12 février 2017

Daimler Eight (1997-2002)

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(Caux-Rétro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2013)

Dès 1991, Geoff Lawson, patron du style chez Jaguar devenue propriété de Ford, se lance dans le chantier de remplacement de la XJ40. Autant la précédente avait été décriée par sa rupture de style par rapport à ses aînées, autant la nouvelle X300 reprend les codes et la signature de la XJ6/XJ12. Le client fidèle y retrouve sans peine les phares ronds de la XK Mk III, les lignes tendues, les arrondis subtils, les volumes imposants. A cette époque, Jaguar ne produit que la XJ et la XJS. Il convient alors de rendre le produit phare aussi attractif que possible.

La remplaçante de la XK40 est présentée en septembre 1994. Elle s'inscrit à la fois dans une longue tradition et une modernité réelle. Elle hérite des moteurs 6 cylindres AJ6 devenus AJ16 (allumage, soupapes en alliage de magnesium, nouveaux pistons, etc) de 3.2 de 219 ch et 4.0 litres de 249 ch (X300 dite XJ6) ainsi que du V12 de 6 litres de 319 ch de la XJS (X305 dite XJ12). Les voitures sont appelées classiquement "XJ6" et "XJ12". Pour plus de sportivité la XJR reçoit une version à compresseur du 4 litres et revendique 326 ch (X306). D'autres finitions "Sport", "Sovereign" ou "Executive" sont également disponibles, en châssis long (X330) ou court (respectivement LWB ou SWB). Pour les versions les plus cossues, c'est en premier lieu Daimler qui reprend le rôle, sorte de clone de Jaguar à l'instar de Bentey pour Rolls-Royce dans les années 80. Les Daimler Six ou Double Six offrent un équipement de très haute tenue et poussent le raffinement à un point qui rivalise avec les spécialistes du genre que sont Mercedes, Bentley ou Rolls-Royce. Pour les Etats-Unis, c'est Vanden Plas qui occupe le terrain en lieu et place de Daimler.

Dans tous les cas, la XJ se fait remarquer par son confort et sa souplesse. Il ne faut pas lui demander de se comporter en sportive, elle n'est pas faite pour ça. Certes les performances sont bonnes sur le papier, mais le poids et les trains roulants la prédestinent aux longs itinéraires parcourus à bonne cadence dans le silence et le confort d'un salon climatisé.

En 1997, Jaguar a vendu 92 000 unités de la X300. La dernière XJ12 tombe des chaînes le 17 avril 1997. Ford a décidé d'abandonner les 6 cylindres du moteur AJ16 et le V12 et de les remplacer par un moteur V8. Contrairement aux rumeurs, il ne s'agit pas d'un moteur Ford mais bien d'un moteur Jaguar, conçu en interne (AJ28). Les X300/305/306 deviennent donc toutes X308 et nommées XJ8. Il y a alors deux V8, l'un de 3,2 litres (243 ch) et l'autre de 4 litres (294 ch). L'XJR reste à 4.0 litres avec compresseur ce qui lui offre 376 ch et un 0 à 100 km/h effectué en 5,6 s. Remarquable ! Il y a alors toujours les finitions "Sport", "Sovereign", "Executive", puis SE à partir de 2002. Chacune se décline encore en LWB ou SWB. En haut du panier on retrouve toujours les Daimler, mais qui s'appellent Eight pour la V8 "ordinaire" ou "Super Eight" pour celle qui doit remplacer la "Double Six" et qui reçoit la mécanique de la XJR. Les mêmes sont appelées Vanden Plas aux Etats-Unis. Avec la disparition des moteurs 6 cylindres et V12, la boite manuelle est aussi mise au placard. Les X308 ne connaîtront que des boites automatiques à 5 rapports.

Si les X308 sont très peu différentes des X300 vues de l'extérieur, l'essentiel du travail de réforme a été effectué à l'intérieur. A l'extérieur, les clignotants sont désormais ovoïdes et intégrés à des pare-chocs qui sont devenus des boucliers intégrés. A l'intérieur, l'ergonomie des commandes a été rationalisée, la casquette du tableau de bord est plus prononcée. Le tableau de bord est constitué de 3 cadrans ronds. Le satellite de commandes a disparu, remplacé par des commandes au volant plus modernes. L'agencement de la console centrale est aussi revu avec une présentation des commandes plus claire.

