09 juin 2015

Alfa Romeo 75 1.8 IE (1989-1992)

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(Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2012)

Les années 80 sont difficiles pour l'industrie italienne, et pour Alfa Romeo en particulier. Intégrée à Finmeccanica pour restructurer l'entreprise, Alfa Romeo manque de moyens. Pourtant il faut renouveller la Giuletta (deuxième du nom), elle même dérivée de l'Alfetta. Avec un budget des plus limités, c'est le "Centro Stile" interne qui s'occupe de rénover la voiture. Il n'est de fait pas possible de livrer une voiture entièrement nouvelle avec si peu de moyens.

Face à cette contrainte budgétaire, la plateforme de la Giuletta est conservée avec sa mécanique, son pont De Dion et ses freins in-board à l'arrière. On s'est contenté de redessiner la carrosserie et l'intérieur. La voiture est baptisée "Alfa 75" pour célébrer le 75è anniversaire de la marque. A sa sortie en 1985, le résultat est décevant, mais force est de constater que le temps n'a pas eu tant de prise sur cette voiture et que le trait, trente ans après, est plutôt réussi. Certes les lignes sont encore tendues à la façon des années 80, les trapèzes qui dessinent les phares et les feux arrière avouent leur âge. Les proportions qui rappellent en tout point la Guiletta n'apportent rien d'innovant mais sous des dehors patauds on décèle une harmonie qui ne prend pas une ride sous l'effet du temps. On admire la ligne plongeant de l'énorme fessier vers le capot qui souligne la dynamique de cette étrange berline mi-sportive, mi-bourgeoise. L'échappement soufflant au milieu fait partie des originalités de la voiture, mais n'est pas nouveau, l'Alfetta ayant déjà eu recours à cette astuce.

C'est sans doute l'intérieur qui est le plus déroutant. Si le tableau de bord reste des plus classiques, un "ordinateur de bord" trône au centre de la console arborant une kyrielle de témoins qui, au fil de temps, se transforment en arbre de Noël tant les faux-contacts et autres errements électriques l'amènent à donner des informations aléatoires. La position de conduite est agréable et le levier tombe sous la main, même si la commande est dure, voire un peu rugueuse en raison de la longue tringlerie qui doit actionner la boite sur le pont arrière. L'embrayage est également lourd et se rappelle au bon souvenir du conducteur dans les embouteillages. Entre les deux sièges avant, le frein à main est constituée par une poignée type aviation qui fait le tour de l'accoudoir qui abrite un rangement. On peut chercher la commande des vitres électriques et la montre longtemps, jusqu'au moment où l'on lève les yeux vers le rétroviseur. Là haut, dans un boitier inattendu, autour des boutons du plafonnier et du lecteur de cartes, les deux interrupteurs et la montre s'avèrent aussi inattendus que pratiques, même si ce n'est pas l'avis le plus répandu. La direction est lourde, à l'arrêt. Le moindre mouvement de la voiture l'allège et les versions les plus haut de gamme ont droit à la direction assistée. Elle est toutefois précise et sans point mort au centre. Le nez se place sans difficulté mais il faut apprendre à composer avec une tendance au roulis dûe à la géométrie du train avant. L'équilibre entre l'avant et l'arrière est plutôt bon en raison du pont De Dion à l'arrière qui rééquilibre les masses. Il ne faut toutefois pas se laisser aller à l'optimisme sur sol glissant ou mouillé, la 75 se révélant alors très capricieuse (votre serviteur en a fait les frais pour sa première sortie de route).

Au nombre des motorisations on compte trois moteurs 4 cylindres double arbre à cames en tête et double carburateurs, dans la plus pure tradition de la marque. Le 1600 (110 ch) se montre déjà fort volontaire eu égard au poids de la voiture et le 1800 (120 ch) et le 2 litres (128 ch) ne font qu'améliorer les performances. Au sommet de la gamme, le V6 2,5 litres (155 ch) hérité de la GTV fait encore merveille, tant à l'oreille que sur les chronos. Dans un autre registre, un 2 litres Turbo Diesel de 95 ch rivalise avec la concurrence des CX Turbo Diesel et autres Mercedes 300 D-Turbo.

En mars 1986, l'Alfa 75 Turbo fait son entrée dans la gamme, et ses performances la rapprochent de très près de la V6, voire la dépassent au profit d'un tempérament plus sportif.

