02 juillet 2015

Lancia Appia Sport Zagato (1961-1963)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Après la Seconde Guerre Mondiale, les constructeurs ont le plus souvent repris leur production avec des modèles d'avant-guerre, le temps d'en concevoir de nouveaux. Ce fut le cas avec Lancia qui revint avec l'Ardea et l'Aprilia. En 1950, l'Aurelia prend la place de l'Aprilia et ce n'est qu'en 1953 que l'Appia prend celle de l'Ardea. Présentée en avril 1953 au salon de Turin, elle vient affronter la Fiat 1100-103 qui est un véritable succès en Italie. La Lancia est cependant plus performante et surtout plus chère d'un tiers.

A partir de la rentrée 1955, Lancia produit quelques châssis nus pour les confier à quelques carrossiers réputés pour qu'il exercent leur talent. Les châssis sont livrés avec un treillis tubulaire amovible pour les besoins de rigidité nés de l'absence de toit et de pare-brise. C'est ainsi que Vignale, Pininfarina, Ghia, Allemano, Zagato et bien d'autres sont sélectionnés. Au salon de Turin, sept déclinaisons de l'Appia sont présentes : coupé selon Pininfarina ou Ghia, berline à deux portes et cabriolet pour Vignale. Mais c'est le modèle proposé par Zagato qui attire tous les regards. Le seul milanais entouré de carrossiers turinois a concoté un coupé ramassé, très sportif, très bas et reconnaissable par le double bossage de son toit, qui permet à la fois d'abaisser la ligne générale de la voiture et d'augmenter la rigidité du toit tout en préservant la garde au toit au niveau des passagers. Avec de nombreux éléments en aluminium, le coupé GT est très léger et son petit V4 étroit (ouvert à 10°), un peu amélioré, en fait une petite voiture amusante à conduire. Si bien que les commandes affluent alors que Zagato n'est pas à la tête d'un appareil industriel lui permettant d'affronter de gros volumes de production. 30 voitures sont construites dans l'année.

Dès l'année suivante, pour 1957, Zagato améliore encore le dessin. Les deux bosses disparaîssent progressivement, ainsi que les ailes effilées à l'arrière. Celle qui sera appelée GTS perdra sera équipée de feux carénés à l'avant (bulle en Plexiglas), entre autres modifications. De fait, il n'y a jamais deux voitures identiques, d'autant que le propriétaire peut personnaliser sa voiture à la commande. 120 voitures supplémentaires environ auraient été produites. En 1958, c'est la GTE (E pour Esportazione) qui est présentée à Turin pour le Salon. Zagato s'est alors doté d'un outil industriel certes modeste, mais qui permet à Lancia d'intégrer l'Appia GTE à son catalogue et de la distribuer dans son réseau. Les formes de la GTE sont encore mieux arrondies, plus douces et aérodynamiques. L'intérieur est soigné, et le cuir recouvre l'ensemble de l'habitacle. Zagato produit alors 167 Appia GTE avec le moteur 53 ch, puis encore 134 autres voitures avec le moteur 60 ch.

En mars 1961, c'est la dernière évolution : l'Appia Sport (notre modèle). Sur un châssis dont l'empattement est raccourci de 16 cm, le jeune Ettore Spada, a épuré la ligne de l'Appia façon Zagato. Les appendices sont réduits au strict nécessaire, l'arrière est ramassé, proche du deux volumes. Sous le capot, le V4 est porté à 60 ch, mais bon nombre de propriétaires lui ont fait passer une cure de vitamines et certains modèles ont affiché jusqu'à 80 ch. C'est un moteur qui se conduit dans les tours et qu'il faut solliciter constamment. Il n'est pas question de conduite au couple dans la circulation. Mais avec environ 800 kg, l'Appia Zagato est très amusante. Son équilibre est bien réparti, ses trains roulants bien guidés, ce qui en fait un véhicule très vif. Il vaut mieux l'emmener sur des routes sinueuses où elle exprime son talent plutôt que sur les grandes lignes droites ou en ville. Elle atteint cependant 160 km/h et même 190 km/h pour ceux qui ont réussi à porter la puissance à 80 ch.

Il y aurait eu environ 200 Appia Sport Zagato construites entre mars 1961 et janvier 1963 avant que l'Appia ne soit remplacée par la Fulvia. Sur ce nombre il n'en restait qu'une trentaine, voire une quinzaine si l'on en croit Gérard Langlois, le Président de Lancia Héritage. Le modèle présenté a été importé en Suède par un italien. Retrouvé délabré à la fin des années 90 par un suédois vivant en France depuis 1965, elle a été intégralement restaurée, à partir du châssis nu. Depuis, Jan Huss s'est entiché de la voiture, et a réédité l'expérience avec une Appia GTE récupérée en 2005.


Fiche technique :

Moteur : V4 ouvert 10 ° , essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : NC
Cylindrée : 1091 cm3
Alésage x course : 68 x 75 mm
Taux de compression : 8,8:1
Vilebrequin : 2 paliers
Puissance maximale : 60 ch à 5400 tr/min
Couple maximal : 8,7 mkg à 4400 tr/min
Distribution : soupapes en tête
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : carburateur Weber 36 DCD5
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 4 rapports
Suspension av : roues indépendantes, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : essieu rigide, lames semi-elliptiques
Longueur : 399 cm
Largeur : 149 cm
Hauteur : 123 cm
Empattement : 235 cm
Voie av : 118 cm
Voie ar : 118,2 cm
Pneus av : 155 x 14
Pneus ar : 155 x 14
Freins av : tambours
Freins ar : tambours
Vitesse maximale : 160 km/h
Capacité du réservoir : 38 litres
Poids : 790 kg

 

 

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01 juillet 2015

Simca 1000 coupé Bertone (1962-1967)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2008)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Les années 60 sont celles de l'insouciance et d'un monde enfin apaisé. Le plein emploi distille ses bienfaits et une classe moyenne assez large émerge dans une économie florissante. Chez les constructeurs, depuis la guerre où chacun est reparti d'un modèle unique pour relancer son industrie, les offres se multiplient et les marchés de niche apparaîssent, même si on ne les appelle pas encore comme ça.

Chez Simca, Henri-Théodore Pigozzi est un homme qui sait lire dans les tendances. Sa gamme se compose d'une Aronde P60 vieillissante, et la Simca 1000 est censée redonner un coup de jeune à la marque. Le succès de la Renault Floride en dit long en termes d'image et de marché, ce qui est confirmé par la DB Le Mans ou la NSU Prinz Sport, dont le prix confirme qu'il existe une clientèle prête à débourser une somme rondelette pour rouler différent. Il est temps de renouveler les Plein Ciel et Océane.

