16 novembre 2010

Renault 21 Turbo (1987-1994)

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(Yvetot, Seine-Maritime, juillet 2009)

Surfant sur son savoir-faire en matière de moteurs Turbo, et ce depuis la fin des années 70 avec la R5 Turbo, des Renault 5 Alpine Turbo, puis la R18 Turbo, et même la R11 Turbo, Renault réédite la formule avec la Renault 21, mais dans une configuration plus ambitieuse. L'idée est de répéter le succès obtenu avec la R18 Turbo, mais en positionnant la voiture dans un standing plus proche des BMW M3 ou Mercedes 190 2.3-16S.

En septembre 1987, Renault propose donc une version très typée de sa désormais célèbre berline de moyenne haute gamme (Segment M2). Des apprêts ont été intégrés : calandre quatre phares spécifique et prise d'air profonde entre les deux blocs optiques, jantes spécifiques, bas de caisses et boucliers abaissés, aileron sur le coffre. A l'intérieur, c'est déjà moins clinquant. Même si la sellerie est de cuir en série, la qualité des matériaux reste celle d'une Renault. Quant à la planche de bord, elle reste celle d'une Renault 21, même si quelques détails viennent donner une touche plus soignée : graduations en rouge, y compris le monogramme sur le levier de vitesses dont le soufflet est en cuir, un manomètre pour la pression du turbo, un volant spécifique que l'on retrouvera plus tard dans le Clio S.

Pour le moteur, Renault n'a pas lésiné. Au lieu de se contenter d'un 1600 cm3 maison, comme pour la Renault 18 Turbo, c'est avec le célèbre 2 litres utilisé depuis la Renault 20 TS que la marque au losange va tenter d'aller titiller la concurrence. Déjà puissant à l'origine, et réputé pour sa solidité et sa fiabilité, le moteur ne demande qu'à ce qu'on lui offre une cavalerie supplémentaire. Alors que le moteur eut pu en supporter plus, il limitée à 175 chevaux, de façon à ce qu'une boite de vitesse maison puisse encaisser ce regain de puissance. Pour autant la boite reste rugueuse et lente. Mais ceci est compensé par le couple de 27 mkg disponible dès 3000 tr/min, qui dispense de trop souvent rétrograder. Mais on trouve sur Internet des sites qui permettent de trouver des cartographies offrant des moteurs allant jusqu'à 280 chevaux, sans modification fondamentale. Reste à savoir ce qu'en pensera la boite... En revanche, la version "supertourisme", destinée à étayer les performances aux yeux du grand public, dispose d'un moteur de ... 430 chevaux. Jean Ragnotti remporta le championnat dès la première année en 1988.

Car la voiture est très volontaire et ne demande qu'à ce qu'on la sollicite pour délivrer la cavalerie. Avec son poids raisonnable (1215 kg), les accélérations sont franches avec un 0 à 100 en 7,8 secondes et un kilomètre abattu en 28 s. Mais c'est du côté des reprises que l'on peut constater un magnifique 80 à 120 km/h en 3è en seulement 5,6 secondes et 9,6 s en 5è ! Côté tenue de route, rien à dire, si ce ne sont les inconvénients classiques d'une traction avant et les problèmes de motricité sur sol délicat. Sous-vireuse, elle est servie par un freinage efficace aidé par l'ABS.

Très vite, la Renault 21 Turbo jouit d'une réputation honorable de familiale sportive française la plus performante. En France, comme à l'étranger, cela lui vaut une belle entrée sur le marché. En 1987, Renault en vend plus de 2300 et plus de 5000 en 1988.

En 1989, un restylage modifie le panneau arrière et intègre l'aileron dans le profil du coffre (notre modèle). L'ordre des feux arrières est inversé, les clignotants et feux de recul migrant de haut en bas, à l'inverse des feux stop et anti-brouillards. De nouvelles jantes habillent les roues. Aucune autre modification ne touche la caisse. A l'intérieur, une nouvelle planche de bord plus cossue remplace la version précédente, plus austère et surtout moins ergonomique. Une version Quadra (train arrière avec viscocoupleur enclenchable) diminue les problèmes de motricité, mais réduit les performances en raison de 180 kg supplémentaires.

En définitive, la Renault 21 Turbo avait de belles perspectives pour aller jouer sur le terrain des sportives allemandes, tant sur les performances que sur le comportement. Mais des problèmes de finition et de qualité des matériaux auxquels il faut rajouter des soucis de fiabilité du turbo qui ne dépasse que rarement 150 000 km, ont eu raison de ses qualités. Les ventes diminuent de moitié dès 1989 (2864unités vendues), puis encore 1990 (1475 exemplaires plus 500 Quadra) et 1991 (600 unités plus 245 Quadra), 1992 (300 et seulement 92 Quadra). En 1993, Renault ne vendra que 73 Renault 21 Turbo et 4 Quadra. Quant à 1994, deux acheteurs se partageront les deux versions.

Lorsque la Laguna remplace la Renault 21 en 1994, c'en est fini des versions Turbo de Renault. Il faut alors lorgner vers les Mégane RS pour trouver un équivalent, sauf une anecdotique Laguna V6 Hartge.

Fiche technique :

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence
Emplacement : longitudinal avant
Puissance fiscale : 9 CV
Cylindrée : 1995 cm3
Taux de compression : NC
Alésage X course : 88 x 82 mm
Puissance maximale : 175 ch à 5200 tr/min
Couple maximal : 27,5 mkg à 3000 tr/min
Distribution : arbre à cames en tête
Nombre de soupapes : 8
Alimentation : injection électronique
Suralimentation  : turbocompresseur + intercooler
Type de transmission : traction
Boite de vitesses manuelle à 5 rapports
Direction à crémaillère, assistée
Suspension av : McPherson
Suspension ar : barres de torsion
Longueur : 451 cm
Largeur : 173 cm
Hauteur : 139 cm
Pneus av : 195/55 ZR 15
Pneus ar : 195/55 ZR 15
Freins av : disques ventilés
Freins ar : disques
Vitesse maximale : 228 km/h
0 à 100 km/h : 7,8 s
1000 m.D.A. : 28,1 s
Capacité du réservoir : 68 litres
Consommation moyenne sur route : 8,3 l/100km
Consommation moyenne sur autoroute : 9,4 l/100km
Consommation moyenne en cycle urbain : 11,2 l/100km
Consommation moyenne en conduite sportive : 18 l/100km
Volume du coffre : 490 litres
Cx : 0,31
ABS en série
Poids : 1215 kg

Posté par Zorglub34 à 16:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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