12 août 2015

Barré AB2 1912

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Dans la foule innombrable des constructeurs de l'aube de l'automobile, Gaston Barré laisse une trace non négligeable. L'homme est à l'origine un arquebusier, mais il est surtout un très fin commerçant et après avoir exercé à Parthenay, il s'installe à Niort en 1894. Très vite convaincu par l'intérêt de la bicyclette, il ouvre son atelier à la vente, la location et l'entretien de cycles. Toujours aussi perspicace, il comprend que l'automobile a un grand avenir également et entreprend en 1898 l'assemblage de véhicules à moteur. Tant et si biien qu'il remporte en 1900 un médaille d'or à l'Exposition Universelle pour sa voiturette.

Pour le développement de son entreprise, Gaston Barré réalise un coup de maître. Il crée non seulement le premier service après-vente automobile, mais également le premier service avant-vente. Afin d'apporter une meilleure maîtrise des voitures qu'ils s'engagent à acheter, Barré se charge de les former à la conduite. Il n'y a pas d'auto-école à l'époque, elles n'apparaîssent que dans les années 30. C'est aussi à travers la compétition que Barré se fait remarquer, avec des voitures qui remportent très régulièrement des courses de côte ou d'endurance. Comme bien d'autres constructeurs, Barré donne le nom de ses victoires à ses voitures. Ainsi la "Reliability trails" sera une voiture produite à partir de 1909 suite à la victoire dans cette course. Elle se singularise par la possibilité de modifier la carrosserie sur commande, initiant le principe de "voiture à la carte" qui se répandra ensuite à la concurrence... jusqu'à la standardisation de nos voitures. Barré démarre également la production de véhicules utilitaires.

Pendant la guerre, l'usine participera à l'effort de guerre, en fabriquant des obus et des véhicules militaires, ce qui contribuera à accroître encore la fortune de Gaston Barré. Mais la fin de guerre est aussi le début du déclin. L'usine ne parvient pas à reprendre les cadences de l'avant-guerre.

Gaston Barré menait grand train et entre ses différentes propriétés dans le Loiret ou à Monaco, ses frasques conjugales, son intérêt pour la gestion de l'entreprise diminue. En 1923 il s'associe avec son fils, Maxime. L'entreprise prend le nom "Barré & Lamberthon". En 1927, il tente de vendre l'entreprise, et finalement cède les rennes à son fils qui n'a pas la faveur des ouvriers. L'entreprise est alors rebaptisée "Société Anonyme des Automobiles Barré". Mais en restant concentrée sur le marché local et en conservant une politique de voiture à la carte, les voitures "Barré" se révèlent inadaptées et les quantités produites les rendent trop chères. Barré rate le virage de la mécanisation et de la production de masse. L'entreprise tient sur ses finances solides, mais la crise de 1929 portera le coup fatal. La grosse difficulté de Barré est qu'il ne produisait pas ses moteurs et se fournissait soit chez De Dion-Bouton ou chez Ballot puis SCAP après 1920. L'entreprise est liquidée le 1er mai 1933.

Le modèle présenté ici est un torpedo de 1912. Il est équipé d'un moteur 4 cylindres de 2120 cm3 (75 x 120 mm) fourni par Ballot. Il délivre 18 ch à 1600 tr/min. Avec une boite manuelle à trois rapports, la vitesse maximale est de 65 km/h. Si les moteurs n'étaient pas fabriqués par Barré, les boites de vitesse étaient, elles, de conception interne.

Pour en savoir plus : Auto-collection

Posté par Zorglub34 à 11:57 - - Commentaires [0]
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