Pigozzi demande à Bertone de bien vouloir lui concocter un coupé à partir de la base mécanique de la Simca 1000. Bertone lui propose douze prototypes qui s'illustrent par une belle ligne sportive, une partie arrière fort bien équilibrée. Elle est mise au point sur la piste de Mortefontaine, présentée à la presse en octobre 1961 et dévoilée au public au salon de Genève de 1962.

On note la minceur du montant arrière entre la vitre latérale et la vitre arrière. La voiture est une 2+2, mais les places arrière sont symboliques et les sangles de maintien indiquent plutôt que cet espace est à réserver à des bagages. Avec ses grandes surfaces vitrées et ses formes équilibrées et peu agressives, la voiture plaît surtout à une clientèle féminine. La clientèle masculine, elle, ressent mieux l'absence de véritables performances et ira se porter vers l'Alpine A110, la Fiat 850 ou Alfa Giulia Sprint. Car sous la robe d'une voiture de sport c'est toujours une Simca 1000 motorisée par le 4 cylindres de 34 chevaux porté à 40 ch (52 ch SAE). Avec son aérodynamique favorable la voiture atteint 140 km/h et a été dôtée de freins à disques pour répondre à cette nouvelle vitesse. Pour autant, le Coupé 1000 n'est pas à proprement parler sportif, les trains roulants étant toujours issus de la Simca 1000.

Construit à 10124 exemplaires entre 1962 et 1967, le coupé a aussi pâti de la disparition brutale de Pigozzi en 1964 qui n'était plus là pour apporter les correctifs utiles à son succès. Le prix (12 000 F) n'a pas dû aider non plus sa carrière dans la mesure où seules les DS, la 404 injection et la DB Le Mans sont plus chères que le Coupé 1000. Simca ayant été rachetée par Chrysler en 1963, la firme américaine soutient le projet mais l'oriente de façon plus sportive. Il est alors question du moteur de 1200 cm3 de 80 ch. C'est alors le Coupé Bertone 1200 qui prendra alors un visage, réellement sportif cette fois. Il ne resterait qu'environ 300 exemplaires.

Pour en savoir plus : Club Simca Bertone

Fiche technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : porte-à-faux, arrière
Puissance fiscale : 5 CV
Cylindrée : 944 cm3
Alésage x course : 68 x 65 mm
Taux de compression : 9,2:1
Vilebrequin : 5 paliers
Puissance maximale : 52 ch SAE (40 ch DIN) à 5400 tr/min
Couple maximal : 7,6 mkg à 3500 tr/min
Distribution : arbre à cames latéral entraîné par chaîne, soupapes en tête, culbuteurs
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : carburateur Solex 32 PBIC
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 4 rapports
Direction à vis globique
Diamètre de braquage : 9,6 m
Suspension av : roues indépendantes, ressort transversal à lames, bras supérieurs articulés
Suspension ar : roues indépendantes, bras oscillants obliques, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 392,5 cm
Largeur : 150,5 cm
Hauteur : 125,5 cm
Empattement : 222 cm
Voie av : 124,7 cm
Voie ar : 125,5 cm
Pneus av : 145 x 330
Pneus ar : 145 x 330
Freins av : disques
Freins ar : disques
Vitesse maximale : 140 km/h
1000 m.D.A. : 41 s
Capacité du réservoir : 38 litres
Poids : 795 kg

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30 juin 2015

Jaguar XJ220 (1991-1994)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Depuis le début des années 80, Jaguar est revenue à la compétition avec Tom Walkinshaw et l'écurie son écurie, TWR. Celà a débuté par l'entrée en lice de la Jaguar XJS dans le Championnat Européen des Véhicule de Tourisme en 1981, remporté en 1984 par Tom Walkinshaw lui-même. Mais avec cette équipe Jaguar lorgnait également sur l'endurance et un retour aux 24 heures du Mans n'était pas pour déplaire à John Eagan, alors patron de la marque. Après avoir concouru en IMSA-GT avec une XJR-5, Jaguar se lance pour une 6è victoire au Mans, avec la XJR-9LM équipée d'un V12 de 7 litres, après les Type-C et Type-D des années 50. La victoire est aisée hormis une bataille épique avec la Porsche 962C de Derek Bell et Hans Stück qui finit dans le même tour. Le troisième est relégué à 9 tours et 3 des 5 voitures sont à l'arrivée.

Le prestige d'une victoire au Mans est une occasion à ne pas rater. Aussi John Eagan avait pris soin de lancer une équipe sur la conception d'une voiture de petite série mais qui serait le reflet de tout le savoir-faire de la marque. Jim Randle, l'ingénieur en chef, fait aussi partie du "Club du samedi", un groupe de salariés qui, hors temps officiel de travail, s'aventure à créer des projets officieux, pour le plaisir. Randle a déjà travaillé sur une "supercar" avec pour objectif d'aller affronter la Ferrari F40 et la Porsche 959, qui sont les références de l'époque. Son projet se base sur la XJ-13, un prototype des années 60 qu'il entend remettre aux standards de l'époque et de lui implanter un V12 plus moderne, comme le V12 48 soupapes de la XJR-9. L'un des objectifs est de créer une voiture confortable selon l'idée de Jaguar, capable d'atteindre 200 miles par heure (soit 320 km/h).

Cependant, ce moteur a un inconvénient majeur : il est lourd et volumineux ce qui handicape sérieusement l'architecture d'une voiture à moteur central arrière et à transmission intégrale. Finalement, la combinaison moteur central/transmission intégrale a été abandonnée face aux contraintes techniques. Fallait-il créer un arbre de renvoi depuis le train arrière, créer une boite centrale, quelles incidences sur le fond plat, ... Le poids de l'ensemble a finalement été jugé moins sportif qu'une simple propulsion. Le V12 est également abandonné est c'est le V6 de la MG 6R4 ou des XJR-10 et XJR-11 qui va prendre place sous la bulle de la voiture. Ce bloc, aussi utilisé par Cosworth en Formule 1, voit sa cylindrée portée à 3,5 litres. Deux turbos Garett T3 à 1 bar avec intercoolers lui sont adjoints en plus des 24 soupapes animées par deux doubles-arbres à cames. Même si les lumières de soupapes ont été réduites de 2 mm par rapport à la version compétition, le moteur développe la bagatelle de 549 ch à 7000 tr/min et un couple dantesque de 65,4 mkg à 4500 tr/min. La voiture est finalement baptisée XJ220 pour 220 miles par heure soit environ 350 km/h en vitesse de pointe. C'est une façon de rendre hommage à la XK120 et ses 120 mph. Sur le circuit de Nardo, l'ancien pilote de Formule 1 Martin Brundle sera chronométré à 341 km/h et même à 349 km/h avec une voiture dépourvue de catalyseur. Elle accélère de 0 à 100 km/h en 3,9 secondes et se défait du kilomètre en 22 secondes seulement. C'est alors la voiture de route la plus rapide du monde.

