement) en raison d'un prix déraisonnable, intervient la Lima. Ce petit cabriolet est inspiré par la Bugati Type 55 des années 30. A la base, Jankel devait utiliser une plateforme de Triumph Spitfire, mais finalement le projet fut refusé par British Leyland. Il se rabat sur Vauxhall qui l'autorise à utiliser toute la partie arrière du châssis autoporteur de la Magnum, auquel un châssis tubulaire vient s’adapter pour compléter la partie avant. Le train avant et la suspension sont les mêmes que sur la Magnum. La carrosserie est en trois parties, en polyester. Sous le capot, le moteur 2.3 litres de la Magnum autorise de belles performances pour ce véhicule léger. En 1979, le châssis est entièrement tubulaire, ce qui accroit le poids mais améliore le comportement. Le moteur reste le même avec un taux de compression plus faible. La voiture est ausi nettement mieux finie et mieux équipée (tableau de bord en bois et des sièges en cuir munis d’appuie-tête). La production prend fin en 1982 et 867 voitures vendues.

Passons sur la fameuse Panther 6 et ses quatre roues directrices à l'avant poussée par un moteur Cadillac Eldorado (8.2 litres !) bi-turbo et censé franchir les 320 km/h avec allégresse. Les deux exemplaires produits en font une légende mais ont englouti une bonne partie des finances de Panther. Un investisseur coréen vient à la rescousse de l'entreprise et opère de profondes restructurations. La Lima cède donc la place à la Kallista en 1982.

La Kallista ressemble beaucoup à la Lima mais les différences sont de taille. Si le châssis tubulaire est conservé, le polyester est délaissé au profit de l'aluminium plus facile à travailler. Les portières sont rallongées, les angles affinés. Exit le moteur Vauxhall et un partenariat est instauré avec Ford. Ainsi la Kallista connaîtra plusieurs motorisations, du 4 cylindres au V6 Cologne de la Capri (notre modèle). Il n'y aurait eu que 2 voitures avec le 1.3 litres mais 560 avec le 1.6 litres. Le 2.3 n'a eu que 158 amateurs. Le V6 (2.8 carburateur, 2.8 injection puis 2.9 injection) a connu 1010 clients, soit un total de 1740 voitures produites (10 voitures livrées avec un moteur Fiat). Avec 900 kg pour la version à 4 cylindres et 1020 kg pour le V6 de 150 ch, il y a de quoi s'offrir de bonnes sensations.

La Kallista a été produite ainsi jusqu'en 1990. Panther est alors rachetée par Ssang Yong. Peu à peu l'entreprise sera démantelée et ses actifs liquidés. Mais 78 voitures supplémentaires badgées SsansYong seront fabriquées jusqu'en 1993.

Quant à Jankel, il a continué sa passion autrement, en construisant des voitures de police, entre autres. Il réussit à récupérer le nom Panther en 2001 et se lance dans un nouveau projet quand on lui diagnostique un cancer du pancréas, duquel il succombe en 2005. Son groupe continue à construire des voitures sur commande.

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12 mai 2018

Lotus Esprit S3 (1981-1987)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2012)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

Il faut 5 ans entre l'initiation du projet M71 et la commercialisation de la première Lotus Esprit. C'est en 1971 que Colin Chapman demande à Giorgietto Giugiaro de lui dessiner un modèle dans un esprit anguleux, pour un coupé bi-place. Plus tard, en voyant le projet Maserati Boomerang du même Giugiaro sur le stand Ital Design au salon de Genève 1972, Colin Chapman affine sa demande. Il expédie au designer italien un châssis de Lotus Europe rallongé qui devra être la base de réflexion du projet. La tournure est prise : ce sera un coupé 2+2 à moteur central arrière. Le projet est présenté dès le salon de Turin de 1972, soit six mois plus tard à peine. Colin Chapman découvre les lignes en même temps que l'ouverture du salon et est enchanté, aussi décide-t-il d'accélérer le rythme.

