19 juillet 2012

Aston Martin DBR1 (1956-1959)

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(Auto-Moto-Retro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2010)

L'Aston Martin DBR1 n'a été construite que dans un seul but : remporter les 24 heures du Mans. Les échecs successifs de la DB3S face à Ferrari ou Jaguar n'ont pas refroidi son concepteur, le talentueux David Brown qui donne ses initiales aux voitures qu'il conçoit. La chance sourit à Brown lorsqu'une nouvelle réglementation permet de ne plus devoir utiliser une voiture construite en série pour concourir. La DB3S est alors conservée pour des courses secondaires, mais ne participera plus aux 24 heures du Mans.

Un châssis tubulaire constitue la base imaginée par Brown et son chef designer, Ted Cutting.  Mieux conçu que sur la DB3S, il est plus léger de 23 kg tout en étant plus rigide et plus bas. La carrosserie aérodynamique est due à la plume de Frank Feeley et reste un modèle intemporel à la fois de finesse, d'élégance et de fluidité. Pour lutter contre Ferrari à armes, David Brown conçoit lui-même une boite de vitesse à cinq rapports, et on adjuge un pont De Dion à l'arrière, bien plus efficace que l'essieu rigide de Jaguar Type D.

La première voiture est équipée d'un moteur 6 cylindres en ligne dérivé du Lagonda de 2,5 litres qui équipe la DB2/4. Manquant cruellement de puissance, ce qui fait la différence dans la ligne droite des Hunaudières, la voiture semble dépassée. Qui plus est, elle abandonne sur ennui mécanique. Il faut attendre 1957 pour revoir la DBR1 avec une version 3 litres dérivée de celui de la DB3S. Si la voiture remporte aisément les 1000 km du Nüburgring ou les 3 heures de Spa, elle manque encore de fiabilité au Mans, trahie par sa boite de vitesses maison !

Le coup de pouce vient encore une fois de la réglementation. Les prototype acceptés au Mans ne peuvent plus dépasser 3 litres de cylindrée, ce qui disqualifie d'emblée la Jaguar Type D. La voiture semble affutée, et remporte encore une fois les 1000 km du Nüburgring. Cependant, la déroute est totale au Mans où les trois voitures alignées en 1958 doivent abandonner. L'ironie du sort attribue la seconde place de l'épreuve mancelle à la DB3S engagée par une équipe privée ! Toutefois, Aston Martin se classe second au championnat du monde des constructeurs en endurance, juste derrière Ferrari.

Pour 1959, David Brown ne laisse rien au hasard. Un quatrième voiture est fabriquée pour la course et, anecdotiquement, une cinquième voiture est construite pour Whitehead qui avait décroché la seconde place au Mans l'année passée avec sa DB3S. La troisième voiture (DBR1/3) embarque un moteur au taux de compression plus élevé. Plus rapide, elle sert de lièvre. Pendant six heures, elle va mener un rythme effréné, obligeant les Ferrari à hausser la cadence pour ne pas la perdre de vue. Contrainte à l'abandon, la DBR1/3 a parfaitement rempli son rôle, les Ferrari cassant leur moteur les unes après les autres. Il ne restait plus qu'à Carroll Shelby et Ray Salvadori d'assurer l'essentiel : la victoire avec la DBR1/2. Mieux, Maurice Trintignan et Paul Frère finissent dans le même tour à la seconde place alors que le troisième est à 25 tours, inscrivant un doublé pour l'unique victoire d'Aston Martin au Mans. Dans la foulée, la marque décroche aussi le titre de champion du monde des constructeurs. Comblé, David Brown ouvre alors son esprit à un nouveau défi : la Formule 1.

La DBR1 aura, en définitive, gagné 8 des 16 épreuves auxquelles elle a participé.

NB : le modèle présenté est une réplique.