04 janvier 2011

De Dion-Bouton Torpedo IS (1922)

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(Retro-en-Caux, Doudeville, Seine-Maritime, juillet 2009)

Quand on songe aux balbutiements de l'automobile, le nom de De Dion-Bouton n'est jamais très loin. Jules-Albert de Dion, comte puis marquis, s'associe en 1883 à Georges Bouton, ingénieux spécialisé dans les modèles réduits scientifiques. C'est parce que De Dion a reçu une machine à vapeur réduite si bien fait qu'il a voulu savoir qui en était l'artisan. Il fait alors la rencontre de Bouton, associé à son beau-frère, Trépardoux. De Dion venait de trouver celui qui allait l'aider à réaliser les moteurs de ses voitures.

Ils fabriquent alors des tricycles à vapeur et les premiers tracteurs pour semi-remorque. Ils inventent des moteurs à pétrole et Trapardoux quitte l'aventure, persuadé que seul le moteur à vapeur à de l'avenir. Dix ans plus tard, le comte de Dion fait sensation en ralliant Paris à Rouen au moyen d'une de ces calèches tirées par une de ses voitures à vapeur.

A partir de 1895, l'intérêt pour le moteur à pétrole est croissant, d'autant qu'Amédée Bollée a parfaitement posé le principe du moteur à 4 temps. Leur célèbre vis-à-vis est la véritable première voiture construite en nombre pouvant être qualifié de "grand" (2970 exemplaires). De Dion-Bouton est aussi connue pour la qualité et l'ingéniosité de ses moteurs. Aussi, il fournit un certain nombre d'autres constructeurs comme Delage, Peugeot ou Renault. Ainsi, en 1900, De Dion-Bouton produit 400 voitures et 3200 moteurs cette année là.

Mais l'inventivité de la marque ne s'arrête pas là. De Dion crée l'Automobile Club de France en 1895 et investit largement dans les cartes routières, activité qui sera cédée en 1908 à l'imprimerie Vermot, du célèbre almanach.

Peu à peu, les De Dion-Bouton deviennent des voitures de plus en plus luxueuses. Les limousines de mieux en mieux motorisée voient arriver le premier moteur V8 en 1910. Pendant la première guerre mondiale, l'activité sera orientée vers la fabrication d'obus et les moteurs d'avion dont certains sont des 16 cylindres en V.

Dès la fin de la guerre, l'activité automobile reprend et De Dion-Bouton se consacre aux voitures de haut de gamme et aux utilitaires. Les carrosseries Torpedo (cabriolets sans vitres latérales) sont devenues la norme et ce modèle en est l'exemple parfait. Une longue carrosserie permettant aux passagers arrières d'étendre largement leurs jambes témoigne du luxe de ces voitures. Les pneus sont à talons (c'est à dire pleins), les freins agissent sur les roues arrières et le moteur 4 cylindre utilise la technique du moteur borgne. Des chemises dites louvoyantes coulissent à l'intérieur du cylindre et ouvrent et ferment des ouïes sur les parois des cylindres en permettant l'admission et l'échappement. Comparé au moteur à soupapes latérales, le rendement est nettement supérieur et apporte un silence de fonctionnement sans égal. La technique a été inventée par Charles Yale Knight et améliorée par Panhard-et-Levassor. Ce moteur de 4 cylindres et de 1628 cm3 développe 10 chevaux.

Cependant, les tendances changent dans les années 20 et les voitures se popularisent. Des constructeurs comme Citroën ou Peugeot et Renault le comprennent et remportent de beaux succès. Loin de construire une voiture plus populaire, De Dion-Bouton se rabat sur son activité de véhicules utilitaires ou industriels. Après la crise de 1929, le marché diminue fortement et la branche des voitures de tourisme est totalement arrêtée en 1932 et la firme continue en vendant des véhicules industriels (autobus, balayeuses) jusqu'en 1953 et des vélos jusque dans les années 60.

 

Posté par Zorglub34 à 18:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur De Dion-Bouton Torpedo IS (1922)

  • Encore une pièce de musée

    Posté par gégé, 05 janvier 2011 à 10:48
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