Reste à poser ce moteur sur un châssis digne de recevoir la cavalerie. L'architecture moteur central arrière privilégie la répartition des masses et Jaguar s'est escrimée à concevoir la voiture la plus basse possible (1,15 m) et aux lignes les plus fluides pour favoriser l'aérodynamique. La circulation de l'air a bien entendu été soigneusement pensée avec des entrées d'air dans la moustache pour refroidir les freins et créer une effet de suscion sous la voiture. De larges entrées d'air devant les roues arrière permettent de refroidir la bouillante mécanique et les freins. Même les bras de suspension ont été biseautés pour les rendre plus aérodynamiques. Elle dispose d'un fond plat et d'un extracteur à l'arrière afin d'augmenter la portance négative. Pour la structure, elle est constituée de panneaux d'aluminium en nid d'abeille bien plus légère que les tubes d'acier soudés, et bien plus rigides ! La Jaguar XJ220 pèse toutefois 1470 kg !

A l'intérieur de l'habitacle, on retrouve le style Jaguar : cuir chaleureux, équipement complet, à l'opposé de la sportivité exacerbée d'une F40. En revanche, en raison d'un freinage très puissant, de l'absence de direction assisté, d'un embrayage très sec, une utilisation quotidienne est strictement impossible.

A l'origine, la XJ220 devait être produite à 220 exemplaires seulement (on pense parfois que le nom de la voiture vient de ce chiffre). Mais entre 1988 et le début de la production en octobre 1991, Jaguar a été rachetée à 100 % par Ford. Et le constructeur américain n'a pas exactement la même vision de l'exclusivité. Comme les 220 exemplaires sont vendus sans difficulté au prix de 361 000 £ (ou 3 515 0000 F, soit plus de 500 000 €, ou 760 000 € après revalorisation), il est décidé de porter la production à 350 unités. Cependant, bon nombre de voitures ont été achetées à des fins spéculatives et finalement, ce ne sont que 281 voitures qui sont vendues. La voiture n'ayant pas été homologuée aux Etats-Unis en raison de sa structure mécanosoudée, elle y a perdu sans conteste quelques clients qui auraient pu combler le carnet de commande. Fabriquée au rythme de deux par semaine chez TWR, 30 voitures ont été retenues pour la France. Sans doute l'arrivée des concurrentes comme la Bugatti EB110 et la McLaren F1 a réduit le marché également.

Le modèle présenté est dans un état exceptionnel, avec un kilométrage extrêment faible. Prêtée par son propriétaire à la concession Jaguar locale, de grosses précautions ont été prises pour protéger le véhicule. Avec une pléthore de panneaux tout autour les photos ont été difficiles à prendre dans des perspectives satisfaisantes et sans obstacle.

Fiche technique :

Moteur : V6 ouvert à 90°, essence
Emplacement : longitudinal, central arrière
Puissance fiscale : 32 CV
Cylindrée : 3498 cm3
Alésage x course : 94 x 84 mm
Taux de compression : 8,3:1
Puissance maximale : 549 ch à 7000 tr/min
Couple maximal : 65,4 mkg à 4500 tr/min
Distribution : 2 double arbres à cames en tête
Nombre de soupapes : 24
Alimentation : injection intégrale Zytec
Suralimentation : 2 turbos Garett T3 + 2 intercoolers air-air
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesse manuelle à 5 rapports
Direction à crémaillère
Suspension av : roues indépendantes, triangles superposés, barre antiroulis, ressorts hélicoidaux
Suspension ar : roues indépendantes, trianges superposés, barre antiroulis, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 493 cm
Largeur : 201 cm
Hauteur : 115 cm
Empattement : 264 cm
Pneus av : 255/45 ZR 17
Pneus ar : 345/35 ZR 18
Freins av : disques ventilés (330 mm)
Freins ar : disques ventilés (304 mm)
Vitesse maximale : 342 km/h
0 à 100 km/ h : 3,9 s (donnée constructeur, 4,2 s mesuré)
400 m. D.A. : 11,7 s
1000 m D.A. : 22 s
Capacité du réservoir :NC
Cx : 0,36
Poids : 1470 kg (à vide, 1560 kg en état de marche)

29 juin 2015

Alpine A310 1600 (1971-1976)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

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(Caux-Retro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2008)

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(Rétro-Piston, Notre-Dame de Bliquetuit, Seine-Maritime, juin 2011)

L'A310 a pour vocation de seconder son aînée, la fameuse berlinette A110 et d'entrer en concurrence avec la Porsche 911. Si la berlinette avait de fort belles qualités sportives, elle ne se prêtait guère à une utilisation plus quotidienne, typée Grand Tourisme. Le projet de Rédélé est donc de fournir une nouvelle offre à la clientèle dans un cahier des charges précis : un coupé 2+2 à empattement court, moteur arrière, châssis-poutre selon les recettes maison, coque polyester collée, rapport poids/puissance permettant d'atteindre 210 km/h avec une tenue de route digne d'une F3. Trois hommes s'atèlent à la tâche : Jean Rédélé lui-même, Michel Belligond, de Roger Prieur et Yves Legal, jeune designer frâichement embauché à Dieppe. La légende dit que les esquisses ont été élaborées dans la propre cuisine de Rédélé. Les premières maquettes au 1/5è sont prêtes en septembre 1968. La voiture est présentée à la presse le 11 mars 1971 au salon de Genève, en conservant sont nom de dossier : A310.

Cette nouvelle voiture est de conception entièrement nouvelle et emprunte, comme de bien entendu, de la mécanique Renault. Le style, lui est entièrement inédit. D

Elle est à l'origine, en 1971, livrée avec un moteur à carburateur de son aïeule, le 1605 à carburateur réalésé, lui-même hérité de la Renault 12 Gordini. qui le tenait de la Renault 16 TS. L'A310 a pour nom de série 1600 VE (1255 exemplaires). Les premières livraisons ont lieu en retard en raison de grève dans l'usine de Dieppe. D'emblée la voiture connait de problèmes de finition et d'étanchéité, et surtout, un problème de réglage du train avant. Cette image lui collera à la peau toute sa carrière et même la version V6 aura du mal à la faire oublier. Pourtant la tenue de route est en hausse par rapport à l'Alpine A110 avec une meilleure tenue de cap, de meilleurs passages en courbe. Les glissades qui faisaient le charme de sa grande soeur sont oubliées, au grand dam des amateurs.

