30 janvier 2012

Minerva T.T. (1952-1955)

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(Caux-Retro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2010)

En 1951, le Ministère belge de la Défense Nationale fait une demande de rapport à Mathieu Van Roggen au sujet de l'achat d'un véhicule 4X4 aux fins militaires avec la particularité au cahier des charges d'y intégrer de la main d'oeuvre belge. De fait, le rapport est assez facile à établir, dans la mesure où à l'époque le marché se limite à deux véhicules : soit la Jeep Willys, soit le Land Rover. Le BJ20 de Toyota n'est pas encore parvenu en Europe et les autres véhicules restent à l'état de prototype.

De son côté, Mathieu Van Roggen a racheté le constructeur Minerva Motors en 1939 suite à la déclaration de faillite. Cette société a été fondée en 1903 par un fabricant de motocyclettes. Peu à peu, ces voitures ont été reconnues pour leur qualités, et en particulier pour leurs moteurs Knight, dont Minerva a l'exclusivité mondiale, moteurs sans soupape et à double chemises coulissantes. Ces moteurs brillaient par leur silence de fonctionnement. Avant la première guerre, Minerva équipe bien des têtes couronnées de l'Europe.

Pendant la guerre, Minerva se transporte aux Pays-Bas et fabrique des véhicules à usage militaire, armés de fusil et de mitrailleuses légères. Après la guerre, Minerva revient en Belgique et revient à la production de puissantes voitures de luxe, rivalisant avec Rolls-Royce. Pour l'anecdote, Minerva était représentée en Angleterre par un certain Charles Rolls.

Dans les années 30, la crise économique dévaste le marché de l'automobile et emporte la plupart des constructeurs mondiaux. Seuls les grands constructeurs de voitures populaires subsistent et quelques constructeurs de voitures de luxe aux finances solides. Pour les autres l'agonie est plus ou moins lente, mais implacable. C'est le cas pour Minerva qui est déclarée en faillite en 1934.

Suite au rapport de Van Roggen, le Ministère de la Défense Nationale passe un appel d'offre de 2500 véhicules et Van Roggen y soumissionne en proposant la fabrication de Land Rover sous licence. Cette solution était la seule pouvant être mise en route rapidement, Willys n'acceptant pas de nouvelle licence (il y en a déjà pour Delahaye et pour Hotchkiss). Un premier Land est démonté en juin 1951 et l'on constate un certain nombre de défauts qui font échec à l'attribution du marché. Van Roggen revoit sa copie et enfin, en août de la même année, il emporte le marché et reçoit commande immédiate de 2500 voitures.

Land Rover envoie donc les voitures en kit à Minerva qui les assemble dans ses ateliers de Mortsel, en Belgique. Le kit ne contient que le moteur, la boite, la boite de transfert et les ponts. De son côté Minerva fabriquait la carroserie, celle du Land 80, les châssis et un bon nombre d'accessoires. Un accord de licence est conclu pour les années 1952 et 1953. Mais Minerva a commandé tant de voitures qu'il en sera encore fabriqué jusqu'en 1956, en dépit de leurs numéros de série qui indiquent les années 1952 ou 1953.

En 1955, alors que les dernières des 8440 voitures commandées par le Ministère belge ont été livrées un désaccord nait entre Minerva et Rover. En effet, Minerva veut se tourner vers la fabrication de véhicules civils basés sur le nouveau Land 86, mais Rover n'entend pas se faire un concurrent sur le marché. Minerva s'atèle à la fabrication d'un nouveau véhicule 4X4, mais les difficultés de trésorerie l'entraînent vers la faillite, qui est prononcée en 1958. De son coté, le Ministère a utilisé les voitures pendant près de 40 ans, et bien d'entre elles sont encore en circulation. 365 autres voitures ont été vendues dans une version civiles, soit un total de 8805 voitures.

Posté par Zorglub34 à 14:56 - - Commentaires [1]
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