24 janvier 2016

Jeep CJ-5 (1955-1983)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Alors que Willys-Overland a fourni aux alliés la Jeep qui allait rendre tant de services sur le terrain, l'avenir tend à désigner les vainqueurs avec pour conséquence immédiate un écourtement de la carrière de la déjà célèbre MB. C'est ainsi que Willys envisage dès 1944 de la reconvertir en voiture civile, et que nait la "CJ-1" pour "Civilian-Jeep 1". La documentation est très faible sur cette voiture et l'on ignore combien ont été fabriquées. La seule certitude est qu'aucune n'a servécu.

La même année, la CJ-2, dont la vocation fut plutôt agricole, a été fabriquée à 45 exemplaires seulement dont il n'en reste qu'une dizaine. L'aventure civile de la Jeep démarre réellement avec la CJ-2A, identifiable à sa roue de secours montée sur l'aile arriière droite, ses phares aggrandis et sa calandre à 7 fentes (contre 9 à la MB). Produite entre 1945 et 1949 à 214 760 exemplaires, elle est fabriquée avec un nombre inouï d'options. Elle est remplacée par la CJ-3, dont le passage de roue arrière a été modifié. Mais c'est surtout l'augmentation de puissance du moteur à 60 ch et la modification de la transmission qui ont motivé le changement de dénomination. La CJ-3A est fabriquée de 1949 à 1953 à 131 834 exemplaires auxquels il faut rajouter 550 unités construites sous licence par Mitsubishi. La CJ-4 fut bien fabriquée en 1951, à un seul exemplaire qui n'a pas survécu. Elle se caractérisait par un empattement raccourci et un nouveau moteur "Hurricane" de Willys. Mais son style, qui préfigure pourtant celui de la CJ-5 a été rejeté. Elle est donc relayée par la CJ-3B de 1953 à 1968. Son capot et la grille de calandre sont plus hauts pour pouvoir accueillir le nouveau moteur Hurricane et elle reçoit enfin une boite manuelle à 4 rapports en option à partir de 1963. Elle est produite à 196 000 exemplaires jusqu'en 1968, sans oublier les licences accordées à Mitsubishi, et à Mahindra qui en écoulera des quantités énormes en Inde et Indonésie jusqu'en 2010 !

Mais 1953 est aussi l'année d'un tournant chez Willys-Overlord. En proie à des diffcultés financières, la firme est rachetée par Kaiser qui influe directement sur la conception de la CJ-5. D'abord Kaiser débute par supprimer Overland du nom de la firme dont il ne reste plus que "Willys". Ensuite, des choix importants sont effectués : la CJ-5, qui devait initialement succéder à la CJ-3B, est inspirée par la Willys MC qui officie dans la Guerre de Corée. Elle est plus longue et plus large que cette dernière et se distingue par ses formes plus arrondies. Elle reçoit de nouveaux freins, de nouveaux sièges, la boite à gants ferme enfin. Le tableau de bord est inédit, le pare-brise aggrandi. Et en termes de solidité, elle s'avère tout aussi robuste et fable que ses ancêtres. En 1955, la CJ-6 qui arrive n'est qu'une version à l'empattement rallongé de la CJ-5.

Sa carrrière évoluera au rythme des péripéties de Willys. De 1961 à 1965, en plus du moteur 2.2 litres Hurricane, Kaiser se procure le moteur Diesel Perkins d'une puissance équivalente. Ce 4 cylindres de 3.15 litres n'est pas tellement plus puissant (62 ch), mais se fait remarquer par son couple de 21,3 mkg à 1350 tr/min seulement. En 1964, Kaiser enterre la marque Willys et la "Willys CJ-5" devient "Jeep CJ-5". Puis, à partir de 1965, Kaiser obtient des licences Buick et installe à bord de la CJ-5 un V6 de 3.7 litres de 155 ch tout à fait convaincant, mais bien trop puissant pour les capacités routières de la voiture.

Kaiser vend Jeep à AMC en 1970. Celle qui est alors le quatrième constructeur américain derrière les indéboulonables Ford, General Motors et Chrysler, décide de fournir à la CJ-5 ses propres moteurs. Les moteurs GM et le Hurricane sont évacués  àla fin de l'année modèle 1971 et les modèles 1972 profitent d'un 6-cylindres 3.8 litres (à l'exception de la Californie où le moteur est de 4.2 litres), ou même d'un V8 de 5.0 litres. Afin d'installer ces moteurs, les ailes et le capot sont aggrandis et l'empattement rallongé (76 mm). Le pont avant est également modifié.

La suite est une succession de petites et constantes améliorations qui tendent à rendre ce rustre et austère véhicule un peu plus accueillant. Nouveau tableau de bord en 1973. En 1976, l'ensemble du châssis est redimensionné et les dimensions du pare-brise modifiées. L'essieu arrière est aussi changé, récupéré d'une fabrication d'AMC. 1977 voit l'arrivée de freins assistés, et le moteur californien de 4.2 litres est généralisé en 1979. Enfin, la radio AM/FM est installée en série en 1981. Le moteur Hurricane fait son retour de 1980 à 1983.