En 1974, la VF (nos modèles) prend le relai avec un moteur dôté de l'injection et que l'on retrouvera dans la Renault 17 Gordini en version légèrement dégonflée. Il n'est pas plus puissant que celui de la VE (125 ch SAE), mais se montre moins gourmand, en raison de l'injection, et de ce fait, plus souple. Elle conserve la calandre à 6 phares, à l'image de la Citroën SM, que l'A310 V6 perdra. On peut reconnaître la VF grâce aux ouïes qui se trouvent à l'avant des ailes alors que les quelques VE qui en étaient équipées les ont eues au pied du pare-brise.

En 1976, la VG reprend la mécanique de la Renault 16 TX (286 exemplaires). Elle n'affiche alors que 95 ch, des performances en retrait, avec 195 km/h en pointe seulement, contre 215 km/h pour la VE et 210 km/h pour la VF. Pour autant elle répond à un souci d'économies d'énergie dans un contexte de crise pétrolière. Elle ne consomme en effet que 4,9 l/100 km/h à 90 km/h, un record à l'époque.

De fait, la voiture souffre de la comparaison avec le concurrence. La tenue de route, le confort, la finition ne sont pas à la hauteur d'une Porsche 911,  Le moteur 1600 manque de brio et se complait plus dans une utilisation citadine que sportive. Elle est soutenue par la Gendarmerie des Autoroutes qui commandera quelques modèles pour remplacer la SM. Seule l'A310 V6 pourra changer l'image de la voiture et resserrer l'écart avec la concurrence.

Seules 2348 exemplaires de l'A310 1600 ont été fabriqués (en comptant les rares 1800 préparées pour le rallye).

Pour en savoir plus : l'Amicale Alpine

Fiche technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Disposition : porte-à-faux arrière
Puissance fiscale : 9 CV
Cylindrée : 1605 cm3
Alésage x course : 78 x 84 mm
Taux de compression : 10,3:1
Puissance maximale : 127 ch à 6250 tr/min
Couple maximal : 15 mkg à 5000 tr/min
Distribution : arbre à cames latéral, soupapes en tête en V, culbuteurs
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : injection électronique
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports
Type de transmission : propulsion
Direction à crémaillère (2,5 tours)
Diamètre de braquage : 10,2 m
Suspension av : roues indépendantes, triangles superposés, ressorts hélicoïdaux, barre stabilisatrice, amortisseurs hydrauliques telescopiques
Suspension ar : roues indépendantes, triangles superposés, ressorts hélicoïdaux, barre stabilisatrice, amortisseurs hydrauliques telescopiques
Longueur : 417,8 cm
Largeur : 162,1 cm
Hauteur : 115,1 cm
Empattement  : 227 cm
Voie av : 140,5 cm
Voie ar : 141 cm
Garde au sol : 15,3 cm
Pneus av : 165 HR 13
Pneus ar : 185 HR 13
Freins av : disques ventilés
Freins ar : disques
Vitesse maximale : 210 km/h
0 à 100 km/h : 8,4 s
1000 m D.A. : 29,7 s
Capacité du réservoir : 55 litres
Poids : 840 kg

26 juin 2015

Bugatti Type 30 Brescia (1922-1926)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

A l'origine, la Bugatti Type 30 est une voiture de course, une vraie. Elle succède à la Type 13 qui n'avait existé que pour les besoins de la compétition et n'avait été fabriquée qu'en quantités infinitésimales et dont les Type 22 et Type 23 sont les dérivés. Ces voitures ont remporté bon nombre de courses au cours de leur carrière avant guerre.

En 1921, Bugatti met au point la Type 28. Ce modèle unique, reçoit un moteur 8 cylindres en ligne de 3 litres, en deux blocs de quatre cylindres. Les deux blocs sont reliés par un vilebrequin à 9 paliers. L'arbre à cames est actionné par arbre vertical relié directement au vilebrequin. Avec deux carburateurs de conception maison, deux soupapes à l'admission et une pour l'échappement, ce moteur développe 80 ch ce qui le rend extrêmement performant. L'idée de le transposer à la compétition se fait rapidement.

Sauf que la réglementation a changé et que les cylindrées sont réduites de 3 à 2 litres. Bugatti adapte alors son moteur sur un châssis du Type 23. Les 8 huit cylindres sont toujours constitués de deux blocs assemblés sur un carter commun en aluminium. Le vilebrequin ne comporte plus que 5 paliers, l'allumage est double et commandé par Delco et non plus une magnéto. En définitive, Bugatti extirpe 86 ch (SAE) au "petit" moteur 8 cylindres au régime de 4000 tr/min. Selon le rapport de pont, elle peut atteindre entre 130 et 145 km/h. Elle est heureusement freinée par des freins hydrauliques, mais les premiers modèles disposaient encore d'une commande à câble. La suspension est assurée par des ressorts à lames quart-elliptiques. La Type 30 est alignée sur des courses célèbres comme les Grand Prix de l'ACF (Automobile Club de France) à Strasbourg, au Grand Prix de Monza ou aux 500 miles d'Indianapolis, avec des résultats en demi-teinte.

La Type 30 est aussi présentée au salon de l'automobile qui se déroule sous la verrière du Grand Palais à l'époque. Elle prend la forme d'une version d'un "coupé de ville" qui côtoie la voiture victorieuse à Monza. Les clients pouvait donc opter pour plusieurs types de carrosseries, parfois effectuées par des carrossiers indépendants. On note quelques torpédos, des coupés profilés, et des profils plus orientés vers la compétition comme ce coupé Brescia 3 places. Selon les cas, les moteurs étaient bridés entre 60 et 75 ch, ce qui en faisait des voitures des plus performantes de l'époque.

Construite entre 1922 et 1926 à environ 600 exemplaires (585 pour certaines sources), la Type 30 va servir de tremplin a la conception de l'un des chefs d'oeuvre de l'histoire de Bugatti : la Type 35.


18 juin 2015

Opel Calibra 2.0i (1990-1994)

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(Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Depuis deux ans ou presque, avec l'arrêt de la Manta et de la Monza, Opel ne proposait plus de coupé sport. Il faut dire que dans cette ère du développement des monospaces, le coupé moins polyvalent n'a plus le vent en poupe. Qu'à celà ne tienne, Opel se propose de revoir le cahier des charges. Et ce sera l'occasion de répondre du tac au tac à la Ford Probe et la Volkswagen Corrado.