Sous le capot il est prévu dès l'origine du concept que chaque modèle de la marque devra se décliner en deux versions : l'une à quatre cylindres, et l'autre équipée d'un V8 ! La première version n'est présentée qu'en octobre 1975 au Salon de Paris, équipée d'un 2 litres de 160 chevaux fourni par Chrysler et d'une boite de vitesse empruntée à la Citroën SM. La commercialisation n'est lancée qu'en cours de l'année 1976. Sur le papier elle devrait atteindre les 220 km/h, mais personne n'y parvient chez les essayeurs. Cependant, les louanges de son comportement sont chantées, en opposition avec les défauts de finition et les vibrations dues au train arrière. 714 voitures sont vendues de la version S1. La série 2 apparaît en été 1978. Des détails en améliorent le confort, l'esthétique, la finition. Les performances sont améliorées et les 220 km/h annoncés sont enfin atteints. 1060 exemplaires de la S2 sont vendus. En mai 1980, une évolution de la S2 (S2.2) fait passer le 2 litres à 2,2 litres, faisant passer le couple de 19 à 22 mkg, sans changer à la puissance. Les 220 km/h sont légèrement dépassés, mais le 0 à 100 descend sous la barre des 7 secondes ! Il en sera vendu 88 exemplaires.

En 1981, c'est la S3 (notre modèle), équipée du 2,2 litres et qui bénéficie de quelques retouches : des pare-chocs plus enveloppants en descendant plus bas au sol de même qu'un spoiler et un becquet améliorent la traînée aérodynamique. Ces changements annoncent la future Esprit Turbo et le coefficient de pénétration dans l'air (Cx) s'en ressent. Au décès de Colin Chapman en décembre 1982, le logo vert de la marque se transforme en lettres noires. Parallèlement, alors que la série spéciale de 100 exemplaires à moteur turbo appelée "Essex" a fini d'être écoulée, l'Esprit Turbo entre dans la gamme au côté de l'Esprit S3.

En définitive, c'est l'Esprit S3 Turbo qui tirera la couverture à elle avec ses performances capables d'accrocher sérieusement une Porsche 911 ou une Ferrari 308 ! Elle également popularisée par James Bond dans deux épisodes : d'abord dans "L'espion qui m'aimait" où une Esprit S1 est rendue célèbre dans sa phase amphibie, puis plus tard une Esprit Turbo S3 sera mise en valeur dans "Rien que pour vos yeux" avec Carole Bouquet. Sur les 767 exemplaires vendus, très peu d'Esprit S3 seront vendues sans le turbo. En 1987, c'est une nouvelle Lotus Esprit qui relève le gant, et cette nouvelle génération ne sera plus l'oeuvre de Giugiaro mais d'un talentueux designer britannique : Peters Stevens. De multiples versions en seront tirées, dont la Lotus Esprit SE, et elle parviendra à son paroxysme avec l'Esprit V8. L'Esprit a été commercialisée jusqu'en 2004, et devait faire sa réapparition en 2009, mais sa brillante descendante a pris le nom d'Evora.

Fiche technique :

Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudinal, central arrière
Puissance fiscale : 11 CV
Cylindrée : 2174 cm3
Alésage x course : 95,3 x 76,2 mm
Taux de compression : 9,5:1
Puissance maximale : 162 ch à 6500 tr/min
Couple maximal : 22,1 mkg à 5000 tr/min
Distribution : double arbre à cames en tête
Nombre de soupapes : 16
Alimentation : deux carburateurs
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports
Direction à crémaillère
Diamètre de braquage : 10,5 m
Suspension av : triangle supérieur, levier inférieur, ressorts hélocoïdaux
Suspension ar : levier simples inférieurs et supérieux, bras de poussée, ressorts hélicoïdaux
Longueur: 422,5 cm
Largeur : 186 cm
Hauteur : 111,1 cm
Empattement : 243,8 cm
Voie av : 152,4 cm
Voie ar : 155,5 cm
Pneus av : 195/60 VR 15
Pneus ar : 235/60 VR 15
Freins av : disques ventilés (265 mm)
Freins ar : disques (275 mm)
Vitesse maximale : 222 km/h
0 à 100 km/h : 6,9 s
Consommation à 90 km/h : 7,3 l/100km
Consommation à 120 km/h : 8,5 l/100km
Consommation en cycle urbain : 14,3 l100/km

Poids : 1100 kg (en ordre de marche)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2010)

10 mai 2018

Opel Kadett C City 1.0 (1977-1979)