En définitive, Jaguar aura vendu 126 260 exemplaires de la X308, toutes versions confondues, entre juillet 1997 et décembre 2002. La clientèle a été convaincue par une voiture classique sur le forme, mais animée par un moteur brillant, très souple et performant qui ne laisse aucun regret à l'égard des 6 cylindres et des V8. Elle cède alors sa place à la X350.

A noter que la Daimler se distingue facilement de la Jaguar par sa calandre crenelée à l'avant, et l'éclairage de plaque également crénelé à l'arrière.

Fiche technique :

Type du moteur : V8 ouvert à 90°, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 20 CV
Cylindrée : 3996 cm3
Alésage x course : 86 x 86 mm
Taux de compression : 10,75:1
Vilebrequin : 5 paliers
Puissance maximale : 294 ch à 6100 tr/min
Couple maximal : 40,1 mkg à 4250 tr/min
Distribution : doubles arbres à cames en tête
Nombre de soupapes : 32
Alimentation : injection électronique intégrale
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses automatique à 5 rapports
Direction à crémaillère (2,8 tours)
Suspension av : roues indépendantes, double triangles, barre antiroulis, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : roues indépendantes, triangle inférieur, barre antiroulis, ressorts hélicoïdaux
Longueur : 502,4 cm
Largeur : 179,8 cm
Hauteur : 133,9 cm
Empattement : 287 cm
Voie av : 150 cm
Voie ar : 149,8 cm
Pneus av : 235/50 ZR 16
Pneus ar : 235/50 ZR 16
Freins av : disques ventilés (305 mm)
Freins ar : disques ventilés (305 mm)
Vitesse maximale : 241 km/h
0 à 100 km/h : 7,3 s
400 m.D.A. : 15,9 s
1000 m.D.A. : 28,6 s
Capacité du réservoir : 87 litres
Volume du coffre : 410 litres
Poids : 1710 kg (environ)

Posté par Zorglub34 à 19:32 - - Commentaires [0]
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28 janvier 2012

Daimler Majestic Major (1959-1968)

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(Caux-Retro, Allouville-Bellefosse, Seine-Maritime, juillet 2010)

Depuis 1950, Daimler a perdu l'exclusivité de la fourniture de la Cour d'Angleterre. L'excellence de ses modèles n'est pas en doute, mais Rolls-Royce a offert une superbe Phantom IV à la Reine et le prestige international de la marque ne peut échapper à la souveraine. Pour autant Daimler est en situation difficile. Les ventes s'amenuisent peu à peu.

L'arrivée de la Majestic en 1958 est censée apporter un peu d'air frais. Cette splendide berline mue par un 6 cylindres de 3,8 litres de cylindrée et boite automatique est un modèle de douceur. Avec ses roues indépendantes à l'avant et son train arrière suspendu par un ressort à lames transversal, elle offre un confort optimal. Pour la première fois en Angleterre, une voiture dispose de quatre freins à disques à commande hydraulique. Au passage, la direction est, elle aussi, assistée, en option jusqu'en 1961. La voiture accuse un poids considérable, 1950 kg, et les 147 chevaux semblent un peu justes, même si la vitesse de pointe se situe autour de 180 km/h. Il en resulte un diamètre de braquage de 14 mètres, conjonction de la longueur de la voiture et de la démultiplication importante de la direction à raison du poids du train avant !

En 1959, une nouvelle version de la Majestic est disponible, avec le V8 de 4,5 litres maison. La Major affiche 220 chevaux, un couple de près de 40 mkg à 3200 tr/mn et des performances de tout premier ordre avec près de 195 km/h en vitesse de pointe, et surtout, loin devant la principale rivale outre-Manche, la Jaguar Mk X. Après le rachat de Daimler par Jaguar en 1960, certains ingénieurs auraient adapté le V8 dans la Mk X et auraient atteint la vitesse de 218 km/h grâce à son poids inférieur et sa meilleure aérodynamique.