Sur la plateforme d'une Opel Vectra, Wayne Cherry le designer de la General Motors, et Ehrard Schnell, le designer maison, mettent au point une ligne à la fois fluide, sportive, élégante et discrète. Et, cerise sur le gâteau, cette ligne établit un nouveau record de Cx pour une voiture à quatre places avec 0,26 seulement (la SM avait le même coefficient, mais c'est un coupé 2+2). Un record qui ne sera battu qu'en 1999 par la Honda Insight et détenu actuellement par la Mercedes CLA (0,23). La voiture pose une nouvelle référence, un nouveau calibre, et son appelation Calibra n'est alors pas usurpée.

L'originalité de ce nouveau coupé est de ne pas céder aux tentations importantes de faire une voiture basse pour qu'elle soit plus fluide. La voiture est parfaitement accessible pour quatre personnes et le coffre de 300 litres, que l'on peut agrandir à 980 litres en rabattant la banquette arrière, répond à des critères que le tandem Renault15/17 avaient déjà éprouvés avec succès. A l'intérieur, on retrouve la planche de bord d'une Opel Vectra, un détail qui déplaira à bon nombre de commentateurs estimant que la Calibra aurait dû faire l'objet d'une planche originale et plus sportive. En revanche, la Calibra est richement dotée en série, manière d'aller chatouiller les japonais sur leur propre terrain. Mais Opel a pris bien soin de ne pas surfacturer ces équipements de façon à lui conserver tout son attrait.

Dans la mesure où la Calibra partage la plateforme de la Vectra, elle dispose des mêmes trains roulants, ou presque. Plus typée sport, elle fait parfaitement son office et son comportement de voiture à moteur transversal avant à roues avant motrices. La voiture est bien équilibrée avec une très faible propension au sous-virage. L'ABS de série ote toute surprise au freinage et toute velléité déséquilibre. La Calibra est confortable, ce qui est louable dans la mesure où c'est une voiture conçue pour rouler à quatre adultes à bord, et qui doit pouvoir servir quotidiennement.

Commercialisée début 1990, après une présentation au salont de Francfort en septembre 1989, la Calibra est proposée en deux versions à quatre cylindres. De base un deux litres injection de 115 ch et une version multisoupapes de 150 ch issu de la Kadett GSi. Dès la version de base (notre modèle), les performances sont déjà intéressantes, aidées par cette aérodynamique et un poinds contenu à 1215 kg. Ainsi le 115 ch permet déjà de d'atteindre les 205 km/h en pointe, et d'accomplir le kilomètre en 31,1 s. Mais c'est surtout son agrément quotidien qui le rend agréable avec un couple de 17,3 mkg à 2600 tr/min, de quoi rouler en souplesse dans le trafic urbain. Avec le 16V, le ton monte. Coiffé d'une culasse mutlisoupapes, le moteur C20XE revendique 150 ch à 6000 tr/min. Le couple progresse à 20 mkg à 4000 tr/min, ce qui montre qu'il vaut mieux aller chercher la puissance en haut, et ne pas hésiter à cravacher pour en tirer la quintessence. Il reste toutefois agréable en utilisation urbaine. Ainsi gréée, la Calibra 16V se permet 223 km/h sur circuit, 8,5 seconde de 0 à 100 km/h et 29 secondes pour accomplir le kilomètre. De très bonnes valeurs pour ce segment.

Mais même 150 ch, ça semblait trop peu. Alors en septembre 1991, Opel dégaine la Calibra Turbo. Forte de 204 ch, la version survitaminée est aussi accompagnée d'une boite à six rapports et d'une transmission intégrale. Le poids s'en ressent puisqu'il franchit alors les 1400 kg. Mais avec 29 mkg à 2400 tr/min, la voiture est réellement sportive. Le 0 à 100 km/h s'effectue en 6,8 secondes, le kilomètre exécute en 27 secondes et la vitesse de pointe se situe à 245 km/h ! De quoi aller titiller d'autres voitures allemandes de plus gros... calibre. A noter que la transmission intégrale est également disponible sur la 16V (16V 4x4).

En 1994, la Calibra accueille un nouveau moteur V6 qui manquait à son prestige. Celui-ci, plus sage que la version Turbo, offre 170 ch et l'ouverture du marché vers les USA, même s'il avait été pressenti un moment que pour le marché américain, la voiture serait rebadgée Saab. La Calibra V6 file à 237 km/h tout de même, accomplit le kilomètre en moins de 29 secondes.

La même année, le moteur 2.0i de 115 ch est remplacé par la nouvelle génération de moteurs ECOTEC (2.0 16v). Le nouveau 2.0i qui lui aussi se pare d'une culasse multisoupapes s'en trouve porté à 136 ch. Mais il n'est pas commercialisé en France. Il remplace alors à la fois le 8 et 16 soupapes. Par la même occasion, la version 16V 4X4 disparaît.

Outre un très léger restylage en 1993 (nouvelle calandre et nouvelles jantes), la Calibra a peu évolué jusqu'au terme de sa carrière. Démarrant par 29 431 en 1990 et 97 443 voitures fabriquées dès 1991, la Calibra termine sa carrière a 238 647 exemplaires. Entre temps, la 2.0 16v a été stoppée en 1996, de même que la Turbo 4x4.

Actuellement entre deux eaux, la Calibra n'est pas encore sortie du monde de l'occasion et pas encore entrée dans celui de la collection. Avec un moteur plutôt fiable, des performances intéressantes, un mobilier solide, la Calibra peut se révéler être une bonne affaire avant que les côtes ne remontent. Les voitures s'échangent autour de 2000 € à l'heure actuelle pour une 16 V, voire une V6. Attention aux voitures mal entretenues, ou aux massacres du tuning...

Après l'arrêt de la production de la Calibra en 1997, Opel a confié le rôle à la Tigra. Il faut attendre 2000 pour que le coupé Astra ne vienne créer l'illusion d'une remplaçante.

