12 novembre 2021

Porsche 912 R (1965-1969)

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(Auto-Moto-Rétro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2015)

Lorsque la 911 a remplacé la Porsche 356 en 1964, un saut a été effectué tant en termes de performances que de prix. Deux fois plus chère que la 356, la 911 n'était plus à la portée des mêmes bourses. Il fallait donc trouver une solution pour ne pas perdre cette fraction de la clientèle capables d'acheter une 356 mais pas une 911.

La solution est alors simple : introduire le moteur de la 356 SC sous le capot de 911. Ainsi, en avril 1965, après le type 901 apparaît alors le type 902 renommé 912 après l'insistance de Peugeot à réclamer la propriété intellectuelle du 0 central. En souvenir du pillage de l'usine de Sochaux par Ferdinand Porsche et son gendre, Anton Piech en 1944, Peugeot n'a pas hésité à faire valoir son droit. A la suite du débarquement de Normandie, les deux hommes vont emporter plus de 1500 machines-outils en direction de la Basse-Saxe dans le but de produire la future Coccinelle, sous le nez d'un Jean-Pierre Peugeot impuissant. Mais en 1963, il est désormais à la tête de l'entreprise. La rancune le conduit à faire cette réclamation à Porsche pour lui rappeler ce triste épisode. Porsche, qui ne tenait pas tant à ce qu'on exhume ce passé, ainsi que les deux années de détention après-guerre (dont une partie passée chez Renault pour mettre au point la 4CV, malgré le refus de Pierre Lefaucheux), céda sans montrer la moindre difficulté. Ainsi la 902 devient 912.

Avec le 4-cylindres de 90 ch, la 912 n'est pas dénuée de sportivité. Avec un moteur en aluminium moins lourd dans le sac à dos, elle souffre moins des défauts de la 911. Avec 185 km/h en pointe, elle est loin d'être risible au milieu des années 60. Mieux, avec un poids mieux réparti et un moteur moins pointu, elle fait aussi bien que la 911, sauf en vitesse de pointe. Et c'est d'ailleurs bien le problème... Censée faire le lien entre la 356 et la 911, la 912 fait de l'ombre à la 911. Mieux, avec l'option Targa avec la lunette arrière souple, elle se transforme en quasi-cabriolet.

En 1968, l'empattement de la 912 est rallongé de 4,7 cm. On parle alors de 912 LWB. Mais en juillet 1969, Porsche cesse la production de la 912 en arguant que le moteur aluminium de la 356 est trop coûteux. La 912 disparaît au profit de la 911 T, avec moteur 6-à-plat, Elle revient néanmoins en 1976 pour le marché américain avec la livrée de la 911 type 911 (ou Type G) sous le nom 912 E.

Quant à la 912 R, elle serait un mythe. Selon les sources officielles, seules des 911 R ont été produites, des versions modifiées pour la course (R pour Rennen : courir), et seules 24 auraient été produites. Cependant, selon d'autres sources, une vingtaine de 912 R auraient été également produites pour promouvoir la 912. Mais trop proche de la 911, ces voitures auraient été rapatriées en Allemagne. Est-ce que le modèle en photo est bien une 912 R... L'accastillage semble correspondre. On serait devant une formidable rareté.

Pour en savoir plus : 912club

Fiche technique :

Type du moteur : 4 cylindres à plat, longitudinal
Bloc : aluminium
Culasse : aluminium
Emplacement : porte-à-faux arrière
Puissance fiscale : NC
Cylindrée : 1582 cm3
Alésage x course : 82,5 x 74 mm
Taux de compression : 9,3:1
Puissance maximale : 90 ch à 5800 tr/min
Couple maximal : 12,4 mkg à 3500 tr/min
Distribution : deux arbres à cames en tête
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : 2 carburateurs Solex
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 4 rapports
Direction à crémaillère (2,25 tours)
Suspension av : roues indépendantes, triangles, barres de torsion
Suspension ar : roues indépendantes, triangles, barres de torsion
Longueur : 416,3 cm
Largeur : 161 cm
Hauteur : 132 cm
Empattement : 221,1 cm
Voie av : 133,7 cm
Voie ar : 131,1 cm
Pneus av : 6.95 H 15
Pneus ar : 6.95 H 15
Freins av : disques
Freins ar : disques
Vitesse maximale : 185 km/h
Capacité du réservoir : 62 litres
Poids : 970 kg