La production de la CJ-5 s'interrompt en 1983 après 603 303 exemplaires, mais depuis 1976, la CJ-7 aux dimensions plus importantes avait déà pris le relai. Avec ses accords conclus avec Renault, la CJ-7 sera alors commercialisée en France avec le moteur 2.1 litres Turbo-Diesel de la Renault 18 TD ou de la Renault 20. Aux USA, elle reçoit les mécaniques de la CJ-5 améliorées. Elle sont ensuite remplacées par les Jeep Wrangler.

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20 février 2013

Jeep Wrangler (1987-1995)

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(Bourse d'échange Auto-Moto, La Grange Dimier, Heurteauville, Seine-Maritime, mai 2011)

Très tôt en 1944, avant même la fin du second conflit mondial, les alliés étaient convaincus de l'issue de la guerre. Celà a alors conduit Willys à devoir imaginer un débouché à sa fameuse Jeep. C'est ainsi que la première Jeep est modifiée pour une usage civil et que naît la première CJ-1, pour Civilian-Jeep n°1. Nul ne sait combien de voitures ont été fabriquées, et il n'en reste aucun survivante.

La même année, les premières AgriJeep sont fabriquées et la CJ-2 est une version à peine édulcorée de la Jeep à usage militaire, à des détails de carrosserie près et une mécanique plus adaptée à la vie aux champs. 45 voitures sont fabriquées et une seule, restaurée, a survécu. Très vite, la CJ-2A prend la suite, et plus de 200 000 voitures sont vendues en quatre ans, les évolutions ayant su tirer les leçons des erreurs passées.

Dans les années 50, Willys-Overland est rachetée par Kaiser Motors qui change le nom de la marque en Willys Motors Company. Jusque dans les années 80, les CJ vont évoluer, jusqu'à la CJ-7 qui sera une forme d'aboutissement de la Jeep civile. La Jeep a été exportée au Japon sous la marque Mitsubishi, au Brésil par Willys, très vite rachetée par Ford. En 1970, Kaiser cède la production de la Jeep à American Motors Corporation, société rachetée par Renault en 1979 dans le but de mettre un pied sur le marché américain. Renault distribue alors les Renault Alliance (ici en cabriolet) et Encore sur le sol américain et distribue la Jeep CJ-7 sur le sol européen. En France, Renault proposait les moteurs 2 litres essence de la Renault 20 TS et le moteur 2,1 Diesel de la Renault 20 TD.

En 1987, Chrysler reprend AMC et les accords de distribution sont réduits. Renault ne distribue plus la CJ-7 tout en conservant l'exclusivité du Cherokee. La marque Jeep est créée, histoire de surfer sur le capital sympathie que suscite le nom. C'est alors la Wrangler qui remplace la CJ-7. Elle se distingue par ses phares rectangulaires, mais les différences ne s'arrêtent pas là. La Wrangler est destinée à être plus confortable de façon à permettre une utilisaation quotidienne et citadine. Ses voies sont élargies pour plus de confort, les ressorts à lames sont plus larges, et la garde au sol rabaissée. Elle conserve ses deux ponts rigides et sa boite de transfert qui enclenche le pont avant lorsque la gamme courte est sélectionnée, tout en bloquant le différentiel central. Un choix de différents moteurs est proposé, allant d'un quatre cylindres de 2,5 litres de 105 ch à un 6 cylindres de 4,2 litres de 118 ch, mais 180 avec l'injection multipoints à partir de 1991.

La production est poursuivie jusqu'en 1995. Quelques modèles en stock sont vendus en 1996, mais il faut attendre 1997 pour que la nouvelle mouture de la Wrangler, désormais nommée TJ continue une histoire commencée pendant la guerre.

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06 septembre 2011

Jeep Cherokee XJ by Renault (1984-1992)

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(Rouen, Seine-Maritime, mars 2010)

L'histoire du Cherokee est assez tourmentée. Elle débute en 1963 avec le Jeep Wagoneer, un 4X4 à l'américaine, long, large, gourmand avec ses moteurs 6 cylindres ou V8. C'est une voiture conçue par Willys, le fabriquant sous licence de la Jeep de la guerre, et qui est devenue ensuite "Kayser Jeep Corporation" avant d'entrer après de longues tractations dans le giron d'AMC en 1970. Le Wagoneer est un gros 4X4 à 5 portes, le seul sans doute à l'époque à ne pas être un 4X4 utilitaire, bien avant le Range Rover. Mais sa production reste essentiellement sur le sol américain.

Après le rachat par AMC, une nouvelle version à trois portes est conçue et prend le nom de "Cherokee" en 1974. De mêmes dimensions, il se distingue surtout par sa calandre à grille verticale, et un hayon arrière dont la vitre peut descendre électriquement. Il faut attendre alors 1977 pour qu'une version à 4 portes prenne place dans la gamme, faisant doublon avec le Wagoneer. Avec des moteurs identiques à ceux du Wagoneer, il ne s'adresse qu'au marché américain ou à de rares amateurs européens qui ne sont effrayés ni par son prix d'achat, ni par les barrières d'importation, ni par la consommation importante de l'engin. Autant dire que les ventes en France sont confidentielles, le gabarit de l'auto ne correspondant pas aux normes et à la conception européenne d'une voiture.