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(Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2014)

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(Yvetot, Seine-Maritime, décembre 2013)

En mai 1975, la gamme Kadett s'enrichit d'une version coach, deux volumes et trois portes, la Kadett City. Il s'agit là de répondre au succès insolent de la Renault 5 et de ses plus proches concurrentes, les Fiat 127, Peugeot 104 et bientôt la Ford Fiesta. Pour y parvenir, Opel est allée piocher chez Vauhall qui avait déja conçu la Chevette en raccourcissant une Kadett C de 20 cm. Concrètement, les châssis partent de chez Vauxhall à Ellesmere Port et sont transportés à Bochum en Allemagne pour y recevoir leur équipement. Opel affuble la Chevette d'une calandre de Kadett C et voici la Kadett City arrivée sur le marché.

Elle reste pour autant de conception plus archaïque que ses rivales puisqu'elle conserve l'architecture de la Kadett et ses roues arrière motrices. L'empattement de la Kadett C est resté le même et c'est la partie arrière qui a été tronquée pour diminuer les dimensions. Pour y parvenir, il a aussi fallu diminuer le volume du coffre, vu qu'il était difficile de déplacer la banquette arrière à cause de l'essieu arrière. Elle permet toutefois de faire d'escamoter la banquette arrière pour obtenir un plancher plat. La capacité du réservoir en pâtit également et ne contient plus que 37 litres. La Kadett City reste légèrement plus grande que ses concurrentes et son empattement plus long la rend un peu moins maniable, mais tout est relatif. Elle reste surtout une propulsion plus encline aux tressautements que ses consoeurs et le réglage des suspensions plus dur sera en sa défaveur. D'autant que ses rivales françaises et italiennes sont dôtées de selleries moëlleuses alors que la Kadett profite d'une sellerie à l'allemande, un peu dure aux premières impressions, mais très confortable sur la durée.

Lancée avec un unique moteur 1200 en 1975, elle souffre également la comparaison côté budget carburant face aux moteurs 1 litres proposés par toutes ses rivales. Certes le 1200 est un peu plus puissant (avec ce son si particulier à Opel), mais il est aussi plus glouton. Les concurrentes ont aussi des motorisations équivalentes, mais pour ceux qui ne souhaitent qu'un moteur 1000 cm3, Opel n'a rien à leur offrir. Il faut attendre 1977 pour que le moteur 1000 de la Kadett B soit implanté dans la Kadett City alors même qu'il est au menu des autres versions de la Kadett. Il existe deux versions, N et S, selon leur taux de compression et la puissance varie de 41 à 49 ch. Les vitesses maximales sont alors respectivement de 123 et 129 km/h.

Avec ce moteur 1000 cm3, les ventes de la Kadett City montent si bien qu'à la fin de la production de la Kadett C en 1979, la City représente 15 % des ventes, soit 263 090 voitures. Lorsque la Kadett C est remplacée par la Kadett D, la version City n'est pas reprise dans les configurations de la nouvelle version. Il faut attendre l'arrivée de l'Opel Corsa, une voiture entièrement pensée dès le départ pour devenir une citadine, pour trouver à la Kadett City une filiation.

Fiche technique :

Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudunal, arrière
Puissance fiscale : NC
Cylindrée : 993 cm3
Alésage x course : 72 x 61 mm
Taux de compression : 7,9:1
Vilebrequin : 3 paliers
Puissance maximale : 41 ch à 5400 tr/min
Couple maximal : 7 mkg à 2600 tr/min
Distribution : soupapes en tête, arbre à cames latéral, culbuteurs
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : carburateur
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 4 rapports
Direction à crémaillère (3,75 tours)
Diamètre de braquage : 9,9 mètres
Suspension av : roues indépendantes, triangles, barre antiroulis, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : essieu rigide, bras oscillants, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 389,1cm
Largeur : 158,1cm
Hauteur : 137,5 cm
Empattement : 239,1 cm
Voie av : 130 cm
Voie ar : 130 cm
Garde au sol : 15 cm
Freins av : disques
Freins ar : tambours
Vitesse maximale : 123 km/h
Capacité du réservoir : 37 litres
Poids : 795 kg

Posté par Zorglub34 à 12:12 - - Commentaires [0]
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