21 août 2012

Aston Martin V8 Vantage (1977-1989)

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(Auto-Moto-Retro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2010)

Alors que les amateurs d'Aston réclament une voiture équipée d'un V8, ils sont décus par la DBS qui n'offre que le moteur 6 cylindres de la DB6. Pour autant ses performances sont à la hauteur, avec 285 chevaux en version "ordinaire" et 330 chevaux en version "Vantage". En 1967 apparaît donc la DBS qui cotoiera la DB6 jusqu'en 1971 alors qu'elle devait la remplacer. Ce n'est qu'en 1969 que les amateurs sont satisfaits avec la sortie de la DBS V8. Tadek Marek, l'ingénieur motoriste maison a tardé à livrer son V8 par assemblage de deux culasses de 6 cylindres amputées de deux cylindres et accolées à 90°. La solution est assez peu réussie en termes de fiabilité. Avec 4,8 litres, ses performances sont trop faibles et en 1969, le moteur est produit dans une version de 5,3 litres et quatre arbres à cames en tête. Le V8 est alors légèrement moins puissant que le 6 cylindres de la DBS Vantage, mais son couple à bas régime qui offre une onctuosité parfaite pour une conduite en souplesse. L'Aston Martin V8 se distingue par un équipement supérieur, comme la climatisation de série. Cependant elle paye cet effort sur la balance, avec près de 200 kg de plus que la DBS ce qui conduit à modifier les roues pour supporter l'embonpoint et le couple accru du moteur. On peut alors distinguer la DBS V8 par ses jantes alliage et non ses roues à rayon, encore que bien des DBS aient opté pour les jantes alliage.

En avril 1972, David Brown quitte Aston Martin et cède l'entreprise à un groupe d'investisseurs. N'ayant pas cédé ses initiales, l'Aston Martin DBS à 6 cylindres quitte le catalogue et l'appelation DBS V8 est arrêtée. Seule subsiste la DBS Vantage jusqu'en juillet 1973. La DBS V8 a vécu et 402 voitures ont été fabriquées. La nouvelle venue s'offre un premier lifting et sa calandre est profondément modifiée, très inspirée par le dessin de la Ford Mustang avec deux longues portées incrustées dans la calandre. Elle prend le nom d'Aston Martin V8. Cette seconde série est fabriquée jusqu'en juillet 1973 à seulement 288 unités. Elle est remplacée par une troisième série, identifiable à un plus gros bossage du capot pour y loger quatre carburateurs Weber bien plus volumineux que l'injection électronique Bosch des versions précédentes. La puissance grimpe alors à 305 chevaux, un chiffre émoussé par les normes anti-pollution de 1976 qui feront descendre la puissance à 288 chevaux. C'est alors que revient la "Vantage", tandis que la V8 "ordinaire" est toujours produite.

En 1977, alors que la Ferrari Daytona - ou la 512 BB - et la Lamborghini Countach trônent au sommet de la hiérarchie du Grand Tourisme, Aston Martin doit reprendre la main. Le V8 de Tadek Marek est retravaillé. L'arbre à cames est plus pointu, les ouvertures de soupapes agrandies, le taux de compression augmenté. Avec 375 ch, Aston Martin revient dans la course, si bien même que la V8 Vantage mène d'un dixième de seconde face à la Daytona de 0 à 60 mph (5,3 contre 5,4 s). Quelques appendices aérodynamiques comme un bequet arrière et un spoiler avant plus bas confèrent un air plus sportif à la voiture, ainsi qu'une monte de pneus en 15". Le 1er octobre 1978 apparaît celle qui sera la plus longue série de la V8. Cette quatrième série (notre modèle), dite "Oscar India", doit son surnom soit au fait que son numéro de série est "V540 OI". On peut lire aussi parfois, mais celà semble plus contestable, que ce "Oscar India" est dû à sa date de sortie, le 1er Octobre (October I). Cette "Oscar India" se distingue par son bosselage sur le capot qui perd son entrée d'air et un bequet arrière intégré à la carrosserie et non plus rajouté. La puissance est portée à 390 ch, ce qui en fait la première voiture de sport anglaise, avec 270 km/h en pointe. A partir de 1983, elle sera disponible avec une boite automatique Torqueflite 3 rapports d'origine Chrysler. 352 voitures sont fabriquées jusqu'en 1985 plus 38 "Vantage". En 1986, c'est le retour de l'injection dans la 5è et dernière série, ce qui emporte la disparition du bossage du capot. Avec 405 ch, elle se place dans les toutes meilleures du monde. 304 V8 Vantage sont vendues, plus 405 V8, ce qui en fait la série la plus répandue.

Après un parcours de plus de 20 ans entre la première DBS et la dernière V8 Vantage, la V8 et la V8 Vantage ont jouit d'une silhouette presque intemporelle et qui s'avère aujourd'hui encore peu démodée. Avec un V8 glouton, elle a subi de plein fouet les chocs pétroliers et sans doute le prix de la Livre Sterling n'a pas été à son avantage. Plus accessible de nos jours, sa côte tend à remonter. Elle souffre encore d'une consommation trop importante et d'une fiscalité désavantageuse. Car en termes de performances, elle rivalise avec face à la Ferrari Testarossa, la Lamborghini Countach, et la Porsche 911 turbo, avec l'avantage de pouvoir voyager à quatre. Son nom est tellement célèbre qu'il a été reprise pour une nouvelle mouture des années 2000 de la V8 en 2005.

Fiche technique :

Moteur : V8 à 90°, essence
Emplacement : longitudinal avant
Puissance fiscale : 38 CV
Cylindrée : 5341 cm3
Alésage x course : 100 x 85 mm
Taux de compression : 9:1
Puissance maixmale : 375 ch à 6000 tr/min
Couple     51,1 mkg à 4900 tr/min
Distribution : 2 doubles arbres à cames en tête
Nombre de soupapes : 16
Alimentation : 4 carburateurs Weber
Type de transmission : propulsion
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports
Direction à crémaillère
Suspension av : roues indépendantes, triangles superposés
Suspension ar : essieu de Dion
Longueur : 467 cm
Largeur : 183 cm
Hauteur : 133 cm
Empattement : 261 cm
Voie av : 150 cm
Voie ar : 150 cm
Pneus av : 255/50 VR 15
Pneus ar : 255/50 VR 15
Freins av : disques ventilés
Freins ar : disques ventilés
Poids : 1820 kg
Vitesse maximale : 270 km/h
0 à 100 km/h : 5,3 s
0 à 160 km/h : 13 s
400 m.D.A. : 13,7 s
1000 m.D.A. : 25,2 s
Capacité du réservoir : 104 litres