Pour en savoir plus : Calibra Classic

Fiche technique :

Type du moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Disposition : transversal, avant
Puissance fiscale : 10 CV
Cylindrée : 1998 cm3
Alésage x course : 86 x 86 mm
Puissance maximale : 115 ch à 5200 tr/min
Couple maximal : 17,3 mkg à 2600 tr/min

Distribution : arbres à cames en tête
Nombre de soupapes : 8
Taux de compression : 9,2:1
Alimentation : injection Bosch Motronic M1.5

Type de transmission : traction
Boite de vitesse manuelle à 5 rapports
Direction à crémaillère, assistée
Suspension av : roues indépendantes type McPherson, barre anti-roulis, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : roues indépendantes, bras tirés, barre anti-roulis, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 449,2 cm
Largeur : 168,8 cm
Hauteur : 132 cm
Empattement : 260 cm
Voie av : 142,6 cm
Voie ar : 144,6 cm

Pneus av : 205/55 VR 15
Pneus ar : 205/55 VR 15
Freins av : disques ventilés (256 mm)
Freins ar : disques ventilés (260 mm)

Vitesse maximale : 205 km/h
0 à 100 km/h : 10 s
1000 m.D.A. : 31 s
Cx : 0,26
Volume du coffre : 300 litres (980 banquette rabattue)
Capacité du réservoir : 63 litres
Consommation moyenne à 90 km/h : 6,1 l/100km
Consommation moyenne à 120 km/h : 7,5 l/100km

Consommation moyenne en cycle urbain : 11,1 l/100km
Poids : 1190 kg

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Ford Capri II 1600 GT (1974-1978)

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(10è Expo-Rétro de Pavilly, Seine-Maritime, juin 2011)

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(Fréville, Seine-Maritime, septembre 2012)

Après une première retouche en 1972, la Ford Capri arrive à la seconde génération en 1974. Le besoin de rajeunir la silhouette se fait ressentir par l'arrivée des concurrentes que sont les Renault 15 et Renault 17, ou encore l'Opel Manta. Forte de 1,2 millions d'exemplaires écoulés à la première génération et 70 000 rien qu'en France, la Capri ne doit pas perdre de terrain.

La ligne est remise au goût du jour. La face avant s'affirme avec une nervure centrale du capot prononcée, des clignotants placés aux extrêmites des phares, agrandis pour l'occasion. De profil, on constate la disparition de la nervure qui longeait le flanc et l'augmentation de la surface vitrée. A l'arrière, un hayon est installé, ce qui implique une modification du seuil de chargement, et partant, de redessiner les imposants feux de la version précédente issus de la première évolution intermédaire (Capri I½). Deux nouveaux blocs longs, rappelant ceux de la version initiale, entourent une plaque d'immatriculation en léger retrait. Au résultat les lignes sont plus douces, plus précises, plus équilibrées et sans doute moins chères à produire.

Sous la capot, les choix sont amenuisés. Seuls quatre moteurs subsistent et deux finitions. Les 1300, 1600 GT (notre modèle), 2300 GT et 3000 GT peuvent se décliner en 1300 L et XL, et standard ou Ghia pour les GT, cette dernière se parant d'un toit vinyle, intérieur en velours, équipement maximum et roues en alliage léger. On note la disparition de la 2000. La 3000 GT est supprimée du catalogue français à l'automne 1975 et en 1976 la production de la Capri cesse en Angleterre après 337 500 voitures produites. Pour l'occasion, une 2000 V6 fait son retour, en empruntant son moteur à la Taunus TC (ici en coupé 2300 V6). Les finitions sont renommées ; L et GL pour la 1300, S impératif pour la 1600, S ou Ghia pour les 2000 et 2300. Celles-ci se distinguent par leur liserai de couleur le long des flancs. En 1977, c'est la chaîne de montage américaine qui est interrompue après près de 513 500 voitures produites.

Les trains roulant ne sont guère modifiés, si ce n'est l'adoption de barres anti-roulis, tant à l'avant qu'à l'arrière. L'essieu arrière reste cependant rigide.

A l'intérieur, la planche de bord gagne des cadrans et s'orne d'un plastique noir. Avec le hayon, la modularité est encore accrue par une banquette rabattable, une réponse directe à la Renault 15. L'équipement de la GT (notre modèle) comprend un compte-tour, un manomètre de pression d'huile, un voltmètre, des accoudoirs avec poignée de porte incorporée, une banquette arrière fractionnable, des phares à iode. Curieusement, il est dépourvu de lunette arrière dégrivante, pourtant en série sur la XL. La Ghia s'agrémente d'essuie-glace arrière, appuie-tête incorporés, garnissage du coffre en velours, un console centrale, entre autres. A partir de 1976, l'équipement est encore en hausse sur toutes les versions.

En 1978, encore sous la pression de la concurrence, la Capri entre dans sa troisième génération, la dernière.

Pour en savoir plus :
- le Club Capri Passion
- le site Capri Legend

Fiche technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 9 CV
Cylindrée : 1593 cm3
Alésage x course : 87,7 x 66 mm
Taux de compression : 9,2:1
Puissance maximale : 88 ch à 5700 tr/min
Couple maximal : 12,7 mkg à 4000 tr/min
Distribution : arbre à cames en tête
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : carburateur double corps
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 4 rapports
Direction à crémaillère
Diamètre de braquage : 10 m
Longueur : 428,8 cm
Largeur : 169,8 cm
Hauteur : 135,7 cm
Empattement : 255,9 cm
Voie av : 135,3 cm
Voie ar : 138,4 cm
Pneus av : 165 SR 13
Pneus ar : 165 SR 13
Freins av : disques, assistés, double circuit
Freins ar : tambours, assistés, double circuit
Vitesse maximale : 170 km/h
Volume du coffre : 230 litres (640 litres sièges rabattus)
Capacité du réservoir : 58 litres
Poids : 1050 kg

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16 juin 2015

Alpine A110 - 1600 Tour de Corse (1969)

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(Réunion du Club Renault, La Bouille, Seine-Maritime, mai 2012)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

A côté de l'Alpine A110 de série, les versions "compétition" de la "Berlinette" ont montré au monde entier la maîtrise technique de Jean Rédélé et ses équipes. A compter de 1967, le petit coupé reçoit le moteur de la Renault 16 amélioré par Colin Chapman pour la Lotus Europe. Mais à partir de 1969, c'est la version de la Renault 16 TS qui est installé dans le porte-à-faux arrière de la berlinette. Les A110-1600 disposent alors, en série, d'une cavalerie de 92 ch DIN (102 ch SAE) qui, rapportée au faible poids de la voiture, lui permet une vitesse de pointe d'environ 210 km/h et surtout de meilleures reprises qui souligneront encore mieux ses formidables vitesses de passage en courbe. La puissance grimpe encore les années suivantes avec des évolutions à 138 ch SAE (125 ch DIN) du moteur de la Renault 16 TS, puis avec l'évolution du moteur de la Renault 17 Gordini à 140 ch SAE (127 ch DIN).

