24 juin 2017

Delahaye 135 M Letourneur & Marchand (1948)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2013)

Parmi les nombreux carrossiers qui ont habillé la Delahaye 135, on trouve également Letourneur & Marchand.

Le modèle présenté a été fabriqué en 1948 avec le moteur 3.6 litres de 120 ch (20 CV) ce qui permet à ce joli cabriolet d'atteindre la vitesse fort honorable de 150 km/h. Il est équipé d'une boite électromagnétique Cotal qui participe à la douceur de la conduite et qui a la particularité de compter autant de rapports en avant et en arrière.

La voiture présentée a été importée au Québec où elle a brûlé. Rapatriée en France, elle a fait l'objet d'une restauration intégrale dans les années 60.

D'après l'affichette ce modèle serait unique, or le site du Club Delahaye montre que Letourneur & Marchand ont fabriqué d'autres exemplaires très similaires. Si le propriétaire lit cette page, merci à lui de bien vouloir nous éclairer sur ce point.

Pour en savoir plus : le Club Delahaye


12 juin 2017

Delahaye 135 (1935-1952)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2013)

En 1897, la santé d'Emile Delahaye décline et il s'en ouvre à Georges Morane, l'un de ses clients. Celui-ci, avec son beau-frère Léon Desmarais, cherche une nouvelle production pour leur usine de Paris. L'accord est scellé en 1898 et les automobiles Delahaye ont une nouvelle usine à Paris, rue du Banquier. Emile Delahaye se retire sur la Côte d'Azur où il meurt en 1905. L'entreprise est laissée aux mains de Morane et Desmarais, puis à leurs descendants. Mais l'âme de la marque est surtout developpée par Amédée Varlet et Jean François, les responsables des études qui se succédèrent comme concepteurs de tous les modèles et à l'infatigable Charles Weiffenbach dit "Monsieur Charles", le directeur des fabrications et responsable des programmes de la compétition.

Jusqu'en 1927, ils fabriquent des voitures connues pour leur solidité, leur faibilité et un confort de très bon niveau. L'entreprise est aussi spécialisée dans la fabrication de camions, de machines agricoles et d'autopompes destinées aux sapeurs-pompiers. A partir de 1927, pour mieux résister à Renault et Citroën qui produisent en masse, Delahaye passe un accord avec Chenard & Walcker, Donnet et Unic. Chaque constructeur utilise son réseau pour vendre toutes les marques de l'alliance et des modèles communs sont fabriqués. Cependant la crise met à mal Donnet et Chenard & Walcker n'est guère plus vaillante. L'alliance vole en éclat en 1933 et la famille Morane, toujours aux commandes de Delahaye, s'oriente vers la production de voitures de prestige ou sportives.

C'est ainsi qu'est mise au point la Type 138, une création de Jean François et motorisée par un 6-cylindres de 3.2 litres de 90 ch prélevé sur les équipements destinés aux camions de 3 tonnes.  Dès l'année suivante (1934), la 138 est équipée de trois carburateurs et sa puissance augmente à 100 ch. Avec un châssis court, elle devient la "18 CV Sport". Trois voitures gagnent alors leur catégorie dans la "Coupe des Alpes". En 1935, après le rachat de Delage, la "18 CV Sport" évolue en "135" à châssis surbaissé.

Au début, la 135 utilise le moteur 3.2 litres. Mais au cours de son évolution, elle aura connu plusieurs moteurs différents. Il évolue rapidement en 3.6 litres (3557 cm3) et développe 120 ch et même 152 ch sur la version de compétition. Forte des différents succès en compétition, la Delahaye 135 devient très vite une voiture très prisée. Elle est réputée pour procurer une tenue de route exceptionnelle, tout en restant maniable et performante. Elle sera déclinée en Sport (18 CV, 3.2 litres 95 ch), jusqu'en 1939. De 1936 à 1938, la "Coupe des Alpes" offre 110 ch avec le même moteur mais trois carburateurs. Au salon 1936, la 135 Competition reçoit le moteur 3.6 litres et 110 ch. Elle devient 135 M en 1938 (notre modèle). La 135 Competition obtient alors le moteur de 120 ch (20 CV) et ses trois carburateurs et devient ensuite 135 MS. Elles sont le plus souvent associées à une boite électromagnétique Cotal qui améliore encore la douceur de conduite.

Mais une des particularités de la Type 135 c'est de ne pas avoir de ligne qui lui est propre. Sur les 2592 voitures produites entre 1935 et 1952, il y a très peu de voitures identiques. Les châssis sont le plus souvent livrés nus et sont carrossés par les plus grands noms français de l'époque parmi lesquels on retrouve Henri Chapron, Jean Henri-Labourdette, Faget & Varrnet, Letourneur et Marchand, Marcel Pourtout, Jacques Saoutchik ou encore les extravagances de Figoni & Falaschi (voir ici une Talbot-Lago carrossée par Figoni & Falaschi), entre autres. Enfin, l'une des carrosseries les plus répandues est celle de Guilloré (notre modèle, de 1949).

Un temps interrompue par la guerre, la production reprend après le conflit. La gamme s'étoffe de plusieurs autres modèles dérivés : 148, 175, et enfin la 235, sorte de chant du cygne de la marque. Des tractations sont entamées avec Hotchkiss qui finira par absorber Delahaye. La décision d''Hotchkiss d'arrêter de fabriquer des automobiles emporte alors l'histoire de Delahaye.

Avec 2592 produites seulement, avec un soin exceptionnel, des carrosseries presque toutes individualisées, les Type 135 sont très recherchées et sont très régulièrement l'objet de ventes aux enchères. Leur côte dépasse très souvent les 150 000 €.

