24 mars 2022

Panhard-et-Levassor X19 Phaéton (1913)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2015)

On l'oublie parfois mais, avant-guerre, Panhard-et-Levassor sont au pinacle de la production automobile française. Pionniers de l'ère automobile, la marque des deux ingénieurs est à la pointe de l'innovation technologique et construit une gamme complète de véhicules. Elle est aussi réputée pour le luxe de ses modèles et leur qualité. Au début du XXè siècle, l'automobile est un plaisir de nantis et s'adresse donc à une clientèle argentée.

Loin des fastes des modèles les moins discrets, la X19 constitue un choix "d'entrée de gamme". Livrée châssis nu, elle est à faire carrosser au goût de l'acheteur par un carrossier de son choix. La plupart de voitures sont construites selon la carrosserie "torpedo", c'est à dire un cabriolet sans fenêtres latérales. Le modèle présenté ici, à l'inverse, est un phaéton, voiture ouverte avec deux fauteuils à dossiers hauts. Toutefois, avec une hauteur malgré tout réduite, cette voiture présente des allures nettes de sportive.

Voiture la plus vendue de l'avant-guerre de Panhard-et-Levassor, la X19 presente de nombreuses innovations techniques. Pour la première fois en France, le démarreur est électrique, ce qui évite les longs et épuisants coups de manivelle. Une batterie 6 V est rechargée par une dynamo. Mais les feux restent à acétylène. La boite est déjà à quatre rapports. Le moteur est dit "borgne" car il est coulé d'un seul bloc et ne comporte pas de culasse. Selon la documentation, c'est un 4 cylindres de 2154 cm3, mais selon la fiche de la voiture, ce serait un 2,8 litres. Il offrirait environ 20 ch pour une vitesse de pointe de l'ordre de 90 km/h.

Ces moteurs peuvent se montrer inusables mais au prix d'un entretien méticuleux. Avec une course longue (la course est beaucoup plus importante que l'alésage), il est souple mais ne peut pas tourner vite. Les soupapes latérales n'aident pas à un rendement efficace. Son régime de croisière se situe autour de 1500 tr/min. Un graissage et une vidange sont à prévoir tous les 3 000 km en 1913. Actuellement, la voiture ne roule plus assez pour que ce rythme soit respecté. Il est plus question de temps que de distance.

La conduite d'un tel véhicule n'a rien à voir avec nos voitures actuelles. Le grand volant en bois comporte des leviers que nous ignorons aujourd'hui, notament pour régler l'avance à l'allumage. Le frein n'agit que sur les roues arrière et s'actionne par un levier à droite du conducteur. Avant de démarrer le moteur, il faut alimenter une pompe au moyen d'un levier qui va amorcer le carburateur.

Les routes de l'époque étant peu goudronnées, les points de réparation rares, la voiture est équipée de deux roues de secours. Les roues sont à chambre à air.

Avec environ 1100 kg sur la bascule, un moteur souple à quatre rapports, un centre de gravité assez bas, notre phaéton a des airs de sportive. Dépourvue de toit, c'est une voiture de parade pour ses acheteurs de l'époque et dédiée à une utilisation de loisirs. Ce modèle a été fabriquée en 1913. Le laiton, le bois, le cuir sont d'une qualité exceptionnelle. Jamais restauré, ce véhicule montre le soin que ses divers propriétaires lui ont apporté. Ce fut le coup de coeur de cette édition d'Auto-Moto-Rétro 2015.

Posté par Zorglub34 à 12:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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