En 1969, la nouvelle 1600 est engagée au Tour de Corse dans la catégorie "Groupe IV". Jean-Claude Andruet au volant de l'A110-1600 domine l'épreuve de la tête et des épaules jusqu'à la cinquième spéciale. Au départ de la seconde étape, il connaît des soucis de carburation et commet une faute qui lui fait heurter un rocher. Il cède alors sa place à la Porsche 911 de Gérard Larrousse (double vainqueur des 24 h du Mans et patron de l'écurie F1 Larousse-Calmels). Trois A110-1440 (avec le moteur de la Lotus Europe) prennent les seconde, quatrième et cinquième places. La première 1600 est sixième et la dernière inscrite est huitième. En 1970, la revanche est totale avec les trois premières places acquises aux trois 1600, la victoire revenant à Bernard Darniche qui a mené l'épreuve de bout en bout, remportant au passage les 12 spéciales qui compte l'épreuve ! Grand Chelem !

A partir de 1972, le moteur est réalésé, et c'est une Alpine A110-1800 qui est inscrite à l'épreuve, qu'elle remporte encore une fois, puis à nouveau en 1973 aux mains de Jean-Claude Andruet alors qu'elle est inscrite au Championnant du Monde des Rallyes (WRC). Il faudra l'arrivée de la Lancia Stratos pour mettre en terme à la suprématie de la Berlinette en rallye, et sa mise à la retraite en 1975, en vue de son remplacement par l'A310. Mais la petite nouvelle n'aura pas le succès de son aînée, et c'est bien la "Berlinette" qui reste dans la légende automobile.

12 juin 2015

Lancia Stratos (1973-1974)

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(Caux-Retro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2012)

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(Retromobile, février 2006)

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(Auto-Moto-Retro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Au début des années 70, les performances de la Lancia Fulvia coupé HF semblent toucher leurs limites. L'architecture moteur avant et propulsion semble dépassée et la concurrence rattrappe le retard, même si la voiture gagne tout de même le championnat 1972. C'est ainsi que le Groupe Fiat, sous l'impulsion du célèbre Cesare Fiorio, a le projet de construire un modèle à moteur central arrière et propulsion. La carrosserie est confiée à Marcello Gandini de chez Bertone, qui livre un modèle futuriste de concept-car au salon de Turin 1970 : la Stratos HF.

A partir de ce projet, Lancia fait appel à des intervenants extérieurs pour mettre au point une voiture qui ne sera commercialisée que dans l'unique but de concourir dans les rallyes automobiles. C'est une voiture sans concession, conçue pour et autour de la course. La conception du châssis et de la carrosserie en fibre de verre sera confiée au carrrossier tandis que l'assemblage aura lieu chez Lancia. Elle est présentée au Salon de Turin en septembre 1972, mais sa production en "série" n'est entamée qu'à partir de septembre 1973.

La structure autant que la ligne sont originales : châssis tubulaire en acier (en alu pour les deux prototypes) et carrosserie en fibre de verre. La structure centrale accueille un berceau à l'arrière qui supporte le moteur et les trains roulants tandis qu'à l'avant, deux poutres se chargent du travail. Cette configuration orginale permet d'ouvrir la voiture par des capots inversés et symétriques. L'accès aux organes du moteur n'en est que facilité. Un large pare-brise enveloppe les deux passagers, balayé un unique essuie-glace. Avec ce pare-brise très incliné, une hauteur totale de 111 cm et des phares escamotables, la voiture est élancée vers l'avant comme une flèche et cette ligne cache de fait une masse rassemblée au maximum entre les trains roulants. Pas de place à l'arrière, empattement ultra-court (2,18 m), longueur réduite à 3,71 m, poids contenu à 980 kg réparti à 54 % sur l'arrière, la Stratos s'avère extrêmement maniable et d'une tenue de route exceptionnelle.

Les premières ébauches imaginaient un moteur interne, mais ni le moteur de la Flavia 2000 ou le V6 de la Fiat 130 ne semblaient suffisants pour les ambitions du châssis. De fait, Cesare Fiorio avait déjà son idée et voulait absolument le V6 Ferrari qui équipe les Dino 246 GT, mais aussi le Coupé et le spider Dino-Fiat. Cependant, le Commendatore, toujours aussi ombrageux, vit très mal l'installation de son brillant moteur dans une voiture de son concurrent. Lancia se tourne alors vers Maserati qui s'avère être alors la propriété de Citroën pour obtenir le droit d'utiliser le V6 de la Merak. A cette nouvelle, Enzo Ferrari aurait alors cédé et donné son aval pour que le V6 Ferrari équipe la Stratos. Quelques modifications sont effectuées. Symbole oblige, la puissance est inférieure à celle qui est disponible dans la 246 GT. Mais le couple y trouve son compte, disponible sur une plage plus large. Poussée par le V6 Dino-Ferrari de la 246 GT placé en position centrale arrière et gavé par trois carburateurs Weber elle offre 190 chevaux à 7400 tr/min en version de base et autorise 230 km/h en pointe et à peine 7 secondes de 0 à 100 km/h. Elle revèle toutefois très capricieuse à haute vitesse et demande une attention de chaque instant.

Il faut 500 exemplaires pour satisfaire aux exigences du groupe 4, et il sera construit 495 exemplaires en tout. Les premières participations à des rallyes ne se feront que dans la classe "prototypes", et verront tout de même la victoire de la Stratos lors du Tour de France Automobile 1973, tout juste un an après ses débuts.

En 1974, les homologations pour le groupe 4 sont obtenues et les victoires en rallye s'enchaînent : 14 en championnat du monde et le titre. Bernard Darniche totalisera 33 premières places à lui seul jusqu'en 1982 dans différentes compétitions.

Elle trouve sa relève avec la Lancia 037 tandis que la Fiat 131 Abarth s'occupe de l'intérim. Objet culte des années 70, voiture de légende, sa faible production lui confère une côte élevée. Toutefois la relative fragilité du V6 Ferrari dont l'entretien est très rigoureux tend freiner les ardeurs. Si bien que sa côte n'est "que" de 100 000 €, ce qui semble assez faible au regard des quantités produites et de son palmarès.

Pour en savoir plus : un site très complet sur la Stratos.