En 1987, Alfa Romeo lance la version America destinée principalement au marché américain. Elle se distingue par des bas de caisse plus épais, des élargisseurs d'ailes pour accueillir des pneus plus larges et des pare-chocs plus épais avec soufflets pour satisfaire aux normes locales. Deux versions sont disponibles, soit avec le 1800 turbo ou avec un V6 3 litres de 188 ch. Parallèlement, deux gammes se cotoient entre les America et celle qui sont désignées par défaut "Europa".

En 1988, suite au rachat d'Alfa Romeo par Fiat en 1986, la seconde phase est lancée. Rebaptisée "75" sans "Alfa", elle hérite du design de la version America (bas de caisse, pare-chocs à soufflets sur certaines versions, élargisseurs d'ailes). Sur toute la gamme, un becquet sur l'arête du coffre est installé. La calandre est modifée avec l'ajout de deux prises d'air en lieu et place de fines ouvertures de la version précédente. Tous les boucliers sont de couleurs foncée et non plus gris et leur partie inféieure peinte couleur caisse (voir ici la 75 turbo) ou intégralement de couleur caisse (notre modèle). Les feux arrière sont très légèrement revus en supprimant l'orange des clignotants de même que la bande réfléchissante orange sur le bord de l'ouverture du coffre et qui réunit les deux blocs optiques. Les moteurs 4 cylindres reçoivent un double allumage, une injection électronique et une distribution à calage variable (en 1990 pour le 1600). Si la puisance reste presque identique pour le 1600 (109 ch) ou le 1800 IE (122 ch), le 2 litres TS grimpe de 128 à 147 ch, et de 155 à 165 ch pour la 75 turbo QV (ou Potenziata). Le V6 3.0 qui a remplacé le 2.5 perd quelques chevaux et le pot catalytique le contraint à ne plus en délivrer que 180. Quant au Turbo-Diesel, il est remplacé par un très souple 2.4 l turbo diesel de 112 ch. L'ensemble de la gamme reçoit la direction assistée en série.

La 75 reste ainsi jusqu'à la fin de 1992. La gamme est alors restreinte à la 1600 ie et à la 2.4 TD jusqu'à l'arrêt de la production à l'automne 1993. En définitive, elle aura été produite à 330 300 unités et aura participé activement au redressement de la marque. Quasiment disparue de nos routes pendant une décennie, quelques exemplaires refont surface à l'heure actuelle. Sur le marché de l'occasion, elle jouit déjà d'une côte importante tant sa mécanique se révèle aussi jouissive que fiable. Elle souffre toutefois de ses défauts sur le circuit électrique, et de la difficulté de trouver des pièces de rechange.

Elle est remplacée par l'Alfa 155 qui aura l'affront de passer à la transmission aux roues avant !

Pour en savoir plus : le site de Broyax

Fiche technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 9 CV
Cylindrée : 1779 cm3
Alésage x course : 80 x 88,5 mm
Taux de compression : 9:1
Vilebrequin : 5 paliers
Puissance maximale : 122 ch à 5500 tr/min
Couple maximal : 16,3 mkg à 4000 tr/min
Distribution : double arbre à cames en tête
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : injection électronique Bosch Motronic
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports
Direction à crémaillère, assistée (3,5 tours)
Diamètre de braquage : 10,1 m
Suspension av : roues indépendantes, double triangles superposés, barre antiroulis, barre de torsion
Suspension ar : pont de Dion, parallélogramme de Watt, barre antiroulis
Longueur : 433 cm
Largeur : 163 cm
Hauteur : 140 cm
Empattement : 251 cm
Voie av : 139,8 cm
Voie ar : 138,8 cm
Pneus av : 185/70 HR 13
Pneus ar : 185/70 HR 13
Freins av : disques (250 mm)
Freins ar : disques in board
Vitesse maximale : 190 km/h
0 à 100 km/h : 10,2 s
1000 m D.A. : 31,8 s
Capacité du réservoir : 49 litres
Cx : 0,37
Poids : 1100 kg

Posté par Zorglub34 à 13:35 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Alfa Romeo 75 1.8 IE (1989-1992)

    attention..

    attention petite erreur dans la fiche technique de la 75 1.8IE c'est 1 bougie par cylindre et non 2 , la version 2 bougies par cylindre est monté sur le moteur Twin spark en 148 chevaux ... Alfa Romeo 75 2L Twin Spark

    Posté par Dorzalfa, 30 août 2015 à 02:32
  • Merci pour vos précisions. L'erreur a été corrigée. Au plaisir de vous revoir sur le site.

    Posté par Z, 30 août 2015 à 09:58
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