Pour en savoir plus : le Club Delahaye

14 juin 2015

Delahaye Type 32 Victoria (1907-1913)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Emile Delahaye est un ingénieur des "Arts et Métiers", diplômé en 1869 à Angers. Après avoir fait ses premières armes en Belgique, il revient dans sa Tourraine natale et y fonde une famille. En 1879, il rachète une entreprise de Tours, celle de Julien Bréthon, spécialisée dans la construction de matériel et de fours pour les céramistes. Mais très vite, il convertit l'entreprise vers la fabrication de pompes et de moteurs à vapeur. Lui qui a appris le fonctionnement du moteur à vapeur est convaincu que l'avenir se trouve dans l'exploitation des moteurs à gaz. Il développe la technique et dépose même de nombreux brevets. Durant plusieurs années, il conçoit des machines pour la marine et reçoit un prix pour le moteur à combustion interne. Pendant ce temps, l'idée fait lentement son chemin de construire une automobile. En 1894, il fait partie des pionniers, en participant à la première exposition automobile dans l'enceinte du Salon du Cycle à Paris. Mais son usine produit également des camions et des véhicules de pompiers.

Pour la promotion de sa marque, il participe lui-même à des courses en prenant le volant. Il se fait notament remarquer sur Paris-Marseille-Paris en 1896. S'il arrive 10è de la course au terme de presque 85 heures de trajet, une autre Delahaye arrive 7è. Ses voitures sont reconnues pour leur qualité de fabrication et leur fiabilité. Les clients fortunés affluent avec parmi eux la duchesse d'Uzès dont on dit qu'elle est la première femme à obtenir le permis de conduire et à être sanctionnée pour excès de vitesse. L'entreprise est prospère et atteint vite les limites de ses capacités de production. En 1897, Delahaye dont la santé décline s'en ouvre à Georges Morane, l'un de ses clients. Celui-ci, avec son beau-frère Léon Desmarais, cherche une nouvelle production pour leur usine de Paris. L'accord est scellé en 1898 et les automobiles Delahaye ont une nouvelle usine à Paris, rue du Banquier. Emile Delahaye se retire sur la Côte d'Azur où il meurt en 1905. L'entreprise est laissée aux mains de Morane et Desmarais, puis à leurs descendants. Mais l'âme de la marque est surtout developpée par Amédée Varlet et Jean François, les responsables des études qui se succédèrent comme concepteurs de tous les modèles et à l'infatigable Charles Weiffenbach dit "Monsieur Charles", le directeur des fabrications et responsable des programmes compétition. De 1927 à 1933, Delahaye est associée à Chenard & Walcker pour la construction d'une voiture de moyenne gamme.

Jusqu'en 1933, l'entreprise fabriquera des voitures, des camions, des véhicules de lutte contre les incendies, des pompes, des canots à moteur, etc. Après 1933, la famille Morane décide de développer la construction de voiture de prestige et d'entrer dans la bataille contre Rolls-Royce, Bentley, Daimler, Bugatti, Hispano-Suiza, Talbot ou encore Delage. D'ailleurs le rachat par Delage en 1935 contribuera largement à ce mouvement.

Parmi les grandes réussites, la Delahaye 135 de 1934 participera à la renommée de la marque, comme la 175 puis la 235. Mais les difficultés sont là et les années 50 font disparaître les constructeurs de voiture de luxe. Un accord est passé avec Hotchkiss en 1954 pour la création de la société Delahaye-Hotchkiss. Mais Hotchkiss arrête de fabriquer des voitures de tourisme en 1955, ce qui met également un terme aux voitures Delahaye. Elle sera surtout réputée pour ses véhicules de pompiers.

Le modèle présenté ici est un double phaéton (voiture avec des fauteuils à dossier haut) fabriqué en 1910, mais également un carrosserie Victoria (voiture à quatre places avec capote repliable à l'arrière). Ce modèle fabriqué de 1907 à 1913 était disponible en de nombreuses carrosseries (berline, coupé, coupé avec chauffeur, phaeton, double phaéton, limousine, cabriolet, break, fourgon, torpédo, véhicule incendie, etc...). Son moteur est un moteur 4 cylindres en deux blocs d'environ 1900 cm3. Il est de la marque à utiliser les soupapes en L, soit une latérale (généralement, l'échappement) et une en tête (l'admission). Avec une boite de vitesses à 3 rapports, il permet d'emmener la machine à 60 km/h. Il se classe dans la catégorie fiscale des 12 CV. Sa côte actuelle s'élève à 50 000 € environ.

En suivant ce lien : une Delahaye Type 64 de 1913.

Pour en savoir plus : le Club Delahaye

22 février 2015

Delahaye Type 64 Torpedo 14/16 CV 1913

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(Rétro-and-Caux, Doudeville, Seine-Maritime, juillet 2012)

Plus cossu que la Type 32, le modèle présenté est un Torpédo familial de 1913, Type 64. Le numéro de châssis est 9444. Il est animé par un moteur 4 cylindres de 2800 cm3 combiné à une boite à 4 vitesses qui l'emmène à 65 km/h bien lancée. Les freins agissent directement en sortie de boite, une sorte d'ancêtre des freins "in-bord". En revanche, le frein à main agit sur les roues arrière. Pas de démarreur, le moteur ne peut démarrer qu'à la manivelle ! De même, l'éclairage est d'époque avec des lampes à acétylène "Blériot". Il ne resterait que trois exemplaires connus en Europe.

Pour en savoir plus : le Club Delahaye