Fiche technique  :

Moteur : V6 ouvert à 65 ° d'origine Ferrari, essence
Emplacement : central arrière, transversal
Puissance fiscale : 14 CV
Bloc moteur en fonte d'acier
Culasse en alliage léger
Cylindrée : 2418 cm3
Alésage x course : 92,5 x 60 mm
Taux de compression : 9:1
Vilebrequin : 4 paliers
Puissance maximale : 190 ch à 7400 tr/min (régime max : 7800 tr/min)
Couple maximal : 22,9 mkg à 4000 tr/min
Distribution : 2 doubles arbres à cames en tête
Nombre de soupapes : 12
Alimentation : 3 carburateurs Weber 40 double corps
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports
Direction à crémaillère (3,25 tours)
Suspension av : roues indépendantes, triangle supérieur, bras inférieur, barre de poussée et barre anti-roulis, avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs téléscopiques
Suspension ar : roues indépendantes, McPherson avec triangle inférieur et bras de poussée, barre anti-roulis, avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs téléscopiques
Longueur : 371 cm
Largeur : 175 cm
Hauteur : 111,4 cm
Empattement : 218 cm
Voie av : 143,3 cm
Voie ar : 145,7 cm
Garde au sol : 13 cm
Pneus av : 205/70 VR 14
Pneus ar : 205/70 VR 14
Freins av : disques ventilés (272 mm)
Freins ar : disques ventilés (272 mm)
Vitesse maximale : 230 km/h
0 à 100 km/h : 6,8 s
400 m D.A. : 15,6 s
1000 m D.A. : 28,6 s
Capacité du réservoir : 50 litres (80 litres en version course)
Poids : 980 kg

11 juin 2015

Delaunay-Belleville H4 (1908)

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(Auto-Moto-Retro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Au millieu des années 1850, Julien Belleville fonde les Ateliers et Chantiers de l'Ermitage, une entreprise spécialisée dans les chaudières à vapeur de gros calibre pour la marine. Son entreprise est très réputée d'abord pour la qualité de ses machines et pour la précision d'usinage des pièces. A tel point que les marines nationales (françaises ou anglaises, par exemple) ou de richissimes personnalités font appel aux Ateliers de l'Ermitage pour équiper leurs navires. Belleville parvient à un tel point de précision que bientôt les fabricants d'automobiles feront appel à ses services pour obtenir des pièces de qualité (cylindres, bielles, coussinets, pistons). Entre temps, un jeune homme ambitieux et plein de talent, nommé Louis Delaunay, diplômé de Polytechnique, entre à l'usine de Saint-Denis où se situent les Ateliers. Celui-ci a également la bonne idée d'être le gendre de Julien Belleville et de lui procurer deux petits-fils : Pierre et Robert Delaunay-Belleville. Après le retrait des affaires de Julien Belleville, c'est Louis Delaunay qui reprend l'entreprise.

L'idée met du temps à germer, mais face aux commandes des fabricants automobile et à l'émergence d'un marché à la fois prometteur et porteur, les deux petits-fils se décident à fonder la Société Anonyme des Automobiles Delaunay-Belleville. Ils engagent un ingénieur qui sa se faire remarquer quelques décennies plus tard avec un système de chenilles adaptées aux voitures, Adolphe Kegresse. Par ailleurs, il recrutent un denommé Marius Barbarou, ingénieur transfuge de chez Benz où il était Directeur Technique à 25 ans à peine ! Profitant des remous provoqués par le rachat de Daimler-Benz par Emil Jellinek qui allait fonder Mercedes-Benz, il est chargé de concevoir des voitures d'un niveau de confort de qualité très élevé.

Dès 1905, la firme comprend trois modèles : A4 de 16 à 20 CV, B4 de 24 à 28 CVh, et C4 de 40 CV. Ces voitures sont équipées de moteurs à 4 cylindres répartis en deux blocs séparés, mais dôtés d'un seul vilebrequin à 5 paliers et de soupapes latérales des deux cotés. Les transmissions se font à l'aide d'une boite à quatre rapports qui agit via une chaîne sur l'essieu arrière. Les modèles les moins puissants bénéficient d'un cardan. Tout est mis sur la qualité avant tout. Toutes les pièces sont inspectées et mise au rebut si elles ne sont pas parfaites.

En 1907, la gamme s'est étoffée de deux moteurs à 6 cylindres, toujours répartis dans deux blocs. Ces voitures portent encore un peu plus loin le niveau de silence et d'absence de vibrations. L'un des deux voitures, la C6, dispose d'un moteur 8 litres de 45 CV, au moyen d'un vilbrequin 7 paliers. L'autre, la H6, avec une cylindrée de 4 litres et un vilbrequin de 3 paliers seulement ne dispose que de 18 CV. Mais elles se distinguent toujours par leur exceptionnelle qualité de fabrication. Les voitures sont assemblées à la main sans contrainte de temps pour les ouvriers. La qualité et le prix des voitures place alors les Delaunay-Belleville comme les égales des Rolls-Royce, à tel point que les grands de ce monde s'empressent de s'en procurer une, comme le Tsar Nicolas II qui en possèdait plusieurs.

En 1908, la H4 est mise en circulation. Elle est armée d'un moteur 4 cylindres de 15 CV, toujours en deux blocs, de 3 679 cm3 qui fournit 38 ch à 1400 tr/min, ce qui lui permet d'atteindre 78 km/h. Conçue avec le même soin que le reste de la gamme, elle assure le gros des ventes. On note sa carrosserie en deux parties, ce qui lui vaut d'être considérée comme une coupé et une limousine. Il en résulte deux jeux de feux, l'un à l'avant à l'acétylène, et au niveau de la séparation entre le chauffeur (parce que ce genre de voiture était conduite par un chauffeur) et les passagers par des lampes à pétrole.

En mars 1914, Marius Barbarou a la mauvaise idée de quitter l'entreprise pour Lorraine-Dietrich qui s'en félicite. Le conflit mondial intervient et la production se recentre sur les chaudières marines et les moteur d'avion pour le compte d'Hispano-Suiza. Après la guerre, il semble évident de revenir à la production automobile, mais l'instabilité financière de l'après-guerre ternit un peu les projets. Le dollar et la livre s'envolent et les prix des Delaunay-Belleville dépassent ceux des concurrents. De nouveaux modèles sont étudiés et leurs accessoires proviennent d'autres fabricants. En 1923, malgré l'introduction de l'arbre à cames en tête appris en sous-traitant les moteurs Hispano-Suiza, les avancées par rapport à la concurrence font paraître les Delaunay-Belleville bien désuètes. La lente agonie de la marque est entamée, et se poursuivra jusqu'en 1948. Elle est alors cédée à de Rovin qui fabriquera des voiturettes, très loin du lustre d'antan.

L'histoire retiendra en outre que la Delaunay-Belleville sera la première voiture utilisée par une bande de gangster célèbre, la bande à Bonnot. Bien que décrite comme roulant en De Dion-Bouton par Joe Dassin, le chef de la bande, Jules Bonnot, était un ancien chauffeur de maître qui en connaissait un rayon sur l'automobile. Aussi n'hésita-t-il pas à se procurer (voler ?) une Delaunay-Belleville pour le premier casse motorisé de l'histoire.

Pour en savoir plus : mini.43