10 avril 2011

Citroën DS 19 (1955-1967) (phase I)

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(Rétromobile, Février 2006)

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(Auto-Moto-Retro, Parc des Expos de Rouen, Seine-Maritime, septembre 2009)

Ce 1er octobre 1955, le monde de l'automobile bascule dans une nouvelle ère. Sous les yeux ébahis de l'assistance est dévoilée l'automobile qui va reléguer la concurrence à plusieurs encablures une décennie au moins : la DS. Citroën et ses deux ingénieurs, André Lefèvre et Flaminio Bertino, ont tout entrepris pour créer une voiture au plus haut du savoir-faire de l'époque : style, technologie, aérodynamique, confort et sécurité. Le résultat est cette voiture aux formes inédites en 1955, incroyablement osée, futuriste, innovante.

Son long capot plongeant détonne. A l'origine il devait recevoir le 6 cylindres de la Traction 15/6, mais son poids en dissuada les ingénieurs. Aussi, c'est avec le 1911 cm3 de la 11 que la DS débutera sa carrière. C'est le seul élément qui ne soit pas neuf dans la DS. Pour le reste, jugez plutôt : une centrale haute pression hydraulique permet une suspension pneumatique (qui avait été essayée sur la Traction 15/6 H), une direction assistée, des freins à disque assistés ! Le volant en bakélite blanc est à une seule branche et le rappel asservi de direction fait tourner le volant tout seul ! La pédale de frein est remplacée par un champignon caoutchouteux qu'il suffit d'effleurer pour coller le nez des passagers au pare-brise. Il n'y a pas de troisième pédale pour cause de boite de vitesse semi-automatique dont le levier est situé sur le tableau de bord. Il n'y a pas besoin de la clef pour démarrer (elle ne sert que pour mettre le contact), une poussée du levier de vitesse vers l'avant gauche enclenche le démarreur. Plus besoin de cric, la voiture en position très haute permet de glisser une béquille pour caler l'auto. Il suffit de démonter l'aile d'un geste et l'unique écrou de la jante pour changer la roue en quelques secondes. Et pas besoin de se garer au bord de la route inconfortable : une DS roule parfaitement sur trois roues si la roue arrière est crévée, ce qui permet de rejoindre la plus proche station-service. Bon nombre de pièce de carrosserie sont en aluminium, et le toit est en matière plastique.

D'un point de vue esthétique, la voie arrière est plus étroite que la voie avant, les clignotants sont intégrés dans une tuyère dans la ligne de fuite du toit, la roue de secours est devant le radiateur, les portes n'ont pas d'encadrement de vitre. Et ce qui surprend le plus à l'époque : la voiture se lève en deux temps, avec lenteur et majesté, tel un éléphant ou un dromadaire quelques secondes après le démarrage du moteur.

Le petit 1911 cm3 n'en fait pas une voiture très nerveuse (75 chevaux), mais sa tenue de route compense. Au freinage elle a tendance à plonger, ce qui donne le mal de mer à bon nombre de passagers. Pourtant cette suspension hydropneumatique offrira un tel confort que Rolls-Royce et Mercedes obtiendront le droit de l'utiliser sous licence pour leurs modèles les plus lourds et les plus haut de gamme.

Rapidement, les évolutions du moteur arrivèrent, passant à 2,0 litres, puis 2,1, et enfin 2,3 d'où les désignations DS 19, DS 20, DS 21, ou DS 23. En 1961 la puissance atteint 83 chevaux. En 1966 la DS 19 devient DS 20 avec une cylindrée de 1985 cm3 et développe 89 ch et la DS 21 de 2175 cm3 en fournit 106.

Les premiers modèles comme celui présenté ici montrent des particularités avec les produits des années suivantes. Le bloc clignotant n'est pas encore intégré dans le prolongement de la gouttière mais est constitué par une sorte de fuselage rouge en matière plastique, les pare-chocs reviennent sur l'aile arrière, le pot d'échappement est central et souffle vers le bas, un rappel de clignotant figure sur le montant des portes. A noter que c'est la même voiture photographiée à Retromobile 2006 et Auto-Moto-Retro de Rouen en 2009. Cette voiture de 1957 est entièrement d'origine à l'exception d'un coup de peinture à l'arrière. Parfaitement conservée, cette DS a fait la couverture d'un magasine spécialisé (Citropassion) et l'Auto-Journal lui a consacré un article.

Le voiture est restylée en 1968, et une seconde carrière s'offre à elle. Elle existe en break ou en cabriolet Chapron.

Fiche Technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudinal, avant
Puissance fiscale : 11 CV
Cylindrée : 1911 cm3

Alésage x course : 78 X 100 mm
Taux de compression : 7,5:1
Puissance maximale : 75 ch à 4500 tr/min
Couple maximal : 14,3 mkg à 3000 tr/min
Distribution : arbre à cames latéral
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : carburateur Weber double corps

Type de transmission : traction
Boite de vitesses semi-automatique à 4 rapports, commande hydraulique

Direction à crémaillère à assistance hydraulique
Suspension av : roues indépendantes, avec correcteur d'assiette, barre anti-roulis et garde au sol réglable
Suspension ar : roues indépendantes, avec correcteur d'assiette, barre anti-roulis et garde au sol réglable
Longueur : 480 cm
Largeur : 179 cm

Hauteur : 147 cm
Empattement : 312 cm
Pneus av : 165 x 400
Pneus ar : 155 X 400
Freins av : disques assistés
Freins ar : tambours
Poids : 1215 kg
Vitesse maximale : 140 km/h
Capacité du réservoir : 65 litres