Bien que vendue à 1460 exemplaires la Majestic à 6 cylindres disparait en 1962. Ne reste plus que la Majestic Major qui subsiste jusqu'en 1968, malgré le rachat par Jaguar. La Majestic Major est alors distribuée à 1180 exemplaires, auxquels on peut sans doute rajouter les 864 unités de DR450, limousine basée sur la Majestic Major. C'est ensuite la Daimler Sovereign, copie de la Jaguar 420 qui viendra prendra le rôle, annonçant le lent déclin de Daimler, marque aujourd'hui en sommeil dans le giron de Tata.

Fiche technique :

Type du moteur   V8
Energie     Essence
Disposition    Longitudinal avant
Alimentation   Double carburateur SU
Distribution   Arbre à cames central
Nombre de soupapes     2 par cylindre
Alésage X Course     95,25 x 80,01 mm
Cylindrée     4561 cm3
Compression     8 : 1
Puissance     223 ch à 5500 tr/mn
Couple     39,2 mkg à 3200 tr/mn
Boite de vitesse     auto 3 rapports
Puissance fiscale    NC
Type    Propulsion
Suspensions Av    Roues indépendantes, ressorts hélicoïdaux
Suspensions Ar    Essieu rigide, ressort à lame semi-elliptique transversal
Freins avant    Disques assistés
Freins arrière  Disques assistés
Longueur   513 cm
Largeur    187 cm
Hauteur    159 cm
Voie av/ar   145 cm
Empattement    290 cm
Garde au sol    18 cm
Poids    1778 kg
Vitesse max    196 km/h
Réservoir    73 litres

Posté par Zorglub34 à 20:00 - - Commentaires [1]
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24 décembre 2010

Daimler EL24 (1937-1940)

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(Retro-en-Caux, Doudeville, Seine-Maritime, juillet 2009)

De 1903 à 1950, Daimler a été fournisseur officiel de la famille royale d'Angleterre en ce qui concerne les voitures. On peut donc en déduire le raffinement auquel est attachée cette célèbre marque dont le nom a été englouti depuis par Mercedes en 1926.

De fait, Gottlieb Daimler et Wilhelm Maybach ont commencé par inventer le moteur à combustion interne en 1886. Ils fondent avec Paul Daimler, le fils de Gottlieb, la société Daimler Motoren Gesellschaft. Dès le début du XXè siècle, Emil Jellinek est le principal concessionnaire de voitures de Daimler. Il dépose officiellement la marque "Mercedes", du prénom usuel de sa fille, et en profite pour faire changer officiellement son nom en Emil Jellinek-Mercedes. Il vend en 1908 l'entreprise à Paul Daimler qui fusionne avec celle de Carl Benz en 1926 pour devenir Mercedes-Benz.

Cependant la filiale anglaise perdure sous le nom Daimler et finit par avoir une renommée d'excellence acquise dès le début du siècle. Son existence propre lui permet de devenir fournisseur officiel de la famille royale britannique.

La Daimler EL24 (L pour limousine, la version à 4 glaces est appelée ES24) est construite de 1937 à 1940 à 710  exemplaires. Certains modèles ont été carrossés par le fameux James Mulliner. Le moteur 6 cylindres en ligne est issu du moteur de 2.7 litres de la génération précédente EL20. Il dispose déjà de soupapes en tête. Mais l'atout de la voiture est sa boite de vitesses présélective Wilson qui s'actionne par déclenchement de l'embrayage hydraulique et non en agissant sur le levier. Le conducteur positionne le levier sur le rapport choisi et l'action sur l'embrayage déclenche seulement le passage de vitesse. Il en résulte une douceur de conduite rare pour l'époque, quand on sait que les boites synchronisées sont rares.

Des 710 voitures fabriquées, seuls 3 exemplaires seraient actuellement recensés et un seul en France. La côte se situe autour de 12500 €.

Fiche technique :

Moteur 6 cylindres en ligne
Arbre à cames en tête
Cylindrée 3317 cm3
Alésage X Course : 89,3 X 109.2 mm
Taux de Compression : 5,8 : 1
Carburateur Simple Corps SU
Embrayage hydraulique
Transmission Type Wilson aux roues arrières

Posté par Zorglub34 à 09:41 - - Commentaires [0]
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