01 mars 2015

Talbot-Lago Baby TL15 (1948-1951)

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(Rétro-and-Caux, Doudeville, Seine-Maritime, juillet 2012)

L'histoire de Talbot, firme anglaise héritière de l'association Clément-Bayard avec Talbot au début du XXè siècle, est à nouveau bousculée en 1934 lorsque Anthony Lago, ingénieur britannique d'origine italienne, est appelé à diriger la filiale française. Celui-ci prend alors des options qui redonneront vie à la marque jusque dans les années 50. Il met en chantier un nouveau moteur 6 cylindres en ligne monobloc qui sera décliné en plusieurs cylindrées. Dans la "Baby", il sera de 2,7 litres (2696 cm3), 3 litres dans la "Major" et 4 litres dans la "Master".

La guerre intervient et au redémarrage de la production, Lago oriente la marque sur les grosses cylindrées alors que les pénuries et l'état de pauvreté de la France d'alors auraient dû l'inciter à tirer vers le bas de gamme. Mais le gouvernement souhaitait laisser cette frange du marché à la nouvelle Régie Nationale des Usines Renault qui produit la 4 CV tandis qu'il laisse les autres constructeurs produire de luxueuses voitures plus facilement vendables à l'extérieur, histoire de faire rentrer des devises. On note d'ailleurs que Delahaye a suivi le même mouvement avec la 175.

Mais en 1948, la marque va mal, et Lago voit très bien qu'il lui faut absolument un modèle plus accessible. Et tout simplement, il réhabilite la Baby d'avant-guerre, avec de très minces modifications. Mais surtout, il lui retire le 6 cylindres pour un 4 cylindres de 2,7 litres (2690 cm3), dérivé du 4,5 litres de la Record, ce qui lui vaut une puissance fiscale de 15 CV. Et les ventes remontent immédiatement, sauvant provisoirement la marque. Car, en dépit d'une victoire aux 24 heures du Mans en 1951, les finances de l'entreprise déclinent inexorablement, la faute à l'entretien d'une branche compétition fort onéreuse. Le dépôt de bilan intervient alors en mars 1951. Mais Lago obtient avec brio un moratoire auprès de ses créanciers et lance, à la stupéfaction générale, la nouvelle Talbot-Lago Baby 15 CV (à carrosserie ponton) et la Record 26 CV. Malheureusement, elle souffre de la concurrence de la Citroën 15 CV moitié moins chère, et même une Hotchkiss 864 S au confort comparable est moins chère d'un tiers. Les voitures séduisent peu, se vendent peu, si peu que la Baby disparaît du catalogue en 1953. Malgré plusieurs changement de stratégie au cours des années 50, la fin de Talbot intervient en 1959. Rachetée par Simca et son bouillonnant patron, Henri-Théodore Pigozzi, la marque sera exhumée à la fin des années 70 suite au rachat de Simca par Peugeot. On connait ensuite la triste fin.

Pour en savoir plus : http://blog.doctissimo.fr/phedor/cimetiere-disparues-carrosserie-2266305.html

Fiche technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 15 CV
Cylindrée : 2690 cm3
Alésage x course : 93 x 99 mm
Vilebrequin : 3 paliers
Taux de compression : 6,8:1
Puissance maximale : 120 ch à 4200 tr/min
Distribution : soupapes en tête, arbre à cames latéral, culbuteurs
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : deux carburateurs Zénith-Stromberg 32
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesse manuelle à 4 rapports
Direction à vis et écrou
Suspension av : roues indépendantes, ressorts hélicoïdaux
Suspension ar : essieu rigide, ressorts à lames longitudinaux
Longueur : 485 cm
Largeur : 175 cm
Hauteur ; 151 cm
Empattement : 295 cm
Voie av : 148,5 cm
Voie ar : 148,5 cm
Pneus : 6.00 x 16
Freinage : tambours, commande hydraulique
Vitesse maximale : 140 km/h
Poids : 1500 kg

Posté par Zorglub34 à 21:58 - - Commentaires [0]
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