Parallèlement, AMC a des accords avec Renault depuis les années 60, accords qui ont conduit Renault à commercialiser, sans grand succès d'ailleurs, la Renault Rambler. Dans les années 70, Renault rachète la moitié du capital de son partenaire. A travers le réseau AMC, Renault distribue alors aux Etat-Unis la Renault 5 Le Car, la Renault Alliance, dérivée de la Renault 9, et la Renault Encore, dérivée de la Renault 11. Mais les ventes d'AMC dégringolent, et l'échec de la Pacer propulse la firme vers la faillite. Renault prend les choses en main et lance un projet d'une nouvelle voiture, plus adaptée aux marchés européens. Le projet XJ qui aura coûté 250 millions de dollars aboutit en 1984 à la nouvelle génération de Cherokee (3 portes) et Wagoneer (5 portes), plus court de 50 cm, moins large de 15 cm, moins haut de 10 cm et plus léger de 500 kg ! Outre leur nombre de portes, les deux voitures se distinguent par leurs phares. Ces voitures sont des monocoques et n'ont plus un châssis sur lequel est boulonnée la mécanique et la carrosserie.

A l'origine les moteurs sont des 4 ou 6 cylindres à essence, avec une boite quatre rapports manuelle pour le 4 cylindre, ou une boite 5 rapports en option pour le V6. Le V6 peut aussi recevoir une boite automatique trois rapports. Au choix, deux types de transmission sont disponibles : soit à train avant enclenchable, soit traction intégrale permanente. Cependant, la voiture n'est toujours pas importée en Europe dans cette configuration.

Ce n'est qu'en janvier 1985 que le Cherokee est enfin importé par Renault en France avec le moteur turbo Diesel maison qui l'on retrouve sur la Renault 20 TD ou même la Renault 18 TD. Avec une boite cinq rapports, les performances ne sont pas formidables, mais la voiture semble y trouver son compte en dépit d'un bruit important à bord. Le moteur 2,5 litres essence est également disponible, mais sera très peu vendu en Europe. La version à cinq portes devent disponible en juillet 1985 mais garde le nom "Cherokee".

En 1987, Chrysler rachète AMC à Renault qui reste toutefois importateur exclusif de la voiture pour la France, l'Espagne, l'Italie. Le V6 de 2,8 litres d'oigine AMC est remplacé par un bouillant 4 litres à 6 cylindres qui fait merveille. Avec 175 chevaux, il donne de franches accélérations à la voiture, et franchit les 100 km/h en un peu plus de 9 secondes ! En 1988, le moteur Diesel Renault est supprimé du catalogue américain tant ses performances semblaient indignes. En France, le Cherokee Limited est vendu exclusivement en 4 portes et moteur 6 cylindres. Il faut attendre 1990 pour que le Cherokee Limited soit à nouveau disponible en version Diesel, mais avec train avant enclenchable exclusivement.

Fin 1992, le contrat de distribution du Cherokee prend fin. Chrysler le renouvelle pas le contrat et le confie à Sonauto, qui avait mis en vedette le Mitsubishi Pajero. Les motorisations sont alors modifiées et le moteur Turbo Diesel Renault de 2,1 litres est troqué contre un 2,5 litres VM. L'aventure continue ainsi jusqu'en 1997, puis après une refonte jusqu'en 2001, année lors de laquelle, le nouveau Grand Cherokee viendra reprendre le flambeau.

Fiche technique :

Type du moteur : 4 cylindres en ligne d'origine Renault, Diesel
Emplacement : longitudinal avant
Puissance fiscale : 8 CV
Cylindrée : 2068 cm3
Alésage X course : 86 x 89 mm
Puissance maximale : 88 ch à 4000 tr/min
Couple maximal : 18,4 mkg à 2250 tr/min

Taux de compression : 21,5 : 1
Distribution : arbre à cames en tête
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : injection indirecte, pompe
Suralimentation : turbocompresseur Garrett + intercooler
Type de transmission : propulsion, 4x4 enclenchable
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports
Direction à circulation de billes, assistée
Suspension av : essieu rigide, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : essieu rigide, ressort à lames
Longueur : 452 cm
Largeur : 179 cm
Hauteur : 163 cm
Pneus av : 215/75 R 15
Pneus ar : 215/75 R 15

Freins av : disques ventilés
Freins ar : tambours
Vitesse maximale : 154 km/h
0 à 100 km/h : 16,5 s
400 m.D.A. : 20,1 s
1000 m.D.A. : 37,4 s
Capacité du réservoir : 76 litres
Consommation moyenne sur route : 7,9 l/100km
Consommation moyenne sur autoroute : 9,1 l/100km
Consommation moyenne en cycle urbain : 9,8 l/100km
Volume du coffre : 1010 litres
Poids : 1425 kg

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